Plus de ruches mais toujours moins de miel en 2013

Plus de ruches mais toujours moins de miel en 2013

La production de miel en France a été inférieure à 15.000 tonnes en 2013, soit moitié moins qu'en 1995 pour un nombre de ruches presque équivalent. L'Union nationale des apiculteurs français (Unaf) montre de nouveau du doigt le rôle létal de certains pesticides et réclame l’interdiction de certains insecticides nuisibles pour les abeilles.

"En 2013, la production française s'avère très faible et inférieure à 15.000 tonnes, encore en recul par rapport à 2012", révèle Henri Clément, porte-parole de l'Unaf, l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf). La production était de plus de 32.000 tonnes en 1995, d'environ 20.000 tonnes en 2011 et de moins de 16.000 tonnes en 2012. Pourtant, le nombre de ruchers a tendance à augmenter, du fait notamment de l'engouement des particuliers pour l'apiculture, et se situe entre 1.250.000 et 1.300.000 aujourd'hui, un niveau proche de 1995 (1.350.000 ruchers).

Une baisse de production liée à des conditions climatiques très mauvaises (froid, pluie) mais aussi "à des problèmes d'intoxication", estiment les apiculteurs qui continuent à montrer du doigt  les pesticides. "Le problème des pesticides est le problème des apiculteurs dans le monde entier, en France mais aussi chez nos voisins européens, en Argentine, aux Etats-Unis", affirme  Henri Clément pour qui "il y a d'autres types de problèmes, mais celui des pesticides est essentiel dans la hiérarchie des causes".

Pour l’interdiction du thiaclopride et de l'acétamipride

L'Unaf a toutefois salué l'interdiction, bien que seulement pour deux ans, en 2013 par Bruxelles de trois néonicotinoïdes - une catégorie d'insecticides - et du Fipronil, qui était interdit en France depuis 2005. Mais les apiculteurs réclament l'extension de cette interdiction à toutes les cultures et à d'autres molécules néonicotinoïdes largement utilisées : le thiaclopride et l'acétamipride.

Jean-Marc Bonmantin, chercheur au CNRS spécialisé dans les produits neurotoxiques, a fait état mardi de travaux démontrant que ces deux molécules contaminent fortement le nectar de pêchers, auquel sont exposées les abeilles. "Nous avons des éléments qui montrent que la toxicité chronique de l'acétamipride et du thiaclopride est similaire aux néonicotinoïdes bannis" par Bruxelles, affirme-t-il.

En butinant pollen et nectar, les abeilles et d'autres pollinisateurs contribuent à plus de 80% des espèces cultivées en Europe et à 35% de nos ressources alimentaires.

 

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