Mobilisation : De la dignité à la colère, il n'y a qu'un pas !»

C.Rolle

Face à l'inertie gouvernementale, le ton se durcit dans les campagnes. Près de 200 agriculteurs ont manifesté lundi à Clermont-Ferrand à l'appel de l'Udsea et des JA du Puy-de-Dôme.

A la veille de la conférence sur le revenu agricole du 12 novembre, plus de 10 000 agriculteurs ont participé à la journée nationale d'actions organisée par la Fnsea et les jeunes Agriculteurs.
Lundi, les agriculteurs de l'Udsea et les JA du puy de Dôme ont eux aussi manifesté leur colère devant les bâtiments de la Direction des Services fiscaux à Clermont-Ferrand. «Les exploitations sont au bord de la rupture. Le lait, la viande, le mouton, les céréales… ça vaut zéro aujourd'hui ! L'état doit maintenant passer des discours aux actes et débloquer des mesures concrètes et rapides. Sinon, nous reviendrons avec encore plus de motivation et plus de hargne» prévenait Bruno Chaput, secrétaire général de l'Udsea. Devant les portes closes de services fiscaux, murées symboliquement par les JA, les agriculteurs ont réclamé une année blanche sur les annuités 2008 et 2009. «Il est urgent que nos politiques prennent conscience du désarroi de la ferme Puy-de-Dôme. Le gouvernement doit considérer les productions agricoles au cas par cas et prendre des mesures ponctuelles adaptées. Nous réclamons une avance de versement des soutiens au 15 novembre, l'exonération des charges bancaires et sociales, le remboursement de la TIPP et l'octroi de mesures exceptionnelles pour les éleveurs ovins » énumérait Patrick Trillon.

Une délégation Udsea et JA a rencontré le directeur de cabinet du Préfet, Bruno Charlot

Une délégation Udsea et JA a rencontré le directeur de cabinet du Préfet, Bruno Charlot

En effet, depuis plus d'un an et demi, l'élevage souffre de l'explosion des charges d'exploitation et notamment de celle du prix de l'aliment du bétail. En 2007, le revenu des producteurs auvergnats a baissé de 9%, «c'est moins de 10 000 euros de revenu prévisionnel par éleveur ovins et bovins dans le Puy-de-Dôme» s'indignait le président des jeunes agriculteurs. «Nous ne paierons pas deux fois la note !» entendait-on dans les rangs. Car au-delà de la hausse des charges, les éleveurs doivent également faire face à la crise sans précédent de la FCO et à des prix de vente qui ne suivent pas. La loi de modernisation de l'économie, l'interdiction des accords interprofessionnels pour le prix du lait, les prix bradés des veaux vers l'Italie sont autant d'évènements qui amplifient une situation déjà intenable pour les agriculteurs.

Les agriculteurs ont symboliquement muré les portes des services fiscaux

Les agriculteurs ont symboliquement muré les portes des services fiscaux

 

La dignité qui entourait jusqu'à maintenant les manifestations des agriculteurs pourrait très bien se transformer demain en colère si rien n'est fait. La patience à ses limites ! Plus de cinq semaines après le grand rassemblement du 16 septembre à Clermont-Ferrand, aucune mesure n'a été mise en place. « Où est la volonté politique, s'interrogent les responsables de l'Udsea et des JA. Les enjeux sont pourtant capitaux. Ils sont économiques et sociaux ; il en va en effet de la survie de l'agriculture dans le Puy-de-Dôme, du maintien des filières, de la préservation des industries agro-alimentaires et des emplois induits par la production».

… avant de procéder aux funérailles de l'agriculture du Puy-de-Dôme.

… avant de procéder aux funérailles de l'agriculture du Puy-de-Dôme.

 

Ils ont dit…

Annie Marret, présidente de la Petite région agricole Livradois-Forez
«Les semaines se suivent et se ressemblent dans la mobilisation. Mais nous ne devons pas nous décourager et poursuivre nos actions, y compris en direction de la grande distribution si aucune réponse concrète ne nous est donnée».

Jean Jacques Mordier, membre du bureau de l'Udsea
«Producteurs de grandes cultures et éleveurs : nous sommes tous dans la même galère. Nous aussi avec nos petites structures de Limagne nous allons être en difficulté cette année. Nous devons retrouver l'esprit de solidarité paysanne».

Annick Geneix, présidente de la FDO 63
«Il y a urgence pour les moutonniers. La situation ne peut plus durer ! Nous ne devons rien lâcher et rester déterminés afin d'obtenir la revalorisation immédiate des aides à la production ovine. Le ministre nous a promis, il doit maintenant passer aux actes pour que 2009 soit une année décisive pour l'ensemble de la filière ovine».

Source Auvergne Agricole

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