Perspective émergents : le Brésil, un géant agro-industriel

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Perspective émergents : le Brésil, un géant agro-industriel

L’agriculture est la principale ressource naturelle du Brésil. En 2012, la valeur des exportations agricoles et agro-alimentaires a dépassé 113 Mds USD (47 % du total), générant un excédent commercial de 96 Mds USD. Le Brésil est aujourd’hui le 3e exportateur mondial de produits agricoles après l’Union Européenne et les Etats-Unis, et pourrait être le 1er avant 2020.

Les conditions naturelles sont très favorables à l’agriculture : disponibilités des terres, variétés des climats, abondance de la ressource en eau à l’exception du nord-est. Ce potentiel n’est pas nouveau, l’occupation progressive du territoire brésilien s’étant élargie au rythme des cycles agricoles. Le cycle actuel est celui du soja, qui n’occupait que 250 000 ha dans les trois états du sud au début des années 60, et est maintenant cultivé sur près de 28 millions ha dans le sud, mais aussi dans l’état de São Paulo, et surtout dans le centre-ouest. Les dernières années ont également vu un nouveau cycle du sucre, loin du Nordeste, sa région d’origine : l’essentiel de la production est maintenant concentré dans le sud-est, en particulier dans l’état de São Paulo (plus de 60 % de la production totale). Depuis 2002, la production de sucre a doublé et celle d’éthanol a triplé.

❙ Un potentiel de croissance encore important…

Le potentiel de croissance de l’agriculture brésilienne tient d’abord aux possibilités d’extension des surfaces de production. Le pays dispose de 360 millions d’ha de surfaces cultivables (hors Amazonie, où il semble que la déforestation est en net recul depuis quelques années), dont 25 % sont incultes et 75 % du reste utilisés pour un élevage souvent peu intensif. Les surfaces cultivées peuvent être étendues dans le centre-ouest et dans l’intérieur peu peuplé du Nordeste et une réaffectation des terres (de l’élevage vers la culture de la canne et du soja) est déjà en cours dans le sud et le sud-est.

❙ Mais des infrastructures qui limitent la croissance du secteur...

Mais l’agriculture et l’agro-industrie se heurtent aux mêmes contraintes que le reste des entreprises brésiliennes. La première est la faiblesse des infrastructures, qui se traduit par des surcoûts significatifs pour les producteurs et les industriels. Des progrès ont été réalisés dans le secteur électrique (l’électricité reste cependant très coûteuse), mais les transports (routiers, ferroviaires, aériens et maritimes) ont un besoin urgent d’investissements massifs. Les autorités ont lancé un “Programme d’Accélération de la Croissance” (PAC) qui inclut un important volet en faveur des infrastructures, mais les décaissements sont plus lents que prévu. La perspective de la Coupe du Monde de football (juillet-août 2014) et des Jeux Olympiques de Rio pourrait toutefois accélérer la mise en oeuvre de certains projets.

❙ … Et un climat des affaires alourdi par la volatilité du real

Le second obstacle est ce que les Brésiliens appellent le “custo Brasil”, le coût élevé des affaires dans le pays. Il tient au poids et à la complexité de la fiscalité (selon le “Doing Business 2013” de la Banque Mondiale, le Brésil est classé sur ce critère au 156e rang mondial sur 185 pays), et aux coûts de production, salariaux notamment. Ces coûts sont alourdis par un taux de change largement surévalué et excessivement volatil. Après la chute brutale du real de juin à août, les autorités brésiliennes ont initié un programme de soutien : ainsi le real est revenu de 2,45 BRL/USD le 22 août à 2,18 le 30 octobre. A ce niveau, le risque d'un nouveau dérapage reste possible.

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Source Prisme : la note de conjoncture Agriculture et Agroalimentaire

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