Politique : Donner aux élus des clés de lecture de l'exploitation agricole

P. OLIVIERI

la demande de la communauté de commune Cère et Rance en Châtaigneraie, les élus locaux ont été formés à la réalité des exploitations agricoles et de leur environnement.

“Elles n'ont quand même pas beaucoup de place pour se bouger vos bêtes...”, réagit Liliane Bourbon, conseillère municipale de Pers, en voyant les truies allaitantes en case individuelle de la maternité de Maxime Prat. “Le problème c'est que plus on leur laisse de la place, plus elles écrasent leurs petits”, explique l'éleveur avec pédagogie. Un échange parmi d'autres pris sur le vif d'une matinée de formation destinée aux élus sur le thème de “l'exploitation agricole dans son environnement” organisée par la Chambre d'agriculture à la demande de la communauté de communes Cère et Rance en Châtaigneraie. Quelques minutes auparavant, la douzaine d'élus “stagiaires” n'en revenait pas de passer entre les bâtiments accueillant les 70 truies de l'atelier de naissage-post-sevrage sans humer la moindre odeur...

Rentabilité et écologie : c'est possible

Et ils n'étaient pas au bout de leurs surprises en découvrant les futures fosses de stockage des effluents installées... sous le bâtiment en cours de construction destiné aux 60 vaches laitières. Ou encore en apprenant qu'en l'espace d'une petite dizaine d'années, Maxime Prat et son épouse sont parvenus à réduire des trois quarts la quantité d'azote épandu sur maïs sans diminuer leur rendement, mais en valorisant un maximum les effluents d'élevage que Maxime a rebaptisés pour l'occasion “les productions de la ferme”. De l'avis de Louis-François Fontant, président de la Chambre d'agriculture, cette visite d'exploitation au Sabatier de Marcolès ne pouvait mieux illustrer le fait que l'activité agricole est tout à fait capable de concilier économie et environnement. “Il ne faut pas se cacher les choses, il n'y a pas d'élevage sans épandage, sauf à privilégier des effluents d'origine chimique. Tout est question de mesure et dans le Cantal, on peut dire qu'on a une marge très importante en la matière”, insistait M. Fontant après l'intervention d'un élu de Cayrols, inquiet de voir un jour le “pays vert” connaître les mêmes excès qu'une Bretagne aujourd'hui envahie d'algues. Un dialogue entre élus locaux et représentants du monde agricole jugé plus que jamais indispensable de part et d'autre à l'heure d'une décentralisation qui fait souvent des collectivités locales un interlocuteur privilégié pour tenter de gérer en amont les conflits potentiels dans un espace agricole support de multiples usages. “Cela suppose pour vous de bien connaître l'agriculture, certes parfois source de litiges, mais avant tout véritable solution pour l'économie de nos territoires” concluait L.-F. Fontant.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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