Monts d'Ardèche : Objectif : devenir la 1ère zone française sans OGM

Le parc naturel des Monts d'Ardèche a engagé un processus d'interdiction de la culture d'OGM, comme le permet la loi depuis 2008, une première en France après dix ans de guérilla municipale perdue face aux cultures transgéniques.

La loi du 25 juin 2008 a pour la première fois reconnu aux parcs nationaux et aux parcs naturels régionaux le droit « d'exclure la culture d'OGM sur tout ou partie de leur territoire », possibilité dont les Monts d'Ardèche se sont aussitôt emparés.

Opposé de longue date aux OGM, ce parc naturel de 180.000 hectares, qui couvre plus du tiers de l'Ardèche, s'est lancé dans la réécriture de sa « charte », document de référence pour la période 2011-2023, explique son vice-président chargé de l'agriculture, Christian Moyersoen.

« On est aujourd'hui vierge de culture OGM mais il s'agit de se garantir pour l'avenir. Nous avons 65 variétés différentes de châtaignes, des fruits anciens, des framboises, et nous sommes le premier producteur français de myrtilles. Toute cette flore méritait une protection », argumente-t-il.

Zone de montagne, parsemée d'exploitations familiales pratiquant la culture en terrasse, les Monts d'Ardèche « ne peuvent tenir face aux exploitations industrielles de plaine », analyse Frédéric Jacquemart, de l'association France Nature Environnement. Le parc « a donc tout intérêt à jouer sur la qualité puisque l'impact écologique préoccupe de plus en plus les consommateurs ». Ce type de démarche a parallèlement la faveur des élus locaux, attachés « au maintien d'une présence humaine dans des endroits qui, sinon, seraient désertés », développe-t-il.

Le parc a sollicité la Chambre d'Agriculture de l'Ardèche, qui a adopté une délibération anti-OGM le 18 septembre dernier - avec une unanimité que Frédéric Jacquemart juge « exceptionnelle » dans une profession déchirée par la question transgénique.

A terme, l'objectif des Monts d'Ardèche est, selon Christian Moyersoen, « d'ouvrir une porte » aux autres parcs intéressés, dont « les Cévennes, le Vercors et le Pilat », en s'attaquant le premier au casse-tête créé par la loi.

Source AFP

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