Marché des viandes : Le géant brésilien indétrônable

Le Brésil est devenu incontournable sur le marché de la viande en 2009. Une ascension aussi rapide que durable malgré la crise.

“Le nouveau géant de l'industrie mondiale des viandes est la multinationale brésilienne JBS avec 29 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2009”, explique Jean-Yves Carfantan, économiste brésilien, spécialiste des questions agricoles selon lequel le monde occidental a perdu “le monopole de la production compétitive de protéines animales”.

Leader sur le marché de la viande bovine

En effet, le Brésil est le leader mondial en ce qui concerne les filières bovine et avicole. Et ce, malgré la crise. En 2009, l'offre brésilienne de bovins a légèrement baissé. “La production de viande bovine brésilienne en 2007 s'élevait à 9,3 millions de tonnes et à 8,88 millions en 2009, explique Philippe Chotteau, expert des négociations internationales à l'Institut de l'élevage. Il s'agit de mon estimation par rapport aux chiffres des abattages officiels et clandestins. Le recul des abattages officiels n'est donc pas totalement représentatif puisqu'il y a beaucoup d'abattages clandestins, environ 30 %”. D'après l'Institut, le Brésil a opéré un léger retrait sur le marché mondial de la viande bovine en 2009. “Les exportations brésiliennes ont été handicapées par l'augmentation du real et par le manque de disponibilité, explique l'expert. Mais les abattages reprennent depuis mi-2009. D'autre part, depuis février 2008, l'Union européenne a mis en place un embargo partiel sur la viande brésilienne du fait d'un manque de traçabilité”.

 

Une ascension fulgurante et durable

“Depuis 1965, on a assisté à un déplacement de la production en Asie de l'Est et en Amérique du Sud”, explique Jean-Yves Carfantan. Et c'est surtout au XXIe siècle que le changement est notable. “Le Brésil est aujourd'hui le premier exportateur mondial de volailles, et plus particulièrement de poulets”, explique Pascale Magdelaine. Une ascension fulgurante de la production qui résulte de trois facteurs structurels selon Paolo Giordano, de la Banque interaméricaine de développement (BDI) : “Un grand nombre de réformes ont éliminé les déficiences : les marchés globaux et régionaux ont été libéralisés, le prix des intrants a baissé, des économies d'échelles ont été réalisées. Il y a aussi les avantages comparatifs avec une plus grande disponibilité des terres en Amérique latine, et davantage de fertilité. Enfin, il y a eu un changement de l'économie mondiale avec l'essor de la demande en Chine et en Inde”. La part grandissante du Brésil dans les échanges mondiaux “a été possible grâce à l'appui des gouvernements qui ont aidé leurs entreprises, estime P. Giordano. L'Amérique latine a devant elle des perspectives de reprise de la demande mondiale immenses”. Une prévision partagée par P. Magdelaine :“Il y a eu un ralentissement des échanges mondiaux. Mais cela n'est pas durable. Le Brésil a une marge de progression très importante, tant au sein de son marché intérieur qu'extérieur”.
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Source L'Union du Cantal

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