Plusieurs dizaines de militants bloquent le chantier de la ferme des Mille Vaches

Plusieurs dizaines de militants bloquent le chantier de la ferme des Mille Vaches

Plusieurs dizaines de militants ont bloqué jeudi pendant plusieurs heures le chantier de la "ferme des Mille Vaches" à l'initiative de la Confédération paysanne pour protester contre ce projet controversé de ferme laitière dans la Somme, a-t-on appris de sources concordantes.

Les militants,issus de la Confédération Paysanne et de l'association Novissen d'opposantslocaux, étaient une cinquantaine selon la préfecture de la Somme et unecentaine, dont une soixantaine d'éleveurs laitiers, selon un dernier décomptede la Confédération paysanne.

Ils ont commencéà bloquer les accès au chantier et à occuper le bâtiment principal vers 8hpour repartir dans le calme en début d'après-midi, après avoir obtenu lesrendez-vous qu'ils réclamaient auprès de la ministre du Logement Cécile Duflot,vendredi, puis du ministre de l'Ecologie et de l'Energie Philippe Martin, le 30janvier, pour discuter d'un permis de construire modificatif déposé par lepromoteur.

Novissen et laConfédération paysanne accusent le promoteur Michel Ramery d'avoir modifié laconstruction de la ferme par rapport au permis de construire déposé àl'origine, avec "des bâtiments plus grands, plus hauts, déplacés". Selon MichelWelter, responsable d'exploitation du chantier, "des modifications dansl'implantation des bâtiments ont fait l'objet d'un permis de construiremodificatif en cours d'instruction" à la préfecture.

 "On demandeà rencontrer Cécile Duflot et Philippe Martin pour discuter avec eux de cepermis de construire, pour accorder la modification du permis ou dire 'non,votre permis n'est pas légal'", avait expliqué à l'AFP Laurent Pinatel,porte-parole de la Confédération paysanne. Des militantsont notamment tagué "Des fermes, pas des usines" et "Usine àlait" sur les murs de la ferme et démonté certains éléments du chantier. Certains se sontmenottés à des poteaux "pour symboliser qu'à chaque fois que Michel Rameryfera une ferme comme ça, ce sera ni plus ni moins qu'une façon d'enchaîner lespaysans aux diktats de l'industrie", a lancé M. Pinatel. "C'est dusaccage. Il y a du matériel tordu, perdu", a décrit M. Welter, qui compteporter plainte.

Un arrêtépréfectoral a limité à 500 le nombre de vaches laitières tant que la surfaced'épandage des boues résiduelles ne serait pas suffisante. Mais les opposantsestiment que les dimensions de la ferme, et du méthaniseur qui y est associé,n'ont pas été changées et qu'il s'agira à terme d'une ferme de 1.000 vaches(1.750 bovins au total avec les génisses).

Source AFP

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Commentaires 10

oliv80

Aujourd'hui dans les régions de grandes cultures comme la Somme, beaucoup d'éleveurs jettent l'éponge: trop de contraintes, pb de main d'oeuvre, manque de rémunération ... Il faudra bien admettre que les élevages restants grossissent si on ne veut pas boire et manger des produits importés, au détriment de l'emploi et de l'économie locale. On peut toujours rêver à autre chose mais il faut être réaliste sinon on laissera partir nos industrie agro alimentaire comme on a laissé sombrer nos autres secteurs industriels

ehoui

cette ferme est juste la premiere celle qui prefigure de ce que sera l'elevage laitier demain.... et je peux le voir dans de nombreux cas ceux qui ont fait le bon choix sont ceux qui ont investi dans la methanisation archisubventionnée par l'etat

geo

Dédé12, avez-vous pensé que dès que les quotas seront supprimés (pour rappel, au 01/2015), cette grosse ferme aspirera très rapidement les petites fermes alentour? Ce n'est pas très dur à comprendre. Mr Ramery livrera à une laiterie à un prix très bas (du fait de ses énormes volumes produits et de son méthaniseur subventionné)et les petites fermes ne pourront jamais s'aligner à ce prix là. Dès que les petites auront disparu du paysage, il pourra réaugmenter le prix de vente de son lait (plus de concurrence).
Dans l'idéal, j'approuve l'idée d'une grande et de petites fermes côte à côte sauf qu'on sait déjà que les décisions politiques d'aujourd'hui couperont net cet idéal. Ce n'est pas le fruit du hasard si le début de production de cette usine à vache est prévu pour l'après-quota!

Dédé12

D'accord avec Domi.
Ceux qui s'opposent aujourd'hui seront aussi les premiers à raler aussi quand l'industriel qui collecte arrêtera de les ramasser.
Je pense qu'une grande ferme entourée de petite, c'est la meilleure garantie de maintient de l'outil d'aval dans l'interêt de tous; gros et petits.

geo

@domi: N'importe quel projet (pas seulement agricole) suscite des réactions positives et négatives. En démocratie, nous avons l'avantage de pouvoir exprimer notre point de vue. Ce qui se passe à l'étranger est une chose, ce que nous voulons en est une autre. Les OGM sont depuis longtemps présents à l'étranger. Il suffit de regarder le résultat sur les adventices pour s'apercevoir que ça mène droit dans le mur. La réalité économique, personne dans le monde ne peut l'affronter sans aides publiques. Et si ces fermes dégagent un revenu, ce dernier est essentiellement tiré du méthaniseur fortement subventionné par la collectivité. Il est temps d'ouvrir les yeux sur ces usines à vache. Économiquement, elle ne sont pas viables sans soutiens publics et socialement, elles représentent un vrai danger pour la vie dans les campagnes. Je vous fait grâce de leur impact sur l'environnement et le bien-être animal.

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