Pas une filière bio n'échappe au manque de producteurs

R. Saint-André

Les efforts consentis dans la filière viande et, plus flagrants encore sur le lait, ne suffisent pas à convaincre les agriculteurs cantaliens de produire bio.

Les productions emblématiques de notre département - le lait et la viande bovine - n'échappent pas au constat : l'agriculture biologique manque de producteurs pour constituer des filières locales solides. C'est d'autant plus regrettable que la demande des consommateurs pour des produits certifiés AB ne cesse de croître. Pour preuve, les résultats de l'Arbre à pain, magasin bio-coop d'Aurillac, qui enregistre une progression de 30 % par an depuis des années... Le bio manque aussi de producteurs.

Un intérêt en dents de scie

Il y a bien eu “la vague des CTE”, entre 2001 et 2007 qui a profité d'un effet d'aubaine. Depuis, le soufflet est retombé. C'est difficilement explicable, selon l'association Bio 15, qui regroupe les agriculteurs cantaliens convertis ou en cours de conversion. Son animateur, Vincent Vigier, avoue ne s'être toujours pas remis du peu d'éleveurs intéressés par des réunions d'information sur la production de lait bio, “alors que tous les clignotants sont au vert”. Le prix est rémunérateur (autour de 420 e/1000 l.) et les collectes sont déjà en place (Biolait, 3A, Volcalis). Le président de la Chambre d'agriculture, Louis-François Fontant, avance une explication : “Lorsque les prix repartent à la hausse, fatalement, on se détourne davantage des pistes de développement qualitatif et de différenciation au profit du développement par le volume”. D'autres secteurs géographiques ne doivent pas avoir le même type de réaction, puisque le collecteur Biolait pense plus que doubler son activité, passant en 2013 à près de dix millions de litres de lait bio collecté sur l'ensemble du territoire. Ce n'est pas un hasard non plus si près d'un tiers des 40 producteurs de viande bovine de l'association Bio 15 ont choisi la vente directe. Même si les coopératives développent chacune un volet différencié, une filière exclusivement biologique, qui se dispenserait de multiplier les intermédiaires, n'est pas à l'ordre du jour... faute de volumes suffisamment pertinents. Quant aux autres productions, elles sont quasi-inexistantes dans le Cantal. Pourtant, divers intervenants ont donné l'assurance de trouver des débouchés dans le porc, le mouton, les fruits et légumes, les céréales et même les plantes aromatiques ou médicinales qui réclament pourtant peu de foncier. Pour satisfaire les marchés, les importations se multiplient, y compris celles à la traçabilité douteuse.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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