Pénurie de beurre et prix qui flambent : pourquoi et jusqu’à quand

Crédit Agricole – Service Expertise

Pénurie de beurre et prix qui flambent : pourquoi et jusqu’à quand

Le cours mondial du beurre industriel s’est accru de près de 80 % en huit mois : l’offre est de moins en moins à la hauteur de la demande, en France et dans beaucoup d’autres pays. Cette conjoncture commence à avoir un impact significatif sur les coûts de revient dans certains métiers, notamment la pâtisserie industrielle. Analyse d’une crise pourtant en partie prévisible.

Commentaire

❙ Le beurre est trop cher. C’est le constat de ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les pâtissiers industriels puisque leurs produits contiennent en moyenne 25 % de beurre. Or, la France est structurellement déficitaire en beurre, et c’est même le seul produit issu du lait où elle doit importer nettement plus qu’elle n’exporte : bon an mal an elle en achète entre 150 000 et 200 000 tonnes, pour une consommation domestique annuelle de l’ordre de 450 000 tonnes.

❙ Aujourd’hui en effet, le beurre est une denrée très demandée mais cela n’a pas toujours été le cas : voici dix ans, ses vertus avaient pâli face aux matières grasses végétales jugées meilleures sur le plan diététique. Mais depuis les choses changent : la montée en puissance de l’huile de palme, son principal relais dans les préparations des IAA, entraînerait une accélération de la déforestation par intensification des plantations de palmiers. Et l’huile de palme présente une teneur en acides gras saturés à peine inférieure. Inversement on rappelle que le beurre contient des nutriments précieux : vitamine A, principalement, et vitamine D.

❙ La sélection génétique de ces dernières années s’était focalisée sur une réduction de la matière grasse dans le lait. Il en a résulté une baisse de la production de matières grasses laitières, au premier rang desquelles le beurre. Mais surtout, en 2016, la demande mondiale en beurre s’est fortement accrue : + 11 % en un an, avec en particulier des importations en forte croissance en Chine (+ 21 % sur 11 mois), aux USA (+ 23 % sur 11 mois), au Mexique (+ 42 % sur 9 mois).

❙ Il est à craindre que cette situation ne perdure, ou plutôt ne se résorbe que sous l’effet du renchérissement du prix du beurre, qui entraînera un rééquilibrage de la demande. Mais si d’ici quelques mois les équilibres se rétablissent, ce sera sans doute au détriment des prix des produits industriels, avec une incidence sur le prix payé aux producteurs de lait, y compris en France.

Source : PRISME - Agriculture et Agroalimentaire, une affaire d'experts - n° 16 - Février 2017 - Voir tout le dossier : ici

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Commentaires 9

49

A nous producteurs de profiter de cette situation, ils veulent du beurre, ils veulent du blé pour le pain, ils veulent de la viande, ok mais à notre prix.
Pour ma part j'espère que cette situation de pénurie va s'accentuer, il faudrait même diminuer notre production, et je peux vous dire que demain on sera les gestionnaire de la demande.
Foutez tous vos techniciens à la porte, ne vous laissez pas entrainer par des contrat coopérateur (uniquement pour servir les industriels et responsable des coopérative et les ouvriers bien qui y travail)
Vivement demain, il y en as qui vont crever la dalle, mais ce ne sera pas nous, finis d'enrichir tout le monde en ce foutant de notre gueule.

Réagissons tous dans ce sens, sinon c'est finis pour nous.

bou21

et en plus on en vois pas la couleur et le revenu des producteur est toujours a 350 euros par mois , si on prend un stagiaire on es obligé de le payer plus ,cherchez l erreur !!!

mouton23220

c'est tout simplement affligeant !
Libéralisme, libéralisme, ultra-libéralisme, dérégulation, libre échange... CETA/TTIP ... continuons à écouter en silence tous les experts (payés par l'agro-industrie) politiciens incompétents (ne voyant même plus où sont les problèmes déontologiques... hein M'sieur FILLON qui se voyait Kalif...) et tout sera à refaire, mêêê... y aura-t-il encore des agriculteurs en Europe occidentale ?
Bon... je jette l'éponge et prépare une retraite sans revenu, mêêê... avec beaucoup, beaucoup moins de problèmes !

ESCHENMANN PHILIPPE OU MME "CLOCHE215"

ah, la France pays agricole par excellence, tu es au bord de la famine; d'abord les paysans et puis le reste de la nation..... politique vraiment bien orchestrée.....

Bruno

Lassés de s'entendre dire que les vaches pètent et que les éleveurs ( et agriculteurs ) sont responsables de la pollution aux particules fines, les éleveurs ont fini par se rendre aux évidences que les mises aux normes ne feraient qu'un peu plus les précipiter dans le mur.
De là, il n'en reste plus assez pour assouvir les besoins.
Merveilleuse politique agricole, non ?

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