Philippe Pelvet, directeur de l’Apecita : "Nous recensons 2500 offres d’emplois qualifiés"

Propos recueillis par Raphaël Lecocq

"Toutes filières confondues, les commerciaux font défaut" (photo R.L.)
"Toutes filières confondues, les commerciaux font défaut" (photo R.L.)

Depuis plus de 50 ans, l’Apecita met en relation les demandeurs d’emploi avec les entreprises des secteurs agricole et agroalimentaire. Un observatoire privilégié pour analyser la situation du marché de l’emploi.

Quelle est la situation de l’emploi en agriculture début 2012 ?

Philippe Pelvet : en ce jour d’ouverture du Salon de l’agriculture, nous recensons 2.500 offres d’emplois qualifiés, avec un ratio de 80 % en agriculture et de 20 % dans l’agroalimentaire. La reprise du marché de l’emploi se confirme en ce début d’année. En 2011, nous avons géré 13.500 offres dans l’année, un chiffre à rapporter au record de 2008 et ses 17.000 offres. Actuellement, la production peine à recruter des vachers et des porchers, l’agroéquipement connaît également des difficultés, de même que les industries agroalimentaires et plus particulièrement les métiers attachés aux chaines de production. Toutes filières confondues, les commerciaux font défaut. A l’inverse, il y a pléthore de demandes dans les secteurs de l’environnement et de la qualité.

Quels conseils donneriez-vous aux demandeurs d’emploi ?

Philippe Pelvet : le premier conseil, c’est de ne pas céder à la fatalité. Les jeunes diplômés ont pris une telle conscience des difficultés du marché de l’emploi qu’ils en en sont devenus fatalistes et presque attentistes. La recherche active, la mobilité, la mise en avant de ses qualités restent des valeurs sûres pour accélérer l’accès à l’emploi. Mais il faut se garder des généralités. On voit aussi beaucoup des jeunes diplômes très actifs, qui acceptent des contrats à durée déterminée et qui augmentent leurs chances d’accéder à l’emploi. Avec le développement de l’internet, il est facile de faire acte de candidature un peu partout à la fois et finalement nulle part. Depuis 2 ans, l’Apecita a changé de modèle à cet égard pour ne pas se confondre avec tous les sites existants. Dès qu’un candidat s’inscrit en ligne sur notre site, nous le rappelons dans les 48 heures pour achever de transcrire correctement son profil et sa demande, renforcer l’individualisation et lui prodiguer conseils, le cas échéant.

Les entreprises peuvent-elle aussi mieux faire dans la recherche des candidats ?

Philippe Pelvet : sans aucun doute. Le temps est révolu où les entreprises pouvaient se reposer sur les candidatures spontanées sinon sur des annonces mal orientées et mal ciblées. Elles doivent aujourd’hui aller beaucoup plus loin dans le ciblage des candidats et des canaux à emprunter pour les dénicher. Là aussi, l’Apecita a développé des compétences, des services et des partenariats pour combler cette lacunes mais nous ne nous confondons pas avec des chasseurs de primes. Les entreprises se montrent intéressés par ce service, qui donne de bons résultats.

(*) Apecita : Association pour l'emploi des cadres ingénieurs et techniciens de l'agriculture et de l'agroalimentaire

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