Méthanisation : un plan « EMAA » pour tenter de combler le retard !

S C

Photo ministère de l'Agriculture

Le ministre de l’Agriculture, accompagné de la ministre de l’Ecologie, a présenté le 29 mars, le plan EMAA qui vise à franchir d'ici à 2020 un objectif de 1.000 installations de méthanisation produisant de l'énergie à partir de fumiers et déchets agricoles ou agroalimentaires.

Derrière le doux nom d’EMAA, se cache le plan « Energie-Méthanisation-Autonomie-Azote » ayant pour objectif premier d’accélérer le développement de la méthanisation dans les exploitations françaises. La méthanisation à la ferme offre en effet d’importantes opportunités : production d’énergie renouvelable, réduction du coût des intrants, dynamique de territoires...

Mais voilà, la France a pris du retard sur le sujet, beaucoup de retard. Au contraire de son voisin Allemand qui depuis plus de 20 ans a investi dans ses filières.  Selon Stéphane Le Foll, "on ne compte (en France) que 250 méthaniseurs, dont 90 méthaniseurs agricoles ». L'objectif est d'atteindre 1.500 installations, dont 1.000 pour l'agriculture, tout en constituant une filière industrielle. Des PME, mais aussi des grands groupes comme Veolia et Dalkia, affichent leurs ambitions sur ce créneau.

Le plan, présenté vendredi par les ministres de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et de l'Ecologie, Delphine Batho, dans une ferme bretonne du Moustoir-Remungol (Morbihan), comprend quelques nouvelles mesures de soutien à la filière.

Le dispositif existant d'achat de l'électricité produite à partir de biogaz sera en particulier "amélioré" pour les effluents provenant de l'élevage, avec une prime spéciale qui sera augmentée jusqu'à 40%.

Un guichet unique pour les "méthaniseurs"

Pour simplifier les dossiers pour les agriculteurs, un "guichet unique" sera mis en place et le raccordement au réseau électrique sera facilité. Des garanties et prêts financiers seront également accordés par la Banque publique d'investissement (BPI). "Les éleveurs méthaniseurs produiront et vendront de l'électricité à un prix optimisé tout en disposant d'un fertilisant. Ils économiseront ainsi sur les achats d'engrais", a expliqué Stéphane Le Foll.

Quant au "digestat" matière riche en azote issue de la méthanisation, elle peut être utilisée comme engrais. L’objectif du Gouvernement est de  transporter  une partie de ce digestat vers les zones où les agriculteurs sont contraints d'employer des engrais minéraux. Un appel à projet, «gestion collective et intégrée de l'azote», financé par un fonds de 10 millions d'euros, sera lancé cette année.

Le plan permettra "une gestion globale de l'azote, en valorisant l'azote organique et en diminuant la dépendance de l'agriculture à l'azote minéral, pour une agriculture à la fois plus compétitive et plus écologique",  conclut  le ministre de l'Agriculture.

Pour en savoir plus, lire le dossier :  Le Plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote (EMAA)

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