Olivier Chedot, producteur de viande bovine à Lignou (61) : Un marché mondial mais des contraintes franco-françaises

Thierry Guillemot

Olivier Chedot, producteur de viande bovine à Lignou (61) : Un marché mondial  mais des contraintes franco-françaises

L'année 2009 ?

“Comme toutes les productions, la filière viande bovine a été touchée en 2009 à cause de broutards très chers, un marché de la génisse de viande et de la vache de réforme sans tirage. Le JB (Jeune Bovin) s'en est un peu mieux tiré.Proportionnellement, on a cependant sans doute moins souffert que les laitiers parce que nous sommes depuis longtemps habitués à des années très médiocres. La marche est moins haute”.

L'année 2010 ?

“Je suis peut-être d'un naturel pessimiste mais il faut être réaliste. On va continuer à produire de moins en moins de viande bovine en France pour en importer de plus en plus du Brésil, d'Argentine... De la viande sans traçabilité provenant de pays où les contraintes sociales et environnementales ne sont pas les mêmes que chez nous. La faute aux grandes surfaces qui font la pluie et le beau temps mais aussi aux politiques pour qui les agriculteurs ne pèsent plus grand chose. Nous sommes confrontés à un marché mondial avec des contraintes franco-françaises”.

La contractualisation ?

“Même si je reconnais un manque d'organisation de la filière, je veux rester maître de mes décisions. Je travaille en confiance avec un marchand de bestiaux privé et ce n'est pas pénalisant.
Alors aujourd'hui, je ne suis pas prêt à contractualiser même si je pense qu'il faudra bien y passer un jour”.

Le bilan de santé de la PAC ?

“Dans mon système qui se décompose moitié/moitié entre la viande bovine et les céréales, je vais perdre 10 000 e de compensations. Alors moins de compensation, ça ne me pose pas de problème à partir du moment où nos produits sont vendus à leur juste valeur.Oui, à un système où l'on pourrait vivre de notre métier sans percevoir d'argent extérieur”.

L'engagement syndical ?

“La FDSEA est le syndicat dans lequel je me reconnais. C'est un lieu de discussions où nous ne sommes pas toujours d'accord. C'est tant mieux. Le débat doit avoir lieu car c'est comme cela que l'on avance.Je respecte les avis de chacun même si je ne les partage pas tous. C'est ma ligne de conduite”.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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