Orage de grêle le 21 juillet : 60 % de pertes sur le blé !*

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Orage de grêle le 21 juillet : 60 % de pertes sur le blé !*
Sur cette parcelle touchée par l’orage (et moissonnée depuis), de très nombreux épis de blés sont à terre, perdus pour la récolte. Gaétan Luzet estime qu’au moins 60 % d’entre eux sont tombés sous la force des grêlons. © Loire-Atlantique Agricole

Si le soleil a été plus que généreux ce mois de juillet, les orages ont été eux aussi très nombreux. Parfois particulièrement violents, engendrant des dégâts importants, mais heureusement, très localisés. Exemple à Belligné.

Un orage d’une telle violence, à Belligné, on n’a pas souvenir d’en avoir connu ! Le week-end du 20 et 21 juillet aura décidément été celui des orages ultra violents et localisés sur la Loire-Atlantique ! Samedi 20 juillet au soir, c’était le secteur de La Chapelle des Marais, qui était touché (lire Loire-Atlantique Agricole n° 298, du 26 juillet 2013). Et le dimanche 21, le secteur de Belligné connaissait aussi un violent épisode orageux.
« L’orage est passé sur un couloir », raconte Gaétan Luzet, agriculteur à Belligné. Et sur ce couloir de quelques centaines de mètres de large, l’orage a tout arraché : un chêne, pourtant imposant, y a laissé la vie… Manque de chan­ce pour les associés du Gaec des Grands acacias, dont fait partie Gaétan Luzet, sur le passage de l’intempérie se trouvait aussi une parcelle de blé de 8 ha, qui devait être moissonnée le soir même.

Épis moissonnés avant l’heure

« Les semis avaient été compliqués, mais finalement le printemps avait été bon pour les blés. On n’avait pas eu d’échaudage. La parcelle était belle. » Hélas, avec des grêlons énormes, et 40 mm d’eau tombés en 45 minutes, les épis mûrs à points n’ont eu aucune chance : plus de la moitié d’entre eux sont tombés à terre, moissonnés par la glace.
Le battage de la parcelle n’a pu se faire que quatre jours après l’orage… sans problème certes, car les blés n’étaient pas versés mais avec un rendement bien décevant : 26 quintaux par hectare, quand on aurait pu avoir au moins 60 !
La paille a donné les rendements attendus, mais la perte reste néanmoins considérable pour les quatre associés du Gaec (1), qui avaient fait le choix de ne pas souscrire d’assurance récolte (en raison du coût et des seuils d’indemnisation). D’autres parcelles du Gaec ont subi des dégâts, mais à un niveau moindre (20 à 25 %). Gaétan Luzet évoque aussi le cas d’un voisin, qui a vu hacher menu, sa parcelle de colza prête à être moissonnée.
Toutefois, dans leur malheur, les associés du Gaec des Grands acacias relativisent les dégâts : sur leurs vergers, ils constatent que les filets pare-grêle ont bien joué leur rôle : « Sans eux, on n’aurait plus une pomme sur les arbres. D’ail­leurs, les arbres qui sont en bout de parcelles ont tous perdu leurs fruits. »
Sur le maïs aussi, les craintes ont été fortes… mais comme ça s’est passé du côté ouest du département, les plantes, décidément en forme cet été, ont réussi à repartir. Si tout continue comme prévu, l’année devrait être plutôt « à maïs », faute d’être « à céréales ».

Catherine Perrot

(1) Le Gaec des Grands acacias repose sur trois productions : le lait, les cultures et les pommes, lire aussi LAA n° 238, du 18 mai 2012.

*Retrouvez la vidéo sur agri44.fr

Pornic, le 27 juillet

Scénario quasi identique le 27 juillet sur le secteur de Pornic-Port-Saint-Père. De nouveau, la grêle a frappé les cultures, céréales, tournesol et maïs. Les dégâts semblent toutefois limités à des pertes de rendement de 10 à 15 %.
Des vignes ont également été atteintes par la grêle, du côté de Port-Saint-Père : dans ces cas, les baies sont meurtries. Si le temps reste sec, ces blessures n’auront que peu d’incidence sur la récolte. En revanche, il sera nécessaire de bien surveiller l’état sanitaire des vignes, car ces plaies peuvent constituer des portes d’entrées pour les maladies.

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