[Marchés céréaliers ] Nouvelles prévisions pour la campagne commerciale 2015/2016

Lise Monteillet

[Marchés céréaliers ] Nouvelles prévisions pour la campagne commerciale 2015/2016

Soleil et pluie font vaciller la courbe des prix des céréales. « Le weather market triomphe », selon FranceAgriMer. Le conseil spécialisé pour la filière céréalière s’est réuni le 9 juin, révisant son bilan prévisionnel pour la campagne 2015/1016 qui s'achèvera le 30 juin prochain.

« Depuis une petite semaine, on voit les cours du blé monter, sur fond de pluie excessive en France, en Europe, mais aussi en mer noire. Il est trop tôt pour juger des éventuels dégâts quantitatifs ou qualitatifs que les récoltes pourraient subir. Il n’empêche que les inquiétudes sont déjà là et motivent une hausse des prix récente », estime Olivia Le Lamer, chef de l’unité grandes cultures. FranceAgriMer a révisé ses bilans prévisionnels pour la campagne commerciale 2015/1016.

Plus d’exportations vers pays tiers

En orge, la sécheresse extrême qu’a connue le Maroc a conduit les exportations à augmenter en début d’année. « Au total, sur 11 mois, nous en sommes à 700 000 tonnes exportées vers le Maroc, c’est quatre fois plus que l’année dernière à la même période », note Olivia Le Lamer. En mai, en sus des destinations régulières comme la Chine ou le Maghreb, des destinations moins classiques sont apparues : Mexique, Qatar.  Au niveau du bilan prévisionnel, la collecte a été légèrement revalorisée, à la hausse de 100000 tonnes par rapport au mois dernier.

En blé tendre, la dynamique vers l’Algérie et le Maroc est importante. L’Algérie a reçu 4,2 millions de tonnes au cours des 11 premiers mois de la campagne 2015/2016 (+ 62% par rapport à l’an dernier) et le Maroc 2,3 millions de tonnes (+96% par rapport à l’année précédente). Les pays moteurs sont l’Algérie, le Maroc, suivis par l’Egypte et le Mexique. En mai-juin, des destinations asiatiques se sont ajoutées :  Thaïlande, Corée du Sud.

Un intérêt plus vif à la commercialisation

La collecte de blé tendre a été revalorisée à la hausse, passant à 36,8 millions de tonnes, ce qui traduit « un intérêt un peu plus vif à la commercialisation de la récolte qui était encore en ferme », selon Olivia Le Lamer. Elle ajoute : « le bon rythme d’embarquement nous conduit à augmenter l’objectif d’exportation vers pays tiers de 400000 tonnes. Nous passons maintenant à 12,4 millions de tonnes ». Les expéditions de grains vers l’Union européenne sont aussi revues à la hausse (7,5 millions de tonnes contre 7,3). La prévision de stock de report de fin de campagne est allégée, mais « elle reste supérieure d’un million de tonnes à la moyenne des cinq dernières campagnes », selon la chef de l’unité grandes cultures.  

En blé dur, la dynamique à l’exportation est bonne, les débouchés vers pays tiers importants. Tant et si bien que l’offre pâtit à répondre à la demande. Le bilan s’achève sur un stock virtuel à 0.

En maïs, enfin, FranceAgriMer a estimé une collecte légèrement supérieure par rapport aux prévisions du mois dernier, avec l’augmentation des exportations de grains vers les pays tiers. 

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