“On n’est jamais déçu à la bascule avec une aubrac”

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15 .

“On n’est jamais déçu à la bascule avec une aubrac”

Dimanche 27 septembre, le site de Ladignac de Chaudes- Aigues doit accueillir le Départemental.

Dans la maison familiale, entouré de sa femme, Janine, de son fils Jean-Louis et de sa belle fille, Marianne, et des responsables du syndicat, Jean Batifol se rappelle encore “quand les aubracs descendaient à pied de la gare de Lieutadès à Chaudes-Aigues. Sûr qu’il fallait du temps… Le fils m’accompagnait.” C’est que l’aubrac est une culture et, pour lui, “il faut commencer tôt”. À 14 ans, Jean a quitté l’école et après, l’aubrac, ça été “toute ma vie” ! En 1961, il reprend la ferme parentale. Dans les années 1968, les animaux, 70 mères, sont inscrits au herd-book. “Cette race, plus on la garde, plus on l’aime. On est mordus”, avoue-t-il. Longtemps administrateur du syndicat aubrac, il est bien placé pour juger de l’évolution de la race et, pour lui, “ils (NDLR : l’organisme de sélection) ont bien fait de reconnaître qu’il fallait des animaux d’un format moyen, ni des éléphants ni des hippopotames et aussi des vaches qui font un veau par an”.

Une figure de proue de la race

“C’est une race particulièrement intéressante, surtout quand il n’y a pas abondance de fourrage et avec cette taille moyenne, il semble que l’on soit arrivé à un optimum”, corrobore Yves Chassany, pour qui “on n’est jamais déçu à la bascule avec une aubrac”. La maison Batifol, en territoire aubrac, “c’est une institution, poursuit le vice-président du syndicat. C’est une famille qui a participé aux grands évènements de la race, un élevage où sont nés nombre de taureaux qui ont multiplié des élevages de la région. S’il y avait un “top 50” des élevages, il serait dans les premiers.” C’est un élevage “de référence au niveau national”, complète Jean-Marie Vidalenc, le président du syndicat aubrac, qui rappelle que “cette génération d’éleveurs a sauvé la race en voie de disparition et qu’à l’époque, une mère de trois ans avec son veau dans le ventre valait moins cher qu’un broutard croisé charolais d’aujourd’hui”. Alors, Jean Batifol peut conseiller les plus jeunes : “Ne pas abandonner au premier échec”, sachant qu’il faut quand même “que les finances suivent”.

Les jeunes témoignent

Thibault Buchon est un de ces nouveaux éleveurs. Il s’est installé cette année en individuel sur la commune de Massiac. Son père avait des laitières. Lui est passé aux aubracs. Les raisons ? “La passion et des éleveurs passionnés et passionnants.” Avec une quarantaine de mères aujourd’hui inscrites au herd-book, il compte passer à 60 l’an prochain. Ce sera sa première participation au Départemental pour “la bonne ambiance qui y règne, se changer les idées et participer aussi à cette vitrine de la race. C’est enfin une fierté”. Quant au choix des animaux présentés, il lui faudra “trouver avant tout des bêtes dociles qui puissent défiler comme il faut”. Bastien Pécoul est un autre exemple. Installé sur Chaudes-Aigues en individuel depuis 2015, son cheptel compte une quarantaine de vaches mères, en race pure, inscrites au herd-book. Pour lui aussi, ce sera son premier Départemental. “Voir où l’on est, le chemin que l’on a à faire” : voilà pour ses motivations. Il a sélectionné deux animaux en s’inspirant des conseils de ses parents, sélectionneurs depuis trois générations. Et, pour Jean-Marie Vidalenc, “c’est la force de l’aubrac de voir des jeunes qui prennent leur tour”.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier