Ordures Blocage à St-Prouant : Une première étape…

Après les discussions, première action de blocage pour faire entendre leur NON à la taxe forfaitaire. Quelques solutions ont été envisagées.

Une centaine d'agriculteurs s'est réunie lundi malgré la pluie battante pour barrer l'entrée du centre de tri des déchets de St-Prouant. Les discussions entre le Stom et les responsables agricoles étant arrivées à une impasse, l'objectif était de les prolonger. En effet, le Stom proposait de remettre en place la taxe forfaitaire pour 2011 et les années à venir. Il argue du fait qu'il s'agit d'un droit d'accès aux services du Stom qui permet de couvrir les charges incompressibles du service mis à disposition. Face à cela, les responsables agricoles proposent toujours la mise en place de la redevance incitative, c'est-à-dire un paiement à chaque apport en déchetterie, en fonction du volume et du type de déchets. La discussion ayant tourné en dialogue de sourds, les responsables agricoles avaient pris la décision de rassembler du monde en invitant la presse, avant que le budget du Stom ne soit défini.

Position ferme des agriculteurs : non à la redevance forfaitaire injustifiée

Les discussions ont commencé sous la pluie devant les messages inscrits sur les bâches et la remorque qui présentait l'ensemble des déchets agricoles recyclés par l'agriculture. La centaine d'agriculteurs s'est ensuite réunie sous un abri à l'intérieur du centre de tri, autour de Paul Rigaudeau, président du Stom. Christophe Rineau, délégué cantonal de Chantonnay, a alors rappelé le déroulé des négociations, les collectes organisées par la profession agricole, les éco-taxes et autres financements qui existent déjà et la position agricole.
Hilaire Baty, pour le canton de la Châtaigneraie, a rappelé que « nous n'avons pas dérogé à l'accord conclu. Nous avons toujours dit que nous étions pour le principe de l'apporteur - payeur et que les redevances payées en 2009 et 2010 l'étaient à titre exceptionnel. En tant que particuliers, nous les agriculteurs nous payons la même redevance que tous les résidants et nous ne produisons pas plus d'ordures ménagères que les autres. » « Même moins ! » ont ajouté les agriculteurs présents, rappelant que les déchets verts tout comme les papiers des ménages agricoles restaient sur l'exploitation. « Par ailleurs, les autres secteurs professionnels peuvent répercuter cette charge dans la vente de leurs produits, pour nous ce n'est pas le cas. La valorisation de nos produits et de nos activités ne se pratique pas de la même manière que pour d'autres secteurs professionnels » a-t-il ajouté.

On paie déjà

Paul Rigaudeau a alors pris la parole rappelant que le Stom « met à votre disposition les déchetteries mais pas seulement, il y a aussi le service de collecte à domicile et le service des apports aux points de tri sélectif. » A ce premier argument, la foule a réagi. « Le tri sélectif on ne l'utilise pas » à part pour les quelques cannettes pendant les périodes de travaux dont Dominique Bernard, délégué cantonal de La Châtaigneraie, a bien fait savoir que l'évocation de tels éléments pour justifier la taxe était inadmissible. « Le service de collecte on le paie déjà en tant que particulier. »

D'accord pour interdire l'accès aux déchetteries pour les agriculteurs

Paul Rigaudeau a ensuite rappelé le montant de redevance réduit par rapport aux autres professions « le point est de 102 € minimum. Pour chaque profession on multiplie par un coefficient. Pour l'agriculture, on avait choisi de mettre à 102 € et on a redescendu votre redevance à 65 €. On a considéré que ça représentait la part fixe, les charges incompressibles à payer. » Les fameuses charges incompressibles dont la profession ne veut pas entendre parler. Pierre Boivineau, pour le canton des Essarts, a réagi sur ce point « il faut rappeler qu'au début c'était 102 €/exploitation et que vous aviez prévu de passer à 102 €/exploitant ! Vous voyez ce que ça serait devenu si on ne s'était pas battu. Aujourd'hui c'est 65, demain ça sera 102 etc… »
Sur ce sujet, pas de consensus. Paul Rigaudeau poursuit : « Si on continue, il y a plusieurs solutions : on peut interdire l'accès aux déchetteries pour les agriculteurs ». La proposition est accueillie par des applaudissements. « On peut en interdire l'accès à toutes les professions, continue-t-il. Dites moi ce qui va se passer au final parce qu'il y a toujours des charges fixes à payer. Ce sont les ménages qui vont payer. » La profession ne proteste pas afin de faire porter la charge sur les autres citoyens, particuliers ou professionnels, mais bien pour obtenir une redevance juste « pas pollueur pas payeur » résume Dominique Bernard. Les agriculteurs rappellent que « ce ne sont pas les citoyens et encore moins les agriculteurs qui ont déterminé la taille de la voilure du STOM mais les élus territoriaux… »

La balle est dans le camp du Stom désormais

Au final, si la taxe n'est pas appliquée aux agriculteurs, « ça fera 1 % de plus sur les particuliers », a fait savoir Paul Rigaudeau. « En tant que particulier, on paiera, se sont engagés les agriculteurs, et on est d'accord pour ne plus avoir accès aux déchetteries. » La balle est dans le camp du Stom désormais. Les agriculteurs attendent la réponse à cette proposition. En fonction de sa réponse, d'autres actions pourraient être organisées dans un esprit d'échange comme c'était le cas aujourd'hui où les 2 parties se sont quitté sans animosité.

Source vendee agricole

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