PAC 2013 : «Le Massif central devrait s’y retrouver»

Sophie GIRAUD

Dominique Barrau

Entretien avec l'Aveyronnais Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA.

- La semaine dernière, la Commission européenne a tracé les grandes lignes de la PAC post 2013. La volonté de conditionner 30% des aides directes à des critères environnementaux retient l'attention. Est-ce réellement «le» point noir de la réforme ?

Les aspects environnementaux semblent en effet être au centre du projet de la Commission. C'est plus que du verdissement, c'est de l'écologie. Si nous ne sombrons pas dans la conditionnalité sur-administrée, nos zones du Massif central s'y retrouveront. L'idée est bien évidemment que le verdissement soit synonyme de reconnaissance des pratiques existantes et qu'il ne freine pas l'acte de production. D'un point de vue écologique, les agriculteurs du Massif central n'iront pas plus loin. Quant arrivera le moment de l'écriture des textes, il faudra faire preuve de vigilance pour inscrire noir sur blanc, cette reconnaissance de l'existant.

- En fait l'enjeu demain sera de savoir à quels niveaux se placeront les curseurs environnementaux...

Trois mesures devraient être mises en œuvre pour répondre à cette volonté de conditionner 30% des aides directes à des impératifs environnementaux. Il s'agit des éléments fixes du paysage, de la rotation des cultures et d'une troisième mesure dont on ignore pour le moment la teneur. Le niveau des curseurs sera évidemment essentiel. S'ils sont mis trop hauts, c'est la compétitivité de l'agriculture qui sera en péril.

- Que préconisez-vous ?

De la souplesse et du bon sens. Autrement dit, qu'un agriculteur dont la surface serait à 100% en herbe, puisse retourner 10 à 20% de sa surface, sans pour autant être pénalisé. En année de sécheresse, la portée de ce type d'ouverture est énorme.

- Le transfert important de fonds du premier pilier vers le second (développement rural) n'aura finalement pas eu lieu. Faut-il s'en féliciter ?

Ce qui est impératif c'est que la notion de correction de handicaps et de reconnaissance des actifs dans le cadre du second pilier soit renforcée. Nous allons y veiller. Dans l'existant du second pilier, les crédits doivent être utilisés au maximum par les agriculteurs pour la revalorisation des corrections d'handicaps. L'Europe doit ouvrir cette possibilité.

- Sur la question des actifs, la Commission a affiché sa volonté de réserver les aides aux seuls agriculteurs en activité. Est-ce un point positif ?

On ne peut que se féliciter de ce type de proposition, cela devrait dénouer pas mal de malentendus avec la société. Un autre point positif, qui reste à confirmer, c'est le maintien du budget de la PAC, les efforts faits en faveur des jeunes agriculteurs et de la recherche.

- Les propositions de la Commission ont déjà été interprétées par chaque acteur concerné. Faut-il prendre le temps du discernement ?

Nous nous situons bien dans le travail européen qui trace les grands axes pour la PAC. Le temps n'est pas encore venu de la déclinaison dans chaque état. J'ai pu entendre parler de suppression de la PMTVA. Ce sujet n'a absolument pas été exposé par le commissaire européen. Nous n'en sommes pas encore à rediscuter des niveaux de recouplage. Dans le cadre des possibilités de recouplage, laissées aux Etats, il est toutefois évident que l'on va positionner la vache allaitante.

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