Marché du lait : Le Cantal explore des pistes pour sortir du prix moyen national

P. OLIVIERI

Des pistes pour ne plus subir les effets dévastateurs des excédents du marché sur le prix du lait.

Pourquoi continuer à payer les effets délétères sur les marchés laitiers d'excédents générés par d'autres, en l'occurrence par le Grand-Ouest laitier ? La question revient en boucle ces derniers temps dans les assemblées générales de coopératives ou groupements de producteurs du département. Et les arguments des Cantaliens ne manquent pas : des coûts de production plus élevés dans ce territoire montagnard ; du lait transformé majoritairement (à 80 %) en fromages et à 60 % en appellation d'origine protégée (AOP) ; enfin, une dynamique laitière bien différente dans la région comparée aux tendances nationales.

Double peine...

“Tant que la production laitière était dans un cadre européen régulé, le principe d'un prix national unique était acceptable, analyse Michel Lacoste, administrateur du Cniel (interprofession laitière nationale). Mais la logique libérale des réformes successives de la Pac a conduit à des fluctuctions importantes de prix qui appellent aujourd'hui à tenir compte de la réalité des différents bassins de production”. Pour le responsable de la FDSEA, il n'y a, par conséquent, pas d'autre choix que de sortir du prix du lait moyen national. D'ailleurs il rappelle que l'accroissement de la production laitière observée au sein de l'Union européenne, y compris en France, a permis à certains producteurs français de jouer la carte des volumes en dépit d'un prix du lait en berne. “Chez nous, cette stratégie ne marche pas, avance Michel Lacoste. Ici on a eu et la baisse de prix et une baisse des volumes”. Une sorte d'effet papillon puisque les surplus de production des bassins plus réactifs et intensifs viennent encombrer les marchés du beurre et de la poudre de lait, produits industriels qui n'ont d'autres débouchés que le marché mondial caractérisé par des cours bien en-deçà des prix du marché intérieur communautaire. “Du coup, on diminue les prix chez nous pour valoriser ces produits à un prix moyen”, reproche M. Lacoste.

 

... ou double prix

Comment sortir de la quadrature du cercle ? Dans le cadre de leur projet laitier, FDSEA et JA ont identifié trois pistes : l'arrêt de l'application de la flexibilité en Auvergne, l'instauration d'un dispositif de double prix et le renforcement de la valorisation des spécificités régionales liées aux AOP. Prix A - prix B : l'idée du mécanisme de double prix avancée repose sur un constat : 20 % de la production nationale est destinée à la fabrication de beurre et poudre de lait, dont les prix ont une facheuse tendance à faire le yoyo (passant ainsi de 180 à 400 euros la tonne en un an et l'inverse l'année suivante). La majorité du lait français sert lui de matière première pour les PGC, produits de grande consommation, dont les cours sont contenus dans une fourchette restreinte (environ 300-350 euros/T). “Notre proposition, reprise par la région, la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) et même certains industriels privés, serait d'associer cette part prépondérante de la production française à un prix A indexé sur celui des PGC et de laisser le choix aux producteurs de produire ou non un volume complémentaire à un prix B, calé sur celui des produits industriels. “Ainsi le développement des volumes dans certaines régions ne viendrait pas nous handicaper, raisonne M. Lacoste. Pour cela il faut que ce système soit encadré par le Cniel et l'État afin d'assurer, notamment, une bonne traçabilité des volumes”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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