Michel Lacoste, un Cantalien à la tête du Cnaol

15 UNION DU CANTAL

Producteur de lait dans le Cantal, en Gaec à cinq associés, Michel Lacoste est également vice-président de la FNPL et responsable du dossier AOP à la FRSEA Massif central.

Michel Lacoste élu président du Comité national des AOP laitières.

Quel est le rôle du Cnaol ?

Michel Lacoste : “Il est l’émanation de deux fédérations de syndicats d’appellations : la Fédération nationale des appellations d’origine protégée (Fnaop) et l’Association nationale des appellations d’origine fromagères (Anaof). La présidence du Cnaol est tournante entre la Fnaop et l’Anaof. Succédant cette année à Patrice Chassard, producteur de saint-nectaire dans le Puy-de-Dôme à la présidence de l’Anaof, on m’a logiquement confié la présidence du Cnaol. À terme, par souci de simplification, nous souhaitons évidemment que les ODG puissent adhérer directement au Cnaol. La structure travaille sur des dossiers communs à toutes les appellations et siège à l’interprofession, aux côtés des trois autres familles (producteurs, entreprises privées et coopératives).”

Les spécificités des AOP, leur lien à des territoires identifiés sont-ils plus complexes à défendre aujourd’hui, notamment au regard des multiples accords internationaux ?

M. L. : “La récente assemblée générale du Cnaol portait justement sur ce thème. Nous avons évoqué toutes les notions juridiques inhérentes à la défense des AOP, d’autant plus importantes à l’heure où nous devons faire face à de multiples contrefaçons. Dans le cadre des échanges internationaux, nos appellations méritent aussi d’être préservées. À ce titre, pour nous, l’accord Ceta avec le Canada constitue une avancée. Depuis la Pac de 1992, nous mesurons le chemin parcouru par l’Europe qui, en 20 ans, a fait sienne la notion d’appellations d’origine qui était à la base uniquement portée par les pays d’Europe du Sud. Résultat, dans le cadre des accords Ceta, 140 produits européens des filières alimentaires et vinicoles, dont les fameuses 45 appellations fromagères françaises, bénéficieront d’un haut niveau de protection sur le marché canadien, là où aujourd’hui il n’y en a pas. Le Ceta certifiera ainsi que seuls ces produits uniques pourront être vendus au Canada sous ces appellations.”

Au-delà de la préservation des savoir-faire et d’un terroir, l’objectif de valorisation reste le dénominateur commun de toutes les filières AOP…

M. L. : “Cet objectif est clairement partagé par toutes les appellations. La diversité des structurations et la taille des filières font que les méthodes pour atteindre cette valorisation ne sont pas les mêmes. Il n’en demeure pas moins, qu’y compris sur la question du prix, le Cnaol mène des actions transversales. Cet automne, un observatoire national du prix du lait des appellations a ainsi été créé. Des groupes thématiques auxquels les ODG peuvent participer directement ont été mis en place. Ils portent notamment sur les fraudes, mais aussi sur la valorisation, la défense du lait cru, la production à base d’herbe. Trois piliers fondamentaux qui caractérisent les AOP.”

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires