Monsieur le ministre… Au boulot !

Lise Monteillet, avec AFP

Jacques Mézard, lors de la passation de pouvoirs, un ministère de l'Agriculture.

Une pluie de réactions est tombée depuis la nomination de Jacques Mézard au ministère de l’Agriculture. L’occasion, pour l’ensemble des organisations agricoles, de rappeler les mesures qu’elles estiment nécessaires pour redresser l’agriculture française.

FNSEA

Jacques Mézard, nouveau ministre de l'Agriculture, est un "homme de terrain et de dialogue ancré dans le territoire" a salué la présidente du principal syndicat agricole FNSEA, Christiane Lambert, après la nomination du sénateur du Cantal au poste occupé jusqu'à présent par Stéphane Le Foll. Pour la FNSEA, le choix de l'intitulé du ministère, "de l'Agriculture et de l'Alimentation", est une "bonne chose", a estimé Mme Lambert.

La responsable a rappelé les trois priorités de son syndicat: la tenue d'un Grenelle de l'Alimentation autour de la question du prix payé aux agriculteurs par les transformateurs et distributeurs, et une loi de simplification des normes, notamment en ce qui concerne le compte-pénibilité ainsi qu'en matière environnementale. En troisième point, elle a cité la reconnaissance pour les agriculteurs, mais aussi pour les commerçants et artisans, d'un "droit à l'erreur" face à l'administration, accusée de pénaliser trop vite des erreurs souvent involontaires, notamment en matière de déclaration par internet.

La présidente de la FNSEA a aussi admis qu'elle envisageait avec "appréhension" la nomination de Nicolas Hulot à la Transition écologique, tout en saluant ses qualités "d'homme de dialogue". "J'ai eu l'occasion durant la COP21 de co-organiser un colloque sur l'élevage et les émissions de gaz à effet de serre, et il m'a dit qu'il avait beaucoup appris à cette occasion" a-t-elle souligné.

Coordination rurale

De son côté, la Coordination rurale a espéré que M. Mézard prendra "une part active dans la définition de la nouvelle orientation de la PAC" qui doit être effectuée dans les semaines à venir. Le syndicat a salué la tenue prochaine d'Etats généraux de l'alimentation qui devront "nécessairement" porter selon elle "sur la question des coûts de production des agriculteurs, des marges et d'une totale transparence dans l'étiquetage". Le syndicat a aussi souhaité que le nouveau ministre "tourne le dos à la cogestion entretenue par les précédents gouvernements" (avec la FNSEA, NDR).

Confédération paysanne

La Confédération Paysanne a, pour sa part, jugé que le ministre ne pourrait avoir d'état de grâce, la situation dans les campagnes étant "trop grave". "Il faut agir efficacement pour que les paysans reçoivent des prix rémunérateurs" a dit le syndicat dans un communiqué. "Cela passera par une interdiction d'achat de nos produits en dessous du prix de revient et des actes forts à Bruxelles qui remettent la maîtrise, la répartition, et la régulation des productions agricoles dans les priorités immédiates" a dit le syndicat.

Jeunes agriculteurs

Le syndicat Jeunes agriculteurs alerte Jacques Mézard sur le fait qu’« en agriculture, un agriculteur sur cinq a moins de 40 ans ». « Notre objectif commun doit être de ne plus perdre de paysans », explique Jérémy Decerle, le président. Ce dernier attend de la part du ministre « une posture d’écoute vis-à-vis de la profession agricole et une proximité avec les réalités du terrain ». Jeunes agriculteurs invite Jacques Mézard à se pencher sur les chantiers en cours : « simplifier les normes, rendre le foncier accessible aux jeunes souhaitant s’installer et retrouver des prix décents pour les producteurs ». De plus, Jeunes agriculteurs espère que le ministre parviendra à dépasser les « clivages nationaux » pour défendre une « stratégie européenne » lors des négociations de la future PAC.

Modef

Le Modef demande au ministre « un changement radical de politique agricole ». Il ajoute : « il nous faut changer les règles, en acceptant l’idée que le tout marché, que la libre-concurrence libre et non faussée, sont devenus obsolètes et destructeurs socialement et économiquement ». Le syndicat souhaite aussi « une revalorisation des retraites agricoles à 85 % du Smic à partir du 1er janvier 2018 ». L’arrivée du nouveau ministre représente un espoir d’ouverture des instances de concertation et de négociation à tous les syndicats, dont le Modef.

APCA

« Monsieur le Ministre, aidez les agriculteurs et les territoires ruraux à réussir ! » s'exclame l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA). « Il est urgent de redonner confiance et optimisme aux agriculteurs français en développant la multi-performance économique, sociale et environnementale pour une agriculture innovante créatrice de valeur ajoutée pour les agriculteurs », poursuit l’organisation. Celle-ci rappelle aussi que « les Chambres d’agriculture ont toute légitimité pour être un interlocuteur privilégié des Etats généraux de l’Alimentation ».

Coop de France

Chez Coop de France, on déclare partager « la feuille de route » du président de la République pour « des agriculteurs fiers qui vivent de leur travail et des Français fiers de leur agriculture ». L’organisation représentative des coopératives agricoles interpelle le ministre sur trois sujets : garantir des prix justes pour que les agriculteurs puissent vivre de leur travail, se battre pour une Europe qui protège, construire l’agriculture du futur, innovante et diversifiée.

AGPB

Philippe Pinta, président de l’association générale des producteurs de blé (AGPB) propose au ministre de prendre certaines mesures « fortes et symboliques » à court terme, concernant la gestion des risques, la lutte contre les distorsions de concurrence et la fin de la sur-transposition des normes européennes. 

 

Pour en savoir plus : 

Jacques Mézard, nouveau ministre de l’Agriculture et de l'Alimentation

Portrait : Jacques Mézard, élu d'un département rural à l'agriculture

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