Moisson 2008 : Vers une année normale

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La moisson version 2008 s'annonce meilleure que la précédente. Reportage chez un céréalier de Triaize, Christophe Ricard.

130 hectares de terres. Du maïs (18 hectares), du tournesol (28 ha) et du blé dur (75 ha) : Christophe Ricard, exploitant à Triaize, est un céréalier. Autant dire que les jours à venir sont décisifs pour lui. Car la moisson approche. « Ce sera pour la fin de la semaine ou le début de la suivante pour les premiers blés », explique Christophe.
En 2007, les maladies n'avaient pas épargné sa production. La faute à un printemps humide. La prolifération des fusarioses et autres piétins verses avaient sérieusement limité les rendements. « Seul le maïs avait tiré son épingle du jeu. Et j'ai eu 50 % de paille en moins », se souvient l'exploitant.
Les mêmes causes ont produit les mêmes effets cette année encore. Mais de façon moins agressive. « On a semé plus tard pour limiter les risques de maladies. Mais certaines sont apparues néanmoins. Environ 10% de mes parcelles sont ainsi atteintes. Pour le reste, ça se présente beaucoup mieux en terme de qualité et de quantité que l'année dernière. Le blé est assez régulier. On s'achemine vers des rendements moyens de 65-70 quintaux par hectares alors que l'an passé on était à 40-45. Mais les variations de rendements seront très importantes. Sur certaines parcelles, on devrait monter à 75-80 et sur d'autres on devrait être entre 20 et 30 quintaux par hectare. C'est un peu l'inconvénient de la monoculture de blé : on a beaucoup de piétin ».

Attention orages !

Le blé, la céréale rémunératrice. Christophe ne s'en cache pas. S'il n'effectue pas de rotation, c'est bien parce que le blé rapporte. Beaucoup plus que les légumineuses ou les protéagineux. « Le blé sur blé ce n'est pas l'idéal car on perd de la qualité sur la paille. Si on avait des prix porteurs en légumineuses et protéagineux, on pourrait faire des rotations cohérentes. Cela nous ferait faire des économies et on respecterait davantage l'environnement. Mais les prix sont bien trop bas. A l'inverse, ceux du blé ont flambé à l'automne dernier car la récolte n'avait pas été bonne. Je pense qu'ils vont se maintenir à un haut niveau. La population mondiale augmente, les biocarburants se développent : le prix actuel du blé est donc logique. Là je viens par exemple de vendre 2000 quintaux à 400 Euros. C'est bien car cela nous permet d'être moins dépendants des aides européennes ».
Christophe exploite aussi des terres de marais où il fait du foin. Occupé à son pressage, il scrutait avec appréhension la météo mardi matin. Car les menaces d'orages sont réelles jusqu'au week-end. « Cela pourrait compromettre la récolte en terme de mitadinage. Je reste donc méfiant sur la qualité d'autant qu'on a quelques blés versés. Mais ça reste localisé. A priori, cela ne devrait donc pas être mal. 2007 avait été un mauvais crû. 2008 devrait être une année normale ». Reste plus qu'à croiser les doigts…

Source vendee agricole

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