Pesticides : le gouvernement détaille son plan "Ecophyto 2"

Pesticides : le gouvernement détaille son plan "Ecophyto 2"

Le gouvernement a présenté lundi la version détaillée du plan Ecophyto 2 dont l'objectif est de diminuer le recours aux pesticides de 50% d'ici à 2025, grâce à une trentaine d'actions reposant sur la recherche et l'innovation.

Copiloté par les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement, le plan Ecophyto 2 avait été présenté en janvier par Stéphane Le Foll. Il a depuis été enrichi grâce aux 4.700 contributions reçues lors de la consultation du public du 8 au 29 juin 2015. La Fondation Nicolas Hulot a critiqué l'intention du gouvernement de modifier le principal indicateur de suivi des quantités de pesticides utilisées chaque année: "c'est loin d'être anecdotique (...) le risque est fort de changer pour un indicateur plus complaisant", écrit-elle dans un communiqué, alors que la consommation de pesticides a augmenté entre 2009 et 2013. "La Fondation s'alarme que ce débat soit relancé" contrairement aux recommandations du rapport du député Dominique Potier et "défendra le maintien de l'indicateur existant lors du nouveau processus de concertation qui devrait aboutir avant fin 2015".  L'indicateur actuel appelé NODU (nombres de doses unités), utilisé depuis 2009 par le ministère, est basé sur les ventes réalisées chaque année. Le nouvel indicateur serait pondéré par un critère de dangerosité mais selon France nature environnement (FNE), "l'appréciation des risques est complexe et peu fiable vue la diversité des molécules utilisées, les aléas de dispersion et la diversité des espèces touchées". Pour encourager un moindre usage de pesticides, Ecophyto 2 compte développer les alternatives naturelles, comme le biocontrôle (méthode naturelle de protection des plantes), et encourager l'innovation autour des machines agricoles (services cartographiques par drones, GPS, pulvérisateurs de précision...) pour optimiser leur utilisation. En effet, "on peut faire 30% d'économies de produits phytosanitaires si on utilise des machines de pulvérisation de la dernière technologie", a rappelé M. Le Foll lors d'une rencontre avec la presse. Une des seules mesures contraignantes de ce plan sera la mise en place de certificats d'économie de produits phytopharmaceutiques sur le modèle des certificats d'économie d'énergie.

Des objectifs cohérents

Les distributeurs de pesticides devront mener des actions qui amèneront à des économies globales pour obtenir ces fameux certificats, sous peine de payer des pénalités. Par exemple, une coopérative qui distribue des produits phytosanitaires pourra payer les services d'un conseiller agréé à l'ensemble de ses adhérents. Les distributeurs qui n'auront pas atteint leurs objectifs seront pénalisés. Le niveau des objectifs à atteindre comme le montant des pénalités restent encore à débattre. On souligne toutefois au ministère que ces objectifs devront être cohérents avec ceux du plan, et que le montant de la pénalité devra s'aligner sur la marge nette dégagée par le distributeur sur la vente du produit. Ces éléments seront "établis en concertation avec les parties prenantes", souligne le communiqué. A l'issue du Grenelle de l'environnement en 2008, la précédente majorité avait lancé un premier plan Ecophyto dont l'ambition était de réduire "si possible" de 50% l'usage des pesticides d'ici à 2018. Mais le succès n'a pas été au rendez-vous puisque l'utilisation de produits chimiques en agriculture a progressé au contraire de 5% par an en moyenne entre 2009 et 2013. Le nouveau plan, fondé sur la recherche et l'innovation, repousse l'objectif de 2018 à 2025, avec un palier intermédiaire (une baisse d'un quart du recours aux pesticides) en 2020. Certaines mesures du premier plan sont toutefois conservées. Ainsi le réseau des 2.000 fermes "Dephy", des exploitations pionnières dans le suivi et l'évaluation des pratiques, sera porté à 3.000. Le ministère espère que ce réseau aura un effet levier qui va permettre d'engager 30.000 agriculteurs dans cette dynamique, explique-t-on au ministère.  Concernant les quantités de substances actives vendues, la France est au deuxième rang européen avec 66.659 tonnes, après l'Espagne (69.587 tonnes) et devant l'Italie (49.011 tonnes). En termes d'utilisation, la France est au neuvième rang européen selon le nombre de kilos de substances actives vendues rapporté à l'hectare, avec 2,3 kg/ha.

Source Avec AFP

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Commentaires 3

5/4x

Au 9eme rang en Europe vous voyez qu'un effort sérieux est fait,après avoir dit que nous étions les champions du monde de l'épandage.
Stopper votre délire de -50% Monsieur le Ministre anti-agriculteur. Encore du financement pour quelques uns opportunistes!

PLEIN41

Excellente analyse Moumi

Moumi

Mais oui il a raison le fol que les polyculteurs éleveurs , les céréaliers de zones intermédiaires aux trésoreries exsangue achètent du matériel hors de prix , ca a toujours été la réalité des zones intermédiaires les pve peu en ont profiter car on n investit pas pour avoir la subvention mais si on a les moyens, toutes les politiques sont systématiquement faite pour les céréaliers de bonnes terres , les betteraviers etc.... Pve, prime pac plus élevé, et dernièrement encore le sur amortissement macron

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