Nouvelle vie pour les huiles de vidange

S.Aymard/APAP

Nouvelle vie pour les huiles de vidange
Livraisons de carburant ou collectes d’huiles usagées nécessitent le même matériel. -S.Aymard/APAP

Fait méconnu, les huiles de moteur ont plusieurs vies... Encore faut-il les recycler, à l’image d’Auvergne Carburants.

En effectuant nos tournées pour livrer du carburant dans les fermes,  nous  nous
sommes rendu compte que des fûts d’huiles usagées traînaient un peu partout”, débute Philippe Serieys, directeur d’ Auvergne Carburants à Aurillac. Pour les agriculteurs qui vidangent chez eux leurs tracteurs, amener ces fûts eux-mêmes dans des centres de collectes est une contrainte supplémentaire. Pour les camions d’Auvergne Carburants, rien de plus simple ! “La collecte des huiles demande le même matériel que pour la livraison de carburants, c’est-à- dire des camions-citernes, et la formation pour les chauffeurs est la même.” Dans un contexte général tourné vers l’environnement et le recyclage, Philippe Serieys saute le pas en mars 2013 et rachète le fonds de commerce de la société STGPTI à Aulnat (Puy-de-Dôme). Cela deviendra un centre de dépôt pour les huiles collectées. La même année, la société Auvergne Carburants tente une expérience avec la fédération départementale des cuma du Cantal. “On a proposé de mettre à disposition un conteneur de 1 000 litres vide sur les sites des Cuma où les adhérents peuvent vider leurs huiles”, développe le directeur. Le bouche-à-oreille faisant son travail, l’idée commence à porter ses fruits.

Deuxième vie

Toutes les huiles collectées par Auvergne Carburants, que ce soit chez les garagistes, les entreprises de travaux publics ou encore chez les agriculteurs, sont stockées, analysées et revendues. Au bout de la chaîne, des  professionnels  achètent  cette huile pour la transformer. “25 % des huiles collectées par Auvergne Carburants partent en combustible de substitution dans des cimenteries, des fours à chaux. Les 75 % restants sont régénérés dans deux raffineries françaises, en Normandie.” Le directeur général précise que pour quatre litres d’huile usagée, il en ressort trois litres de produit fini. Traitées comme dans une raffinerie de pétrole, les huiles sont transformées soit en fuel lourd, soit en huile de base pour moteurs. En 2013, Auvergne Carburants avait récolté 1 000 tonnes d’huiles tous départements confondus. En 2014, la société reste sur les mêmes chiffres, avec 300 tonnes récoltées sur le Cantal et 700 tonnes dans le Puy-de- Dôme et l’Allier. Il faut savoir que cette activité est soumise à un agrément préfectoral délivré pour cinq ans. “Lorsque j’ai décidé de développer cette activité en rachetant la société STGPTI, nous n’avions que trois agréments pour le Cantal, le Puy-de-Dôme et l’Allier.” Le directeur général souhaite développer cette activité et rayonner au plus large, il demande alors cinq agréments supplémentaires pour la Haute-Loire, la Loire, la Lozère, l’Aveyron, la Corrèze et le Lot. Deux camions avec chauffeurs sont actuellement dédiés à cette activité. Si ce service, aujourd’hui concentré sur les trois premiers agréments, venait à prendre de l’ampleur, Philippe Serieys entend bien dépêcher un troisième camion avec chauffeur. À partir du moment où  nous avons un agrément sur un département, nous sommes obligés de collecter gratuitement l’huile dans les 15 jours qui suivent la demande.” Ce service est entièrement gratuit pour les agriculteurs intéressés. Il suffit de contacter Auvergne Carburants.

 

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