Pac 2013 : Loi de modernisation agricole : pour “une politique efficace”

P. OLIVIERI

Le 24 novembre à Arpajon-sur-Cère, le syndicat présentera son rapport d'orientations 2009, dans la parfaite continuité du Livre blanc du Massif central, lequel a permis de réorienter les soutiens de la Pac.

“Il y a ce qu'on a obtenu, et tout ce qui reste à obtenir” : pour Patrick Bénézit, qui anime cette année le groupe en charge du rapport d'orientations 2009 de la FDSEA, le bilan de santé de la Pac acté au printemps dernier, constitue un premier essai dans le combat syndical qu'il convient à présent de transformer. “La plus grosse partie reste à jouer en 2013 et dans les négociations qui vont s'ouvrir”, assure le secrétaire général de la Fédération, qui rappelle au passage l'avancée majeure acquise en 2009, via l'acceptation par l'Union européenne de soutiens différenciés (couplage conservé sur certaines productions, aide spécifique sur l'herbe, maintien de l'ICHN...). “Une partie du programme du Livre blanc pour l'agriculture du Massif central a été compris, aussi bien sur le plan français qu'européen. Nicolas Sarkozy s'est dit lui-même favorable à ces soutiens différenciés”, poursuit P. Bénézit. Reste en quelque sorte maintenant à faire écrire à l'Union européenne les chapitres suivants. “C'est-à-dire à définir quel budget les États membres sont prêts à consacrer à l'agriculture européenne pour l'après-2013 et quel niveau de financement sera affecté à chaque État”, explique le secrétaire général.

Soutiens différenciés et réelle régulation

Un enjeu de taille indissociable pour la FDSEA du Cantal d'un autre impératif : celui d'obtenir les outils nécessaires à une politique de prix efficace. “Il nous faut les deux, les aides et les prix, plaide Patrick Bénézit. Parce que l'agriculture de nos zones de montagne, par nature difficile, apporte des services à la société, non rémunérés, telle la biodiversité liée aux prairies”. Le maintien des actuels outils de régulation européens figure ainsi parmi les revendications phare de ce rapport 2009, en totale continuité avec le Livre blanc. Une régulation qui, si elle est actuellement très en vogue dans les discours et les intentions, “nous paraît à cette heure fortement malmenée”, assène le syndicaliste. “Quand on entend que personne, y compris la France, ne veut des vieux outils de régulation, qui ont pourtant fait la démonstration de leur efficacité durant 30 ans, et dans le même temps que personne n'a le plan de montage pour de nouveaux mécanismes, on a quand même l'impression qu'on est en train de lâcher la proie pour l'ombre”, poursuit P. Bénézit. Pour le syndicat cantalien, la régulation des marchés agricoles passe donc forcément par une protection aux frontières européennes, via le maintien de droits de douane (pour la viande bovine notamment), ainsi que par des outils tels les quotas laitiers et l'intervention publique. “On continue à se battre sur ces outils de gestion des marchés, mais peut-être avec moins d'optimisme. On a le sentiment sur ce dossier d'avoir moins de soutiens que sur le reste...”, laisse entendre le secrétaire général.

 

Faire fléchir la balance

Accompagner les agriculteurs des territoires fragiles, encadrer les fluctuations des marchés mais aussi établir un rapport de force équilibré entre producteurs et industriels : tel est le tryptique défendu par la FDSEA du Cantal. “Nous sommes sur ce dernier point très clairs : la loi de modernisation agricole (LMA) doit redonner du poids aux producteurs dans les négociations commerciales face aux multinationales qui se sont créées ces derniers temps, et là c'est un choix franco-français”, lancent les rapporteurs. Et ces derniers d'illustrer leurs revendications dans le secteur de la viande bovine : “La LMA doit permettre de négocier à la hausse le prix du jeune bovin (JB) français face à Bigard, explicite P. Bénézit. Tant que le JB français sera à trois euros, nos vaches ne dépasseront pas ce prix-là, les deux cours étant directement liés”. De la même manière, poursuit la FDSEA, “plus le prix du JB est bas en France, plus les JB français vendus en Italie déstabilisent ce marché avec les conséquences que l'on sait pour le maigre dans nos zones”. La solution ? “Elle est dans les mains du législateur”, glisse P. Bénézit.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du Cantal

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