Mobilisation agricole à Paris et Bruxelles

Patricia Olivieri

C’est un automne sous tension qui s’annonce pour l’agriculture après un été bouillant. Dès le 3 septembre, les tracteurs vont converger à Paris avant un rassemblement à Bruxelles.

Après un mois de juillet et un début août émaillés de nombreuses actions, le calme semble revenu dans la campagne cantalienne. Une fausse impression ? Joël Piganiol, secrétaire général de la FDSEA : “Les actions continuent mais sous une autre forme : chaque semaine, nos équipes réalisent des contrôles dans les grandes surfaces pour vérifier la provenance et le prix des viandes et produits laitiers sur les trois arrondissements du département. Comme nous l’avons communiqué (NDLR : lire L’union des 12 et 15 août), un certain nombre d’enseignes continuent à ne pas jouer le jeu de l’approvisionnement français. Et nous n’excluons pas de nouvelles actions ponctuelles dans certaines entreprises de la distribution en fonction de telle ou telle opportunité...”

Qu’en est-il des accords conclus tant dans la filière bovins viande qu’en lait ? J. P. : “On peut considérer que ces accords sur les prix payés à la production restent extrêmement fragiles, d’autant qu’ils ne sont pas complètement appliqués que ce soit en lait ou en viande bovine. Et que d’autres, comme on le voit dans la filière porcine, sont remis en cause avec des opérateurs qui abandonnent les éleveurs à leur triste sort. Cela promet un automne tendu, difficile, car on ne lâchera rien tant qu’on sera sur des niveaux de prix aussi bas qui n’augurent que des absences de revenus pour les producteurs.”

Si les agriculteurs cantaliens sont appelés à se mobiliser début septembre à Paris et Bruxelles, les opérations de contrôle de l’origine des viandes et laits vont se poursuivre dans le département, annonce Joël Piganiol.

Il se parle de mobilisations à Paris et Bruxelles... J. P. : “Oui, la FNSEA vient d’initier deux opérations d’envergure : l’une à Paris le 3 septembre, la seconde à Bruxelles le 7 septembre, jour d’un Conseil des ministres de l’agriculture exceptionnel. Un Conseil qui pourrait être une échéance importante en termes de positionnement européen sur la crise de l’élevage même si cela semble a priori difficile. Nous demandons depuis des semaines des mesures d’intervention européenne sur les marchés, qu’il s’agisse de prélèvement de poudre de lait et de lactosérum ou de carcasses de viande bovine pour désengorger le marché et faire remonter les prix à la production. Aujourd’hui, soit la France prend le risque de les appliquer sans l’aval de Bruxelles, soit elle arrache un compromis européen pour l’heure peu probable, d’où cette nécessaire mobilisation.”

La FDSEA du Cantal a fait savoir qu’elle s’associera à ces mobilisations, sous quelle forme ? J. P. : “Il est prévu qu’un certain nombre de tracteurs puissent rallier la capitale et nous invitons tous les agriculteurs du département qui le peuvent à s’inscrire dans cette démarche en se faisant connaître auprès de leur délégué cantonal ou de la FDSEA. Nous organiserons en parallèle des cars pour rejoindre Paris et, quelques jours plus tard, Bruxelles où nous retrouverons nos collègues français et européens. Nous lançons en amont un appel aux organisations agricoles, concessionnaires cantaliens pour nous apporter un appui pour ces déplacements. Si ces deux actions sont des rendez-vous importants, localement, nous allons soumettre à notre conseil d’administration l’idée d’instaurer un contrôle permanent de la provenance des produits vendus dans la grande distribution comme dans la restauration hors foyer. On ne peut accepter que dans un département où l’on produit aussi bien de la viande bovine, porcine, du lait, on retrouve en magasins ou dans la restauration “des produits de nulle part”. Et on fera le ménage jusqu’à ce que ce “soit propre” ! On veut proposer un planning avec, chaque semaine, des cantons ou sections en opération de contrôle ou action. Mais on souhaite aussi contribuer à avancer des solutions : quand on nous dit qu’on ne peut se fournir en viande bovine dans le Cantal, il y a des choses à faire ! De même, il faut profiter des assouplissements annoncés sur les appels d’offre... (lire ci-dessous)”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires