Patrick Porret, agriculteur à Anisy (14) : Mon meilleur blé : un précédent féverole avec 40 unités d'N en moins

Thierry Guillemot

Patrick Porret, agriculteur à Anisy (14) : Mon meilleur blé : un précédent féverole avec 40 unités d'N en moins

Patrick Porret, agriculteur à Anisy (14), a douté du pois en 2005. Cette année là, il décide de couper la poire en deux : 50 % de sa surface “protéagineux” en pois et l'autre moitié en féverole. Au dernier moment, il change son fusil d'épaule. Ce sera finalement 100 % féverole sur les 8 ha. Et s'il a désormais définitivement adopté cette culture sur 15 % de sa sole, c'est aussi en pensant blé :
“mon meilleur blé cette année, c'était un précédent féverole avec 40 unités d'azote en moins”, confie-t-il.

Apprendre à la cultiver

Après 3 années de recul, le rendement moyen ressort à un bon 70 q/ha avec 3 à 4 variétés différentes. “J'ai appris, grâce à mon technicien, à cultiver la féverole”, avoue humblement notre agriculteur. Principale évolution : une approche raisonnée de la protection sanitaire. “Concernant le risque bruche, la première année, nous ne disposions pas d'avis. C'est pourquoi, dès début floraison, je traitais toutes les semaines, se souvient Patrick Porret. Désormais et grâce au système d'alerte mis en place par la coopérative, on intervient qu'en cas de risque avéré (ndlr : 3 alertes cette année) et le positionnement de l'intervention est extrêmement précis”. Indispensable à un moment ou l'étau se resserre autour de certaines matières actives avec pour conséquences “des produits moins performants”.
Autre tendance perçue depuis trois ans : “on sème de plus en plus tôt, à partir de début février”. Des raisons climatiques avant tout mais aussi peut-être le signe que les obtenteurs travaillent le critère précocité. Tout cela va dans le bon sens. “Un mois de différence au semis, c'est une semaine de gagnée à la floraison et donc un meilleur rendement et plus de qualité”, juge Alexandre Hemet.

Des surfaces multipliées par deux

A l'échelon du territoire de la coopérative de Creully, les surfaces en féverole ont été multipliées par deux passant de 500/600 ha à 1 000/1 200 ha. Les producteurs traditionnels persévèrent, voire augmentent leur sole, alors que de nouveaux s'y essaient.Si la fèverole a grignoté patiemment son cousin le pois protéagineux, elle marche désormais aussi sur les plates-bandes du colza. En 2009, elle pourrait même en partie se substituer au lin puisque son interprofession a préconisé une baisse des emblavements.
Cette augmentation des surfaces n'est pas pour déplaire à la coopérative. “Ça nous donne du crédit”, avoue-t-on du côté de Creully. Mais cette crédibilité sur le marché Egyptien pour l'alimentation humaine, il faut la préserver avec une qualité irréprochable.
Le cru 2008 a été bon avec des lots à 0 % de grains bruchés. Mais on a aussi parallèlement enregistré des livraisons à 60 %. Une minorité certes mais “ce n'est pas une fatalité, c'est un manque de suivi”,déplore Alexandre Hemet. Cette qualité, qui pèse au demeurant 40 e/t de différence de rémunération dans la balance, sera au coeur de la journée débat organisée par par la coopérative, en collaboration avec Arvalis et l'Unip, qui se tiendra le 25 novembre prochain à Caen.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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