Plus de 10.000 éleveurs ont clamé leurs revendications à Paris

Plus de 10.000 éleveurs ont clamé  leurs revendications à Paris

11.000 manifestants selon la FNSEA, 6.200 selon la police, ont bravé le mauvais temps pour réclamer de "pouvoir vivre de leur métier » et aller à la rencontre des Parisiens et des consommateurs.

Dans le viseur des marcheurs réunis à l'appel de la FNSEA et des JA, les charges qui augmentent, les contraintes qui s'empilent, mais surtout, les prix trop bas et les revenus insuffisants. Un panneau accroché sur l'un des tracteurs qui ouvrent le cortège annonce la couleur : "Prix du lait: la grande distribution nous trait". Au-dessus des têtes, les pancartes rappellent quelques vérités exprimant la lassitude voire le découragement : "Avant j'avais un revenu. Mais c'était avant". "Un élevage qui ferme c'est 7 emplois en moins"ou "Sans agriculture, pas de nourriture".

Derrière les tracteurs, les vaches avancent avec leur veau parfois, des Montbéliardes, des Tarentaises, des Charolaises blanches et des Blondes d'Aquitaine, des Salers bouclées et des Aubrac, des Normandes pie et des chevaux aussi, des Comtois alezans à la crinière blonde.

Dans la foule, Laurent Spanghero, candidat à la reprise de l'entreprise de viandes qu'il avait cofondée avec son frère et lui-même éleveur de Limousines, serre des mains. "Les éleveurs sont maltraités depuis des années, ils n'ont plus de revenus décents en dépit des heures travaillées".

Travailler à perte

Les responsables des différentes fédérations - porcine,bovine, laitière... - ont chauffé la foule au départ. A l'arrivée ce sont les présidents des syndicats, qui rappellent que le 12 avril déjà, les éleveurs ont déposé leurs cahiers de doléances en préfectures. "Ce n'est pas un mouvement d'humeur", prévient François Thabuis pour les JA: "Dans quel métier accepte-t-on un système qui fait travailler à perte?".

"Le rapport de force avec la grande distribution nous est systématiquement défavorable. Or,chaque fois qu'on perd, ce sont des exploitations qui disparaissent",assène-t-il en réclamant "des négociations équitables" garanties par la révision de la loi de consommation (ou LME) qui arrive au Parlement. "Et qu'on arrête de nous dire que le consommateur sera pénalisé si nous arrivons à vivre de notre métier".

Généraliser l’étiquetage

Puis le président de la FNSEA Xavier Beulin prend le relais pour réclamer la généralisation d'un étiquetage "Viande de France"dans les rayons pour contrer les importations déloyales. Comparé à l'Espagne ou l'Allemagne, "le différentiel de prix, de 4 à 6 euros par heure travaillée, est insupportable à l'heure européenne". "La course aux prix toujours plus bas gruge le consommateur", juge-t-il.

Il interpelle les autorités sur "la surenchère réglementaire", la fiscalité, la protection accordée aux prédateurs (loups, sangliers, campagnols). Et aussi le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll sur les risques d'une ouverture du marché européen aux importations américaines (poulet chloré, bœuf aux hormones) et maïs OGM. "Nous voulons être entendus des pouvoirs publics" mais aussi "de nos partenaires dans les filières" résume-t-il. "Que le respect l'emporte sur le mépris". 

A sa demande, confie-t-il, le président François Hollande a accepté de le recevoir début juillet. Fourbus, les veaux se sont affalés sur le gazon parisien("interdit aux jeux de ballons") qui, après l'asphalte, repose les sabots des mères et des chevaux.

Source afp

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Commentaires 4

gigi45

L'élevage bovin touche déjà plus d'aide que le secteur céréalier ( voir agreste). Ce n'est pas en transférant encore des aides des uns vers les autres qu'on va sauver l'élevage. Ca contribue à faire baisser les prix et on subventionne l'aval.Le problème c'est la compétitivité de la transformation en France ( cout du travail en Allemagne et en France).La FNSEA a demander aux céréaliers de manifester également.
Mais, je ne vais pas aller manifester pour me faire encore dépouiller!

AIGLE201

Arrêtons de nous plaindre de nos prix, il suffit de faire comme n'importe quel chef d'entreprise de faire le prix de nos marchandises à la sortie de la ferme. Pour cela il ne faut plus déléguer nos factures de ventes à nos clients.

Stop!

La FNSEA et Beulin veut revaloriser le prix du litre de 3cts, pour soit disant que les producteurs puissnt gagner leur vie.

De qui ce moque t'on!!!

Cereales, tourteaux, medicament, honoraire veto, engrais, gazoil, electricité, eau....
Tous augmente, ont est payer comme en 1982!!!

Alors négociez oui, mais sur une base d'environs 500 euro/1000 litres oui, pas pour 3cts!

Savez vous que les industriels manque de lait, que les chaines sont arretés quelques jours par mois par manque de lait?
Avec ces bêtises de ne pas payer le lait, il ne font pas que de tuer l'agriculture, il tue l'emploi dans l'industrie laitiere!

cattle vox

N eusse-t-il pas été judicieux de la part de X.BEULIN de contraindre les agrioides de l'AGPB de soutenir l'action par leur présence ,la part de leur haut revenu incombant a la fourniture de l'alimentation animale n'étant pas negligeable

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