Nouvelle épreuve judiciaire pour les militants de la Confédération paysanne

Nouvelle épreuve judiciaire pour les militants de la Confédération paysanne

Condamnés en première instance à des peines d'amende et de prison avec sursis pour avoir endommagé la ferme des 1.000 vaches, neuf militants de la Confédération paysanne ont de nouveau revendiqué mercredi l'action syndicale contre l'"agriculture industrielle" devant la cour d'appel d'Amiens, soutenus par des centaines de manifestants.

"Face au silence, on a décidé collectivement de prendre nos responsabilités", assure à la barre Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat.   Prévenu le plus lourdement condamné en première instance --à cinq mois de prison avec sursis et 300 euros d'amende--, il vient de retracer le combat du syndicat contre ce qu'il nomme la "ferme-usine" depuis la genèse du projet. "Toute la panoplie d'actions syndicales se terminait par des fins de non-recevoir, du mépris (...) il a fallu cet acte symbolique --on a fait un tag sur un chantier-- pour que les politiques réagissent", poursuit-il. Et d'exposer pendant de longues minutes la finalité de la Confédération: défense de l'agriculture paysanne, qui consiste non seulement à surveiller les conditions d'exploitation des animaux mais aussi à défendre le métier de "paysan". "On estime que si on veut absolument identifier des fautifs, il faut juger la Confédération paysanne, après on reparlera de la liberté syndicale au pays des droits de l'Homme", déclarait M. Pinatel, juste avant d'entrer dans le tribunal.

L'un des juges s'est étonné mercredi de la contradiction entre l'action revendiquée et l'étonnement manifesté par les prévenus d'en subir les conséquences juridiques. La défense a fait citer un témoin: Olivier de Schutter, ancien rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation, venu évoquer le "rouleau-compresseur" de l'agriculture industrielle, qui "amène la fin du monde paysan". Lors du premier procès, le 28 octobre, le tribunal avait prononcé des peines allant d'une amende à des peines de prison avec sursis contre les prévenus poursuivis après deux actions coup de poing de la Confédération paysanne sur le chantier de la ferme, à Drucat-Le Plessiel, près d'Abbeville (Somme), en septembre 2013 et mai 2014. Cette fois-ci, le jugement devrait être mis en délibéré  Le propriétaire de la ferme a estimé les dégâts occasionnés à plusieurs milliers d'euros, particulièrement lors de l'action du mois de mai, un simple "démontage" en règle selon les militants.      

'Ce qu'on combattait était illégal'

A l'extérieur du tribunal, plusieurs centaines de personnes attendaient l'issue de l'audience. "Quand il n'y a plus aucune réponse, l'action est la seule réponse. Je soutiens cette action légitime et non-violente", a déclaré José Bové, venu en soutien et qui s'est dit "choqué" par la sanction en première instance. Les militants estimaient entre 2.000 et 4.000 le nombre de manifestants présents dans la capitale picarde. Ils étaient environ 1.000 peu après 11H00, selon la police. Un cortège s'est mis en route dans les rues d'Amiens en fin de matinée, scandant "Les paysans à la ferme, Ramery (propriétaire de la ferme, ndlr) prison ferme", en présence de l'ancien candidat à l'élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Débats et marché paysan ponctuaient la journée de rassemblement, dans une ambiance champêtre dans le square qui fait face au palais de justice.

Cinq des prévenus, dont quatre poursuivis comme M. Pinatel pour des dégradations et un cinquième, poursuivi pour vol, avaient été condamnés en première instance à des peines de prison d'au moins deux mois avec sursis. Les trois derniers militants avaient été condamnés à une amende de 300 euros pour refus de prélèvement ADN (tout comme quatre des six autres). La défense comptait mettre l'actualité à profit: le directeur d'exploitation de la ferme a reconnu la semaine passée abriter près de 800 bovins, contre 500 autorisés pour l'instant (malgré le nom donné à la ferme). "On était tous un peu porte-parole des gens autour de nous pour lutter contre l'industrialisation de l'agriculture", résume l'un des prévenus, Valentin Sic. "Aujourd'hui on voit que ce qu'on combattait était illégal", conclut-il devant le tribunal.

Source avec AFP

Sur le même sujet

Commentaires 6

koobiak

nous sommes obligé de passer a ce système d'exploitation (mille vaches ou plus) sinon ce sera la fin du lait en France. Les jeune sont ou vont etre dégouté du système de production individuel que nous avons: horaire FINANCE seul pénible vie de famille...

narthex

De plus à la conf ,dans la majorité de ce genre de cas , les gens vont bien sagement ce livrer aux force de l'ordre, le but étant de médiatiser ce genre d’affaire et de mettre de débat sur la place publique. Ça fait une grosse différence avec les "actions coup de poing" de la fédé,genre tabassage de ragondin ou incendie non revendiquer...la différence , s'appelle le courage.

aviron

et ils n'avaient pas de cagoules eux!

aviron

Euh.... Gigi? ils ont détruit une Msa ou un centre des impôts ou mis la vie en danger de dizaines pompiers ou policiers??? Je ne crois pas.

@gigi45

Des Voyous? ont appelaient "terroristes" les resistants en 1940. Ils defendaient alors notre liberté.

C'est "voyous" ont mon soutient, en tant que eleveur et citoyens! ils sont les seuls rempart contre l'industrialisation de l'agriculture et le dernier rempart a la destruction de l'elevage laitier en France.

En ce 18 juin, France, reveille toi!!!!

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier