Nuit de la détresse : la FNSEA et JA haussent le ton

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Nuit de la détresse : la FNSEA et JA haussent le ton
Les agriculteurs présents à la SCA Ouest n’ont pas seulement déversé leur colère devant la SCA Ouest, ils ont aussi affiché leurs revendications : plus de prix et moins de normes.

Suite à un mot d’ordre national, la FNSEA 44 et JA 44 ont réalisé une action coup de poing le 2 juillet dernier, lors de la Nuit de la détresse. Ils se sont lancés à l’assaut de la SCA Ouest, la plus grande centrale d’achat de l’enseigne Leclerc dans l’ouest de la France.

Dans la continuité des actions qui ont eu lieu ces dernières semaines, la FNSEA 44 et JA 44 voulaient montrer à l’emblématique Leclerc que les agriculteurs ne seraient pas les dindons de la farce qui se joue depuis trop longtemps désormais. Les quelque 300 personnes et les 30 tracteurs qui ont fait le déplacement depuis les cantons des alentours jusqu’à la SCA Ouest le 2 juillet reflètent des symptômes inquiétants : la température monte sérieusement dans les campagnes et l’agriculture est dans la détresse.
« Cette crise concerne toutes les filières animales comme le porc, le bovin ou le lait mais aussi les filières végétales », a rappelé Alain Bernier, président de la FNSEA 44. « Aujourd’hui, les agriculteurs ne sont plus seulement débiteurs auprès de leur banque ou de la MSA : les ouvertures de crédit touchent aussi les fournisseurs, les entrepreneurs de travaux agricoles ou les Cuma. Nous sommes les premières victimes de cette guerre des prix que se livrent les enseignes de la grande distribution ainsi que de toutes les publicités comparatives ».
« + de prix et - de normes » scandaient les manifestants, affichant leur colère et leur désarroi devant l’enceinte de la centrale d’achat. « On serait mieux chez nous qu’ici », déplore un des participants. « Mais nous n’avons pas le choix si nous voulons obtenir gain de cause ». Les déversements de fumier, de branches, de pneus se sont succédés, avant qu’une tonne à lisier vienne asperger les grilles du site. « Ce n’est pas du lisier qui a été déversé ce soir sur la SCA Ouest, c’est seulement du fertilisant pour les prix de demain », fait remarquer avec une pointe d’ironie Mickaël Trichet, secrétaire général de la FNSEA 44. « Nous n’avons aucun cadeau à faire à la grande distribution : même si nous leur donnions nos produits, ils nous demanderaient de l’argent ».
La FNSEA 44 et JA 44 haus­sent le ton et des actions syndicales ne manqueront pas de se renouveler dans les prochaines semaines si les résultats ne sont pas au rendez-vous. « Une opération coup de poing est efficace », souligne Alain Bernier. « Mais c’est un travail de longue haleine. Il faudra sans doute faire d’autres actions devant les GMS mais aussi devant les transformateurs et les laiteries car la grande distribution n’est pas la seule responsable du marasme économique dans lequel nous nous trouvons ». À bon entendeur.

Jean-Philippe Arnaud

Courrier aux grandes surfaces de la région : la FRSEA et JA demandent aux grandes surfaces de ne garder en rayon que des produits français
Compte tenu de la situation désastreuse des différentes productions de la région et des promesses non tenues par les opérateurs économiques et les distributeurs, la FRSEA et Jeunes Agriculteurs des Pays de la Loire viennent d’écrire à toutes les grandes surfaces de la région. La FRSEA et JA mettent les GMS devant leur responsabilité : « Vous avez signé les accords de remontée des prix devant le ministre. Or depuis la signature des accords, le prix du porc a baissé et les prix de la viande bovine suivent le marché. Il n’y a quasiment pas eu de hausse, contrairement aux accords passés mi juin. Cette situation n’est pas tolérable ».
La FRSEA et Jeunes Agriculteurs argumentent ensuite que la seule solution pour faire remonter les prix est de ne garder en rayon des grandes surfaces que les produits français frais et transformés : « Seul le patriotisme économique peut faire orienter les marchés à la hausse et conduire les entreprises à augmenter les prix aux producteurs ! ». Les syndicats demandent également aux Grandes surfaces d’arrêter les promotions sur les viandes.
La tension extrême des producteurs, liée à des prix inférieurs aux coûts de production, et à un début d’été caniculaire, pourrait déborder. Seule façon de contenir cette colère sourde : l’augmentation immédiate des prix des produits agricoles. Une partie des cartes est à présent dans la main des distributeurs, l’autre partie étant dans la main des entreprises d’abattage et de transformation. Chacun doit donc prendre ses responsabilités et prendre des mesures exceptionnelles et immédiates pour améliorer la situation.

Jean-Paul Goutines - FRSEA

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