Obésité et agroalimentaire, le tabac de demain

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Obésité et agroalimentaire, le tabac de demain

La montée mondiale de l’obésité et des maladies associées en fait un sujet de santé publique de premier plan.

Outre les modes de vie, la question posée est celle du caractère addictif de certains aliments estampillés « gras, sucrés, salés ». La fiscalité, la réglementation et l’action en justice interviendront de façon croissante dans ce domaine. L’industrie agro-alimentaire voit les consommateurs de plus en plus sensibles à la santé, mais aussi à la naturalité des produits. Cependant, comment proposer des produits plus sains sans dégrader l’appétence et sans risquer de perdre des points par rapport à la concurrence.

 

Obésité et agroalimentaire, le tabac de demain

L’épidémie mondiale d'obésité

En hausse constante et largement répandu, le surpoids atteint en 2014 39 % de la population adulte mondiale, dont 13 % d’obèses, un taux qui a plus que doublé depuis les années 80. Cela n’épargne pas les enfants (en 2013 environ 42 millions étaient obèses avant l’âge de 5 ans, selon l’OMS). Aux États Unis d’Amérique, pays pionnier, l’obésité atteint en 2013 un tiers des adultes, et deux tiers y compris le surpoids. 13 % des jeunes en dessous de 20 ans sont obèses. Pour illustrer de façon plus imagée cette situation, l’International Journal of Public Health a proposé un mode de comptabilité innovant : la graisse qui devrait idéalement être perdue par les Étasuniens pourrait remplir 1038 piscines olympiques... En Europe de l’ouest, le surpoids des adultes atteint 47 % en moyenne, dont 21 % d’obèses. L’OMS, dans une annonce choc, anticipe des taux encore plus considérables en 2030. La France n’est que très relativement « protégée des travers et des désordres alimentaires constatés ailleurs », comme pouvait le dire un responsable professionnel en 2012, car le taux de surpoids dépasse 45 % cette même année. La plus récente enquête fait apparaître un ralentissement de l’évolution par rapport à 2009. Cependant la croissance de l’obésité est actuellement plus forte parmi les jeunes générations : celle née entre 1980 et 1986 atteint le taux d’obésité de 10 % vers 28 ans alors que la génération née 20 ans plus tôt ne l’atteint que vers 41 ans

 

Le taux d’obésité est et reste inversement lié avec la catégorie socio-professionnelle, le niveau d’instruction, les revenus du foyer (en France en 2012, moins de 12 % d’obèses chez les diplômés du supérieur, 24,5 % pour un niveau d’instruction primaire). La montée du poids corporel dans les pays en développement est un phénomène massif. Selon l’OMS (1), à l’échelle mondiale, le surpoids et l’obésité tuent aujourd’hui plus que l’insuffisance pondérale. Cela ne doit pas conduire à minimiser la faim et la malnutrition : mais il en est ainsi dans l’ensemble des pays à revenu élevé et la plupart des pays à revenu intermédiaire. L’obésité est liée de façon certaine à un grand nombre de pathologies chroniques (diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, différents cancers) dont la prévalence s’accroît (diabète de type 2 : environ une personne sur 10 dans le monde) et qui pèsent fortement sur les coûts de santé. De ce fait, la lutte contre l’obésité se situe aux premiers rangs des sujets de santé publique, et ce depuis plusieurs  décennies. 

Lire la suite : dossier en pièce jointe page 11 : prisme n° 10 - octobre 2015

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