Patrick Escure : “L’avenir de l’élevage se joue aujourd’hui”

PATRICIA OLIVIERI

Candidat de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs pour la présidence de la Chambre d’agriculture, Patrick Escure expose les priorités pour la ferme Cantal.

Patrick Escure : “L’avenir de l’élevage se joue aujourd’hui”

Quels sont pour vous les enjeux prioritaires pour l’agriculture cantalienne ?
Patrick Escure (1) : “Incontestablement d’obtenir plus d’aides pour les éleveurs. C’est un enjeu vital pour le Cantal, un département d’élevage, situé intégralement en zone de montagne, une spécificité supplémentaire. Il y a encore besoin d’un rééquilibrage des aides de la Pac en faveur de l’élevage, qu’il soit allaitant, laitier, bovin ou ovin... Michel Barnier avait obtenu en 2009 à Bruxelles des outils pour pouvoir réaliser cette réorientation des aides. Le problème aujourd’hui c’est qu’un tel outil n’existe pas, nous attendons donc du ministre qu’il obtienne ce type d’outils pour instaurer un soutien spécifique pour les éleveurs, c’est à dire un soutien différencié aux hectares fourragers, qu’il s’agisse d’herbe ou de maïs destiné à l’alimentation animale. Le ministre de l’Agriculture a une responsabilité énorme entre les mains quant à l’avenir de l’élevage en France. Au Sommet de l’élevage, il a dit clairement qu’il ne voulait pas d’une France “toute jaune”, qu’il prenne les moyens d’éviter cela ! Concernant l’élevage bovins viande, il faut également réintroduire un soutien pour relancer l’engraissement en France, notamment quand on voit ce qui se passe avec l’Italie et les difficultés qu’on a connues sur le marché des broutards. La suppression, en pleine campagne de broutards cet automne, de l’aide à l’engraissement est incompréhensible, ça a été un signal terrible donné au marché. Et puis, bien évidemment, il y a toute la question du prix des produits, un combat permanent comme le montre en ce début d’année la réticence des entreprises laitières à revaloriser le prix du lait. On est actuellement en campagne pour les élections chambre mais on en revient inévitablement au poids qu’aura le syndicalisme à l’issue de ce scrutin. On voit depuis plusieurs mois que les négociations sur le prix de nos productions sont de plus en plus dures et si le syndicalisme sort affaibli de ces élections beaucoup de monde en tirera des conclusions aux détriments des agriculteurs...”

Accompagner les agriculteurs

Quelle sera votre feuille de route, en cas de victoire, pour la Chambre d’agriculture ?
P. E. : “Ce sera de continuer d’accompagner les agriculteurs sur le plan technique en s’adaptant à leurs besoins. Les accompagner sur les questions d’autonomie fourragère par exemple. Il faudra également maintenir et renforcer la capacité d’expertise de la Chambre d’agriculture qui est régulièrement sollicitée par les pouvoirs publics pour donner des avis. Elle le sera encore dans les semaines et mois qui viennent sur l’avenir de l’élevage, la réforme de la Pac, la répartition des soutiens... Autant de sujets qui nécessiteront une Chambre en phase avec les positions syndicales et une unité professionnelle. Il faudra en outre qu’on sache garder une Chambre d’agriculture bien gérée et intervenant au plus près du terrain. On a aujourd’hui la chance d’avoir des antennes locales bien réparties sur le terrain et il est pour nous essentiel de conserver le pouvoir de décision dans le département. Il faut que les décisions qui concernent le Cantal se prennent dans le Cantal.”

(1) Patrick Escure est producteur de lait sur la commune d’Arnac, il élève également des salers.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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