Notre Vendée Globe

JP Bouin

La campagne de la FNSEA pour les élections chambre se renforce.
La campagne de la FNSEA pour les élections chambre se renforce.

Xavier Beulin était en Vendée mercredi pour revenir sur les actions en grandes surfaces menées tambour battant dans la région et expliquer les thèmes que la centrale agricole compte mettre en avant avec les JA dans le cadre des élections aux chambres d’agriculture 2013.

Xavier Beulin est un passionné de voile. Alors, forcément, quand il s’agit du Vendée Globe, le président de la FNSEA apprécie cet Everest de la mer, course menée en solitaire mais avec l’appui d’équipes présentes à tous les instants. En répondant à l’invitation du conseil général de la Vendée, de la FDSEA et des JA, mercredi soir il a pu, devant 600 responsables agricoles vendéens et régionaux, expliquer en quoi la course agricole était aussi parfois compliquée entre des vagues de hausses de charges, des vagues de distorsions de concurrence mais au final « avec un réseau de coéquipiers, nous arrivons aussi à engranger des victoires ». Ce message, le président de la FNSEA l’a aussi distillé tout au long de l’après-midi avec les responsables de l’union cantonale des Sables d’Olonne et avec les administrateurs de la FDSEA de Vendée. Il faut dire qu’il était aussi attendu sur l’attitude de la FNSEA dans le cadre des actions récentes envers les GMS. « Dans le contexte actuel de crise économique, on peut comprendre les préoccupations de nos concitoyens pour la préservation de leur pouvoir d’achat. Cependant, la baisse continue de la part des dépenses alimentaires dans le budget des ménages pose question. De 25 % en 1960, elle n’est plus que de 12,5 % aujourd’hui, dont seulement 3,5 % sont représentés par la valeur des produits agricoles. Si cette évolution a été longtemps synonyme d’élévation du niveau de vie des consommateurs, aujourd’hui, elle est plutôt synonyme d’asphyxie des maillons en amont de la chaîne alimentaire. Face à des coûts de production en hausse continue, les agriculteurs sont les premières victimes de la pression exercée par les centrales d’achat des GMS. Les prix alimentaires ne peuvent être la variable d’ajustement du pouvoir d’achat » explique le patron de la FNSEA, qui sait combien dans cette région, les productions animales comptent d’actifs et d’emplois.

Reconnaître les actifs

Justement, sur les actifs, la FDSEA de Vendée et les JA souhaitent aussi que cette spécificité régionale soit reconnue dans le cadre des futures négociations de la Politique agricole commune. « L’agriculture du département n’échappera pas aux débats sur l’avenir de la PAC » détaille Joël Limouzin, présent avec Xavier Beulin sur l’exploitation du Gaec du Marais à Ste Foy. « L’agriculture de notre région est marquée par des spécificités historiques : dominante élevage, des exploitations de taille inférieure à la moyenne nationale et une densité d’animaux importante, de nombreux outils de transformation et d’emplois liés à ces activités d’élevage. Les soutiens directs étant encore liés, pour le moment, à l’historique de la production des exploitations, les soutiens directs par hectare sont donc supérieurs à la moyenne nationale de 30 à 45 euros/ha. Nous demandons d’explorer la question des DPU flottants à la FNSEA. À ce jour, les règlements européens ne le permettent pas. Est-ce une raison pour ne rien faire ? NON, il faut AGIR » souhaite le président de la FDSEA de Vendée, rejoint dans son analyse par le président des JA, Franck Perrocheau, qui demande également de « tenir compte des actifs en mettant en place un mécanisme permettant de doter de façon plus importante les premiers hectares ».

Fiers de produire

Ces orientations, la FNSEA et les JA les défendront également dans le cadre du programme aux élections chambre d’agriculture de janvier 2013. « Sur la PAC, si l’harmonisation des aides est un fait inscrit et si une diminution de DPU de 100 euros par ha reste inquiétante, ce n’est rien ramené à moins 25 cts au kilo de viande ou moins 10 cts au litre de lait par manque d’organisation de nos filières » détaillent encore la FDSEA et les JA. « La volatilité des prix rend encore plus impérieux le combat pour la répercussion des coûts de production vers l’aval. Toutes les charges augmentent. Les éleveurs sont pris en tenaille entre des coûts qui augmentent et des prix payés insuffisants. On aura beau mettre en œuvre tous les outils techniques et juridiques : les GMS doivent se faire tirer l’oreille pour accepter des hausses tarifaires. Déjà, en 2009, nos actions avaient abouti à la création de brigades spéciales de contrôle qui avaient épinglé 9 enseignes sur des pratiques commerciales illégales. Aujourd’hui encore, le réseau FNSEA-JA s’est engagé dans des actions plus ou moins dures, et votre département et région, en sont les leaders. Ces actions ont fini par convaincre certaines GMS de se mettre à la table des négociations. Elles servent aussi à sensibiliser le consommateur sur le fait que l’impact d’une hausse des produits agricoles sur les prix des produits sera minime » détaille encore Xavier Beulin qui souhaite remettre en ligne de mire dans le cadre de ces élections professionnelles, la fierté de l’acte de production, la fierté du métier. Tout un programme pour des coéquipiers à la course à la victoire de janvier 2013.

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