Nouvelle autorisation d'exploiter pour "l'usine des 1.000 truies" en Côtes d'Armor

Nouvelle autorisation d'exploiter pour "l'usine des 1.000 truies" en Côtes d'Armor

La maternité porcine Ker Anna de Trébrivan (Côtes d'Armor), baptisée par ses opposants "l'usine des 1.000 truies" en référence au projet controversé de "ferme des 1.000 vaches" dans la Somme, pourra continuer à fonctionner, selon un arrêté de la Préfecture.

Le Préfet des Côtes d'Armor a pris un arrêté autorisant à nouveau l'exploitation de cette méga porcherie industrielle. Le précédent arrêté avait été cassé par le tribunal administratif de Rennes après un recours d'associations écologistes inquiètes notamment du risque de pollution des cours d'eau proches de l'exploitation. Le tribunal avait alors expliqué sa décision par "l'insuffisance substantielle" de l'étude d'impact "au regard de l'enjeu majeur que constitue la qualité de l'eau" et l'absence d'information nécessaire du public sur "les dangers et inconvénients du projet".   Ce jugement avait été confirmé par la Cour administrative d'appel de Nantes. L'élevage porcin avait toutefois pu continuer à fonctionner grâce à une dérogation préfectorale.

Dans son nouvel arrêté, qui s'appuie sur un avis favorable rendu par le conseil départemental des risques sanitaires et technologiques, le Préfet des Côtes d'Armor considère que "les mesures retenues par l'exploitant (...) sont de nature à satisfaire aux prescriptions réglementaires applicables à l'élevage au titre du code de l'environnement", notamment en matière d'émissions gazeuses d'ammoniac et d'épandage. Entrée en service en 2011, à l'initiative de cinq éleveurs associés dans le projet, la maternité porcine de Ker Anna peut accueillir plus de 1.000 truies qui donnent naissance à 23.000 porcelets par an, produit quelque 5.000 m3 de lisier et rejette 7.000 kg d'ammoniac.

Pour l'association "sous le vent, les pieds sur terre" qui bataille depuis 2008 contre le projet aux côtés d'autres organisations locales de défense de l'environnement (Eaux et rivières de Bretagne, Nature et environnement) et de la Confédération paysanne, le récent arrêté préfectoral est une nouvelle illustration du "laxisme ordinaire de l'Etat français en Bretagne en matière de protection de l'environnement et de concentration animale". Pour Erwann Chotat, secrétaire de l'association, le scénario prévu par l'arrêté "serait même pire que les précédents : il n'y a plus de maîtrise des rejets d'ammoniac, le plan d'épandage est encore plus précaire et la qualité des eaux toujours ignorée". M. Chotat souligne notamment les risques hydrologiques, dans cette région du Centre-Bretagne déjà fragilisée, véritable château d'eau de la Bretagne avec les bassins de l'Hyères, de l'Aulne et du Blavet, avec d'importantes eaux de ruissellement. L'élevage intensif, notamment porcin, a été reconnu comme l'un des facteurs à l'origine de la prolifération des algues vertes sur les côtes, particulièrement dans le département.

 

Source AFP

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Commentaires 6

dasa

@rico c'est surtout une question de volonté plutot que de possibilité

quant au reste en tenant compte de l'aspect sanitaire comme vous l'avez fait en prealable je suis ok , on peut pas demander au paysan de travailler beaucoup pour ne rien gagner , si par le biais de ses structures l agriculteur trouve des conditions de travail plus agreable ( que ce soit par la logique de fonctionnement, l'equipement ou la possibilité de travaillé moins ) alors il ne doit pas s'en priver, quand en plus on va plus loin dans la logique c'est evidemment plus intelligent de ne gerer les effluents que d'une seule structure, ca ne fait qu'une installation de stockage d'effluent , si en plus on rajoute la methanisation , il y a une vraie logique de systeme
et en plus ca permet aussi de rompre un certain isolement des agriculteurs , je ne dis pas que ces elevages sont la panacé puisqu'il y a l'aspect sanitaire qui doit absolument etre pris en compte et sur lequel il faut absolument veiller avec la plus grande attention , mais effectivement il y a une certaine logique
d'autant qu'il s'agit du modele de consommation ultra dominant a tort ( pour moi) ou a raison , en fait plutot que de taper sur les paysans , ces elevages ne sont que la consequances du mode de consommation des citoyens , c a dire le moins cher possible

Ricodu28

@ lemelimelo:
;-) la dernière phrase vaut aussi pour vous car au cas ou vous n'auriez pas trop bien lu j'ai commencé par emettre la reserve que l'aspect bien être et sanitaire soit maitrisé.

Je ne dis pas qu'il est bien mieux d'avoir une "bien grosse ferme" je m'interroge juste sur les raisons qui poussent à empêcher ces éleveurs de mettre en commun leur outils de productions au sein d'une même structure.
Pour la localisation, non je n'habite pas à proximité de paris pas plus que je n'adore être avec plein de monde autour de moi; je ne vois d'ailleurs pas du tout le rapport?

Le sujet de maladie telles que la grippe aviaire relève certe de la concentration des animaux mais aussi des pratiques en vigueur dans les élevages. Si ça ne tenais qu'à la dimension des élevages et vu le coût d'un traitement prophylaxique curratif quelque soit les animaux on ne verra pas d'elevage de plus de 50 animaux!
J'ai en tête le cas d'un elevage caprin (désolé je prens le cas d'une production que je maitrise un peu plus que le porc) qui avait été touché par 3 maladies distinctes et de façon si importante que quelques vétérinaires pourtant compétent ont mis un très très long moment à maitriser et eradiquer. Et pourtant l'élevage était de taille modeste (70 alpines), la provenance des animaux était irréprochable, la prophylaxie était tout à fait convenable et les animaux accédaient à une pâture dès que les conditions le permettaient.

Quand à l'aspect élevage des porcs avec accès à l'extérieur, je ne connait pas assez pour en parler mais visiblement tout porte à croire que les résultats zootechnique autant qu'économiques sont diminués. Qui plus est au niveau gestion des effluents l'élevage en bâtiment est bien plus efficace qu'en extérieur et à en juger par l'état des nappes phréatiques bretonnes ainsi que les cours d'eau c'est un argument assez loin d'être négligeable.

@ dasa:
C'est tout à votre honneur mais si l'on en crois les chiffre des GMS tout porte à croire que tout le monde ne peut pas ou ne veux pas en faire autant.

Lemimelo

C'est sur que c'est beaucoup mieux d'avoir une bien grosse ferme ! Je suis d'ailleurs sûr que Ricodu, il habite Paris tellement il adore être avec plein de monde autour de lui !

Et puis on sait bien qu'à force d'être collés tous ensemble, on s'auto-immunise contre les maladies ! Les aliments médicamenteux c'est bien sûr pour les petites exploitations ! Si en Asie du Sud-Est les poulets avaient été encore plus concentrés dans les marchés, y aurait jamais eu de grippe aviaire !!!

Pis d'ailleurs faudrait surtout pas songer à les sortir ces pauvres cochons, ils risqueraient d'avoir froid.

Des fois, faut réfléchir un peu, hein...

gigi45

tout à fait d'accord

dasa

moi je m'enf ous je ne mange pas cette merde là

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