Matières premières, des cours affectés par les conditions climatiques

INSTITUT DE L'ELEVAGE IDELE

Matières premières, des cours affectés par les conditions climatiques

Après avoir reculé pendant la majeure partie du 1er semestre, les cours des céréales et des tourteaux ont évolué en sens inverse en juin, sous l’effet de conditions climatiques dégradées.

Les mois d’avril et de mai ont prolongé la tendance baissière entamée en début d’année. Les bonnes conditions météorologiques dans l’hémisphère nord ont fait pression sur les cours du blé et du maïs. Les pluies tombées en Europe et aux États-Unis ont assuré des conditions de culture favorables au blé et des bonnes avancées des semis de maïs et les conditions météorologiques ukrainiennes étaient également relativement bonnes. 

Cette baisse a été accentuée en Europe par l’appréciation du l’euro face au dollar entre mi-avril et mi-mai, affectant la compétitivité des blés européens sur des pays comme l’Egypte, qui a préféré acheté du blé de la mer Noire. D’autres pays comme la Corée du Sud ou l’Irak auraient annulé des commandes de blé en attendant un nouveau recul des cours. La levée de la taxe russe sur l’exportation de blé, synonyme de volumes supplémentaires sur le marché mondial, a également pesé sur les cours, tout comme les rapports de l’USDA prévoyant une production 2015/2016, certes en recul sur la campagne précédente, mais toujours élevée. 

Du côté du maïs, l’expansion de la grippe aviaire aux États-Unis et l’abattage de millions de volailles ont fait craindre une baisse de la consommation d’alimentation animale, d’autant que la demande mondiale n’a pas été très dynamique. La progression normale des semis de maïs aux États-Unis comme en Europe et la dépréciation du dollar entre mi-avril et mi-mai ont contribué à détendre les cours. 

A l’inverse, la probabilité d’apparition du phénomène El Nino n’a cessé de se renforcer, freinant légèrement la baisse des cours du blé et du maïs. Entre début avril et mi-mai, la chute des cours du blé a cependant atteint 20 €/tonne en France tandis que celle du maïs a été limitée à 10 €/tonne.

Matières premières, des cours affectés par les conditions climatiques

Forte hausse des cours fin juin

La tendance s’est inversée en juin, de pair avec une volatilité plus importante. Fin mai, des inquiétudes sur la météo aux États-Unis ont contribué à raffermir le marché. Les épisodes pluvieux se sont ensuite succédés dans les zones céréalières étatsuniennes, faisant craindre l’apparition de maladies et une perte de qualité de la récolte de blé, retardant les semis de maïs et alimentant la hausse des cours. Puis le rapport de l’USDA, publié le 10 juin, dans lequel la production 2015/2016 de blé et les stocks de début de campagne sont revus en hausse, a entraîné une nouvelle baisse des cours du blé pendant une semaine. Mais les mauvaises annonces concernant les conditions climatiques ont été telles que les prix du blé et du maïs sont de nouveau fortement repartis à la hausse : pluies aux États-Unis affectant les récoltes de blé, manque de précipitations puis canicule en Europe, conditions sèches en Russie et en Inde… 

Puis la chute de la bourse de Shanghaï et les incertitudes liées au cas de la Grèce ont de nouveau entraîné un recul des cours début juillet. 

Le cours du maïs a finalement enregistré une hausse de 34 €/t depuis son point bas mi-mai. Il affichait ainsi 166 €/t début juillet (départ Eure-et-Loir), un niveau 5% supérieur à celui de mi-2014 mais inférieur de 12% à celui de mi-2013. Le prix du blé a également progressé fortement fin juin pour atteindre 190€/t début juillet (départ Eure-et-Loir), un niveau supérieur à ceux de 2014 (+10%) et de 2013 (+2%).

Matières premières, des cours affectés par les conditions climatiques

Le cours du soja également suivi les conditions météorologiques

Le secteur du soja a également été l’objet de nombreuses annonces qui ont accentué la pression sur les cours jusqu’en juin. Le bon début des semis aux États-Unis s’est ajouté aux informations d’extension de la grippe aviaire et aux bonnes perspectives de production en Amérique du Sud. Le Brésil et l’Argentine devraient connaître des productions légèrement haussières en 2015, suite à des récoltes record en 2014. La grève des routiers brésiliens et des dockers argentins n’ont pas empêché la baisse des cours en avril et en mai. 

Comme pour les céréales, la rupture de tendance s’est effectuée fin mai, les précipitations aux États-Unis retardant les semis et tirant les cours à la hausse. La dépréciation du dollar en juin, redonnant une certaine compétitivité à la graine et au tourteau étatsuniens, a également participé à la tendance haussière. Début juillet, le tourteau de soja cotait en France 405 €/t, + 43€/t depuis mi-mai, un niveau proche de celui de mi-2014 (+1%) et inférieur à celui de 2013 (-11%). 

Les cours du colza et du tourteau de colza sont restés fermes tout le 2ème trimestre, tirés par un manque d’offre et une demande forte de graines et d’huiles. Le manque de pluies puis le gel au Canada ont aussi suscité des inquiétudes sur la prochaine récolte de canola. Les premières annonces concernant la production européenne font état d’une forte baisse de 10%. Le cours du tourteau de colza s’est donc maintenu à des niveaux relativement élevés (265 €/t), 22% au-dessus de son niveau de 2014.

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