Méthanisation : À Touvois, le fumier des taurillons produit électricité et chaleur

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Méthanisation : À Touvois, le fumier des taurillons produit électricité et chaleur
Le groupe d’éleveurs en visite à Touvois, devant les cuves à percolat de l’unité de méthanisation. Ce percolat, injecté dans les fermenteurs, permet un bon démarrage des fermentations. © Loire-Atlantique Agricole

Le 12 juin dernier, la maison régionale de l’agriculture du Pays de Retz, avec le soutien de la communauté de communes Cœur Pays de Retz, organisait la visite d’une unité de méthanisation à la ferme.

« En Pays de Retz, on a un gros potentiel pour la méthanisation », affirme Pa-trick Prin, le président de la maison régionale de l’agriculture de Sainte-Pazanne. Un gros potentiel en exploitations d’élevage et donc en substrats fermentescibles, mais également en agriculteurs motivés ! (1)
Mercredi 12 juin, une quinzaine d’entre eux se sont rendus à Touvois, sur l’exploitation de leur collègue, Marc Giraudet, qui expérimente, depuis quelques mois, la méthanisation à la ferme. Pour cet éleveur de taurillons (350 places, 160 ha, principalement en cultures), la mise en place de la méthanisation a représenté une suite logique à l’installation de panneaux photovoltaïques effectuée par Solar Ener Jade.

La filiale méthanisation de cette entreprise, Métha Jade, lui a proposé de participer au développement de cette énergie, en réalisant chez lui une unité pilote(2). Si la réflexion s’est faite courant 2010, les travaux proprement dits n’ont démarré que deux ans plus tard(3). L’unité est en service depuis fin mars dernier, et elle n’est encore qu’à 50 % de ses capacités.

Voie sèche pour le fumier

L’unité installée à Touvois réalise de la méthanisation en voie sèche, à partir de fumier (et non de lisier, pour la voie humide) ; c’est l’une des premières de ce type en France et même la première à le faire dans quatre garages en bétons : les autres installations sont plutôt des installations bâchées, ce qui nécessite plus de manipulations.
Les quatre garages clos sont autant de réacteurs anaérobies, qui, à partir d’un fumier de bovin (issu de l’exploitation), additionné de fumier de volaille (venant d’une exploitation voisine) et d’un peu de déchets d’IAA, produisent du biogaz.
Chaque garage fonctionne sur un cycle de 60 jours. Comme la production de biogaz n’est pas régulière tout au long d’un cycle (démarrage, phase de croisière, décroissance), les quatre gara-ges sont décalés de 15 jours, pour assurer un débit à peu près constant. L’agriculteur effectue un déchargement de digestat, puis un rechargement du fumier frais, tous les 15 jours.
Le biogaz produit alimente un moteur de cogénération encapsulé, d’une puissance de 54 kW. Comme tous les systèmes de cogénération, il produit de l’électricité et de la chaleur. Le tarif de rachat de l’électricité produite dépend de l’utilisation de la chaleur. Comme le souligne Grégory Davy, de Métha Jade, ce bonus (4 cts sur 20 cts du kWh) est très important : c’est même ce qui fait la rentabilité de l’installation.
Toutefois, trouver une structure qui utilise cette chaleur, modérée mais produite toute l’année, n’est pas toujours facile. Marc Giraudet a fait le choix de s’équiper d’un séchoir : initialement destiné à de la sciure ou des plaquettes de bois, il pourrait également servir à sécher des fourrages.
La méthanisation produit également un digestat : en voie sèche, celui-ci ressemble à un fumier vieilli (qui a perdu au moins 25 % de son volume, mais pas ses éléments fertilisants). Il est en partie hygiénisé (il a chauffé à 40 °C environ), et est désodorisé. Pour l’heure, il n’est pas reconnu par la réglementation comme un produit, mais reste un déchet… Les possibilités d’emploi et d’optimisation de ce digestat, voire de sa requalification, sont encore à l’étude.

Catherine Perrot

(1)Deux réunions ont déjà été organisées sur ce thème. (2)Pour l’instant, l’unité appartient pour moitié à l’exploitant, pour moitié à Métha Jade.
(3)Un délai « normal » pour ce type de projet.

« La méthanisation, mieux que le solaire »

La bulle solaire a éclaté… Victime de son succès, l’énergie photovoltaïque a vu ses tarifs de rachats revus à la baisse par ERDF, ce qui a considérablement réduit la rentabilité des installations. Cependant, selon Grégory Davy, de Metha Jade, la méthanisation ne devrait pas subir le même sort : en effet, contrairement aux installations solaires, ou éoliennes, la méthanisation assure une production d’énergie constante toute l’année, quelles que soient les conditions météo. Pour ERDF, dans un contexte souvent tendu de production en fonction des besoins, ce type d’installation est beaucoup plus intéressant !

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