Pacte de consolidation : réactions contrastées de la profession agricole

Lise Monteillet

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Les mesures annoncées par le Gouvernement répondent en partie aux demandes formulées par les syndicats agricoles. Certains regrettent cependant que le problème ne soit pas traité à la source…

« On ne pouvait pas faire du saupoudrage, nous avons préféré un système de refinancement avec des taux et des durées compatibles avec la rentabilité des exploitations », estime Xavier Beulin, le président de la FNSEA. « Ce qui est nouveau cette année, c’est qu’on ne peut pas être sur des mesures généralistes », poursuit-il. « Chaque cas doit bénéficier d’un dispositif particulier »

 

« Malheureusement, on vit des drames dans l’agriculture chaque jour. Ils appellent des réponses adaptées », ajoute Xavier Beulin. Le patron de la FNSEA est donc favorable à des mesures de départ à la retraite anticipée ou de plan de reconversion. « Une reconversion professionnelle, ce n’est pas un échec », insiste-t-il. 

 

« Les décisions annoncées, bien que tardives, marquent un premier pas pour soutenir les céréaliers très durement affectés par les évènements climatiques de ce printemps. Le ministre de l’Agriculture doit maintenant transformer l’essai et obtenir un soutien complémentaire de l’Europe » a déclaré Philippe Pinta, président de l’AGPB, branche spécialisée de la FNSEA.

« Fuite en avant »

Pour la Confédération paysanne, Manuel Valls « ne pose pas la question des origines de cette crise, et reste donc trop éloigné de véritables solutions ». « Le Premier ministre poursuit la fuite en avant vers l’industrialisation des fermes, et continue à promouvoir les débouchés à l’export. Ces mesures vont continuer à fragiliser les fermes, exposant l’agriculture aux aléas du marché mondial. Or, c’est de régulation et de stabilité des marchés que les paysans ont besoin », analyse-t-elle. Le syndicat minoritaire salue néanmoins « le financement, à hauteur de 4 millions d’euros, d’un service de remplacement pour faire face aux situations d’épuisement professionnel ». Il apprécie également « le ciblage des aides en fonction de la baisse d’EBE et non plus seulement du taux d’endettement ». 

 

Réguler les marchés agricoles

Du côté de la Coordination rurale, Bernard Lannes, affirme que « l’État a remis la machine en route », mais signale que « si on ne régule pas les marchés, de l’argent public sera gaspillé ». Le président de la CR souhaite que l’organisation politique de l’agriculture fasse l’objet d’un « débat à l’Assemblée nationale ».

Quant aux mesures de reconversion professionnelle, Bernard Lannes s’interroge : « quand j’entends Xavier Beulin parler de ceux qui risquent de se reconvertir… C’est comme si c’était le pompier pyromane qui s’occupait des grands brûlés ! » Et d’ajouter : « Reclasser les agriculteurs... Pour leur proposer quoi ? Les agriculteurs ont une forte résilience et quand ils sortent de leur métier, c’est déjà trop tard ».

Le Modef, enfin, déclare que  « le gouvernement s’incline encore une nouvelle fois face aux demandes de M.Beulin avec sa vision ultra-libérale en annonçant un fonds de garantie public ouvert à tous les agriculteurs visant à répondre le besoin de refinancement du secteur céréalier ». Le Modef exige que « ce fonds de garantie public soit plafonné à 52 ha par unité de travail humain (UTH) correspondant à la superficie moyenne des exploitations ». 

 

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Commentaires 1

otto

N'ayant pas toujours été un grand fan de Beulin je dois avouer qu'après ses dernières prises de positions je suis certain que dans quelques années Beulin sera moins critiqué et reconnu comme un grand responsable.
Il aurait été plus simple pour lui de continuer à faire semblant, comme le font encore beaucoup, mais la chapeau il a du courage.

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