Panorama de l'économie mondiale : une reprise à risque

Crédit Agricole SA

Panorama de l'économie mondiale : une reprise à risque

Le décalage cyclique des deux côtés de l’Atlantique, avec une reprise en phase d’amorçage en Europe mais plus mature aux Etats-Unis, va s’accompagner d’un déphasage monétaire. La Réserve Fédérale américaine (Fed) s’apprêtant à ralentir le rythme d’assouplissement de sa politique là où la Banque centrale européenne (BCE) aura à coeur de maintenir des conditions financières ultra-accommodantes.

Mais, dans un monde globalisé où les capitaux circulent librement, la fin programmée des injections de liquidité de la Fed pourrait avoir des répercussions à l’échelle mondiale,à l’instar des mouvements violents de marchés connus, en mai dernier, à la simple évocation par la Fed d’un éventuel ralentissement de son programme d’achats d’actifs.

En Europe, le retour timide de la confiance et les bourgeons de reprise ne peuvent résister à une remontée trop rapide des taux d’intérêt, avec des économies, convalescentes, encore très endettées, incapables d’absorber un tel choc.

L’hémorragie de capitaux dans la sphère émergente, source d’instabilité financière, risque, en cas de réactivation, d’endommager la croissance là-bas, un ressort dont le monde développé a pourtant besoin pour croître. Ne pas envisager la matérialisation de ces risques, c’est faire le pari d’une sortie bien négociée par la Fed, avec un dosage et un rythme adéquats et une communication réussie, l’ensemble permettant à la reprise d’emprunter, à rythme lent, un chemin étroit mais néanmoins cahoteux.

 Ce contexte de reprise a bien évidemment des effets sur la demande et sur l’offre du secteur agricole mondial.

L’importance grandissante des pays émergents sur ces deux composantes fait peser des contraintes sur la visibilité du secteur. Le ralentissement de la croissance des émergents pourrait en effet modifier la demande alors que l’offre est fortement influencée par la volatilité des devises. Ces contraintes viennent s’ajouter aux incertitudes des rendements liés aux aléas climatiques.

D’autre part, si la sécurité alimentaire demeure un enjeu compte tenu de la croissance démographique, les aspects sanitaires et environnementaux deviennent de plus en plus prégnants mais pourront se heurter aux contraintes financières d’une reprise en demi-teinte.

Enfin, les réformes structurelles, en cours ou à venir, des deux plus grands exportateurs du secteur (UE/PAC ; US/Farm bill) viennent ajouter un degré de complexité supplémentaire. Face à ce degré élevé d’incertitudes, les pays européens, et en premier lieu la France, devront faire preuve de réactivité et de pragmatisme afin d’accéder dans les meilleures conditions aux opportunités de croissance du marché agricole mondial. 

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Source Prisme : la note de conjoncture Agriculture et Agroalimentaire

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