OMC : Dernière ligne droite en rangs dispersés

FB (d'après APF)

Les Européens sont opposés ou réservés sur les propositions faites par le Directeur de l'OMC ; Chine et Japon posent leurs conditions ; pays latinos-américains et pays ACP s'affrontent sur la banane...

« La récolte n'est pas à la hauteur » a déclaré Michel Barnier à l'issue du Conseil des ministres de l'Union européenne réuni ce jour pour examiner les propositions du Directeur général de l'OMC, Pascal Lamy. « Une négociation, c'est un échange. L'UE a effectué un chemin considérable dans le secteur agricole qui, aujourd'hui, n'est pas payé en retour » a-t-il déclaré. La France refuse donc ces propositions en l'état et, avec elle, de nombreuses délégations européennes.

La banane provoque un incident : les ACP quittent une réunion

Les pays du groupe Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) ont quitté une réunion plénière ce lundi à l'OMC pour protester contre un accord quasi finalisé entre Latino-Américains et Européens sur le régime d'importation des bananes dans l'UE. Dans son intervention, un diplomate équatorien s'est en effet félicité de l'accord obtenu durant le week-end avec l'UE sur une baisse du droit de douane qui frappe les importations de bananes latino-américaines dans l'UE. Les pays ACP, dont les bananes entrent sans droit de douane dans l'UE, en ont conclu que la négociation était terminée et qu'ils n'étaient plus en mesure de peser sur le dossier, considérant que l'Union européenne « les a menés en bateau en affirmant vouloir continuer à négocier avec eux ».
L'Union européenne et l'Amérique latine se sont mis d'accord à l'OMC sur la fin de la « guerre de la banane » qui les oppose depuis 25 ans. Cet accord, qui prévoit de ramener progressivement d'ici à 2016 le droit de douane européen à 114 euros par tonne contre 176 actuellement, n'a pas été formellement signé. Les ACP jugent ce calendrier inacceptable, estimant qu'il ne leur permet pas d'adapter leur production face à la concurrence des Latino-Américains. Ils ont présenté dimanche soir une contre-proposition qui porterait à 109 euros, mais en 2017, le droit de douane européen, avec une montée en charge plus lente. Ils ont menacé de bloquer l'ensemble des négociations qui se tiennent depuis une semaine à Genève sur la libéralisation du commerce mondial s'ils n'obtiennent pas satisfaction.

La Chine revient sur ses engagements dans l'agriculture

La Chine a averti ses partenaires de l'OMC qu'elle n'ouvrirait pas son marché à trois produits agricoles importants, entendant protéger sa production de riz, de coton et de sucre. Cette annonce a été accueillie avec stupeur par plusieurs pays en développement qui dépendent d'un petit nombre de produits d'exportation, notamment la Thaïlande avec le riz et les pays africains avec le coton. La position chinoise est problématique aussi pour le Brésil à propos du sucre et pour l'Inde à propos du coton.
La Chine a par ailleurs indiqué qu'elle ne participerait à aucune négociation sectorielle dans le domaine des produits industriels, suscitant une levée de boucliers de la part de la Thaïlande, de Taïwan, de l'Uruguay et du Paraguay.

Le Japon demande aussi à protéger ses produits agricoles « sensibles »

Tokyo maintien la pression pour protéger plusieurs produits dont le riz, et ce avec d'autant plus de fermeté que les agriculteurs sont traditionnellement choyés par le pouvoir au Japon : ils constituent un des viviers traditionnels de voix pour le Parti libéral-démocrate (PLD), la formation de droite qui gouverne le pays pratiquement sans interruption depuis le milieu des années cinquante.

Publié par FB (d'après APF)

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