Philippe Jehan : "défendre le revenu des agriculteurs"

Sandrine Bossière

Philippe Jehan : "défendre le revenu des agriculteurs"
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Au cours du conseil fédéral de la Manche, Philippe Jehan, président de la FDSEA 53 s'est exprimé sur l'engagement syndical dans son département- Un département moteur dans le combat syndical. Un département reconnu pour sa vitalité.

Pourquoi adhérer à la FDSEA ?
Pour les valeurs du collectif ! Dans notre métier d'éleveur ou d'agriculteur, on a tous les mêmes valeurs et le même engagement pour sortir un revenu de nos exploitations. On a embrassé notre métier par choix. Mais on doit en vivre. Le syndicat agricole majoritaire que nous représentons permet aux agriculteurs de relever la tête (dans le contexte qu'on connaît aujourd'hui, c'est très compliqué) et se tourner vers l'avenir. Nous responsables syndicaux, nous avons une responsabilité de positivisme. Ce qui est le plus dur à vivre pour un éleveur, c'est l'enfermement, l'isolement. A partir du moment où on est en capacité de faire du collectif dans nos FDSEA, on a des chances d'y arriver.

D'où l'intérêt d'intégrer un réseau ?
Pour être responsable départemental, et avoir un vrai poids auprès des administrations, des collectivités, des politiques, il faut des adhérents. Sans présidents communaux, cantonaux, et sans un réseau syndical fort sur le terrain, on n'a aucune chance d'exister en tant que responsable syndical.
Les syndicats communaux ou cantonaux sont-ils les structures de proximité ?
Plus on est proche de l'adhérent, plus on a la chance de le mobiliser.
Pour le département de la Mayenne qui ressemble énormément à la Manche, on a la capacité à fédérer les gens sur le terrain. Il y a des valeurs de solidarité qui existent, il suffit de les faire perdurer. C'est le moment de se serrer les coudes. Quelque soit l'échelon de l'engagement, ce qui nous réunit c'est la défense du revenu des agriculteurs. On a beaucoup à faire. Mais il faut être tourné vers l'avenir et faire preuve d'optimisme parce que dans ces moments difficiles, on a besoin d'être solidaire.
Les mobilisations à Laval ont été la démonstration de la détermination des agriculteurs et de l'importante du syndicalisme ?
Ceux qui croient que le syndicat majoritaire est en berne se trompent. Ceux qui en France peuvent fédérer comme on a pu le faire à Laval avec la Bretagne, Pays de la Loire et Normandie, feront des syndicats forts. Tous ceux qui ne croient plus dans la proximité, ne croient plus dans le terrain, se trompent de cible. Je porte une attention particulière aux mutations qui ont lieu en ce moment avec la régionalisation, la mutualisation. Si c'est pour aller vers moins de terrain, je pense que les élus qui prônent ces projets, se trompent.
La FDSEA de la Mayenne est reconnue pour sa vitalité. Pour quelles raisons ?
La FDSEA de la Mayenne a ses qualités et ses défauts. La solidarité et l'esprit collectifs sont développés par le conseil d'administration et un bureau très impliqué.
On a des responsables professionnels qui croient dans les valeurs qui sont portées par le syndicalisme majoritaire, dans les valeurs humaines de l'agriculture, et dans le monde rural. On a la chance de pouvoir faire passer ce message. Chez nous, on a une véritable ambiance. Ce qui est tout à fait possible dans la Manche.
C'est ce message que vous partagerez également en Seine-Maritime en novembre, en Gironde en janvier.
On est dans un département où il y a une ambiance syndicale reconnue. Le concept de valeurs qui nous portent fait des émules, d'autres nous regardent différemment. La Mayenne est un tout petit département en terme de surface mais pas en terme de valeurs de ses femmes et ses hommes. On a beaucoup à faire partager pour faire perdurer les valeurs et la solidarité paysanne.
Quels sont les liens qui lient la Mayenne à la Manche ?
On a des départements similaires avec une typicité d'élevage. Il y a du maraîchage dans la Manche que nous n'avons pas en Mayenne. Mais on a des services complémentaires. On a des entreprises agroalimentaires, privées comme coopératives, qui sillonnent nos deux départements. On est amené à travailler de plus en plus ensemble. Il faut faire perdurer la proximité mais aussi partager des projets communs pour une efficacité économique pour tout le monde. Par exemple, la ligne à haute tension nous a amenés à travailler ensemble, à mieux nous connaitre. Sur l'emploi, la communication, l'accompagnement des agriculteurs pour le coût de production, mieux appréhender son revenu, il y a des choses à imaginer ensemble.

Source l'Agriculteur Normand

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Commentaires 1

riton 46

Vive la fédé a l'entendre c'est vraiment la maison des bisounours !!!! Etant producteur de lait cela fait bien 4 ans que tous les ans le prix baisse pour atteindre des records cette année. Alors bravo la fédé les résultats sont là continuez comme ça dans 5 ans dans ma région plus aucun éleveur.....Vive la fédé et vive la FNPL vous êtes les fossoyeurs de l'agriculture

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