Politique : Bruno Le Maire reçoit les syndicats agricoles

Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a reçu lundi les syndicats agricoles représentatifs au terme d'une année marquée par une chute du revenu agricole de 34%.

Bruno Le Maire a reçu, successivement, la Coordination rurale, la Confédération paysanne et, le principal syndicat, la FNSEA, accompagnée des Jeunes agriculteurs (JA).

Le ministre, lors d'une conférence de presse à l'issue de ces rencontres, s'est dit marqué par « la détresse du monde agricole » et « le désarroi de beaucoup d'agriculteurs. Il a réaffirmé sa détermination à ouvrir de nouvelles perspectives pour soutenir les agriculteurs, «leur offrir des perspectives dans les mois et les années à venir» et leur assurer « des prix » et « un revenu » décent. Le ministre a insisté sur la nécessité d'instaurer une régulation européenne des marchés agricoles pour stabiliser les prix.

Parlant de « mobilisation générale », il a rappelé la mise en place du plan d'urgence de 650 millions d'euros d'aide, dont une partie permet de bonifier jusqu'à un milliard d'euros de prêts, et le lancement de « l'appel de Paris » regroupant 22 pays de l'UE autour d'un nouveau projet de Politique agricole commune.
Par ailleurs, il rappelle que la future loi de modernisation de l'agriculture (LMA) sera présentée en janvier au Conseil des ministres. Elle est actuellement au Conseil d'État.

2009 : année noire

Les organisations syndicales sont revenues sur les résultats catastrophiques dans toutes les filières 2009, « année à marquer d'une pierre noire », selon la Coordination rurale, « jamais connu cette situation en 35 ans de syndicalisme », renchérit Jean-Michel Lemétayer, président de la Fnsea.

Pour l'avenir, François Lucas, président de la Coordination rurale, doute de l'utilité de la LMA.« On nous conçoit une Ferrari, mais on n'aura pas d'essence à mettre dans le réservoir », explique-t-il, faute de prix de vente plus élevés. Pour lui, « une partie du secteur agricole peut disparaître », et avec lui, des entreprises « en amont et en aval ».

« On ne demande pas de contrats, on veut des prix », a déclaré Philippe Collin de la Confédération paysanne, critiquant à son tour la LMA.

Enfin, Jean-Michel Lemétayer a demandé au ministre d'arrêter « d'en demander toujours plus en matière agro-environnementale ». « Nous sommes pour le développement durable », a-t-il précisé, « mais nous allons être confrontés à des distorsions à l'intérieur même du marché européen » face aux autres membres de l'UE « moins exigeants ». « Ce n'est pas tenable », a-t-il souligné.

Source d'après AFP

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