Plans de filière : la Confédération paysanne n'est pas satisfaite

Lise Monteillet

L'équipe de la Confédération nationale
Les représentants nationaux de la Confédération paysanne ont dressé un bilan mitigé des plans de filière.

La clôture des états généraux approche, bien qu’elle vienne d’être repoussée au 21 décembre. La Confédération paysanne dresse un bilan mitigé des plans de filière, dont chaque interprofession a la charge, et qui doivent être rendus prochainement.

Jugés « limités » ou « peu ambitieux », les plans de filière discutés au sein des interprofessions ne satisfont pas les représentants de la Confédération paysanne. Le syndicat, qui porte un projet transversal d’« agriculture paysanne », dit ne pas se retrouver dans une approche fragmentée des problématiques agricoles.

Pour Laurent Pinatel, le porte-parole de la Confédération paysanne, ces états généraux avaient pris un tournant positif avec le discours de Rungis prononcé par Emmanuel Macron, qu’il qualifie de « moderne ». « Nous raccrochons ce discours à notre projet d’agriculture de territoire », souligne-t-il. Mais le syndicat désapprouve la décision de confier la construction de plans de filière aux interprofessions agricoles, qui seraient « des outils du passé », selon Laurent Pinatel. D’autant plus que le syndicat n’est pas représenté dans toutes ces instances. Si la Confédération paysanne a bien intégré l’interprofession du lait, de la viande, des fruits et légumes et des caprins, elle ne fait pas partie de l’interprofession des céréales ou des porcs. De même, « nous ne sommes pas du tout d’accord avec le fait d’avoir confié le plan de la filière des semences au Gnis » précise Christine Riba, de la Confédération paysanne. Elle rappelle que le Gnis « ne s’occupe que des semences commerciales, et pas du tout des semences de ferme », qui représentent pourtant la moitié des semences utilisées en France. 

Les attentes sociétales pas assez prises en compte

Le syndicat estime que l’autonomie fourragère et protéique des exploitations n’est pas suffisamment mise en avant, tout comme la médecine douce ou les outils d’abattage de proximité. « Les circuits courts et la vente directe ont été oubliés », regrette ainsi Emilie Jeannin, chargée plus particulièrement de la production de viande bovine.

Celle-ci regrette aussi que les attentes sociétales aient été minorées au sein des interprofessions. Un sentiment partagé par Nicolas Girod, qui a suivi le second volet des états généraux, axé sur les questions qualitatives et sociétales. « L’APCA, la FNSEA, les JA et Coop de France se sont abstenus de signer les livrables de l’atelier 11, sur la Transition écologique et solidaire », fait-il remarquer.  

« Recomplexifier les systèmes agricoles »

De façon générale, la Confédération paysanne milite pour un maintien du système de polyculture élevage, quitte à revenir sur la spécialisation agricole de certains territoires. Le syndicat est aussi très attaché à la place de l’herbe dans l’alimentation animale, ainsi qu’à l’importance de développer la production de protéines végétales en France. La Confédération paysanne appelle ainsi à « recomplexifier les systèmes agricoles ». Un changement de modèle impossible à demander, selon elle, à des représentants d'interprofessions « ultra spécialisés ».

Concernant les états généraux, le syndicat attend désormais la loi annoncée par le Gouvernement et espère que « le pivot central sera le revenu des paysans », conclut Laurent Pinatel.

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