Pour investir, mieux vaut emprunter qu’autofinancer

COGEDIS FIDEOR

Pour investir, mieux vaut emprunter qu’autofinancer

Au moment d’investir, mieux vaut choisir l’emprunt plutôt que l’autofinancement compte tenu des conditions actuelles. Arguments.

Si la trésorerie est disponible, il peut paraître plus simple et plus raisonnable d’autofinancer un investissement plutôt que de contracter un emprunt. Pourtant, emprunter évite de fragiliser la trésorerie de l’exploitation, en se gardant les moyens de faire face à un imprévu. Dans la réflexion, il convient de tenir compte des besoins annuels en trésorerie et pas seulement des fonds disponibles en banque.  L'autofinancement ne génère aucun frais supplémentaire aux plans comptable et fiscal. On ne peut déduire que l'amortissement du bien acquis sur sa durée normale d'utilisation. À l'inverse, le financement par emprunt permet de déduire, en plus de l'amortissement, les intérêts courus sur l'exercice. Cette déduction fiscale atténue donc le coût du crédit.

Coût de crédit inférieur à 2 %

En outre, le taux combiné des prélèvements sociaux et fiscaux permet de baisser le coût du crédit. Correspondant à l’addition des cotisations MSA et de l’impôt, ce taux combiné est en moyenne d’au moins 40 % et peut varier de 25 à 55 % selon le revenu, le statut social, et le nombre de parts. Les intérêts de l’emprunt sont une charge d’exploitation et viennent diminuer le bénéfice agricole taxable à l’impôt et à la MSA. Avec un taux d’intérêt de 3 % par exemple, le coût réel du crédit s’élèvera à 1.8 % (3 % * 60 % = 1.8 %). Si le taux d’intérêt est de 2 %, le coût réel du crédit s’élèvera à 1.2 % (2 % * 60 % = 1.2 %). Avec de tels taux, mieux vaut placer l’argent qui était destiné à autofinancer, sur un support fonds garanti de type assurance vie (rendement entre 2.5 % et 3.5 %).

 

Protéger les proches

Qui dit emprunt dit également assurance. En cas d’accident ou de décès, cette assurance protège les proches du contractant. Comparons un agriculteur ayant autofinancé la construction d’un petit bâtiment d’une valeur de 50 000 euros avec un autre agriculteur qui a injecté les 50 000 euros sur un placement privé et a emprunté 50 000 euros pour la construction de son bâtiment. En cas de décès, les héritiers du premier agriculteur auront un actif de succession d’une valeur de 50 000 euros. Les héritiers du second bénéficieront, eux, d’un actif de succession d’une valeur de 100 000 euros (bâtiment de 50 000 euros + placement de 50 000 euros et emprunt remboursé par les assurances).

Un atout dans la négociation

La solution du recours au crédit associé au placement des disponibilités est aussi un atout en termes de négociation. Face à la banque, il est plus aisé d’obtenir les meilleures conditions de prêt avec un placement bancaire en réserve plutôt que de mettre à mal sa trésorerie et de solliciter le partenaire financier quand il n’existe plus d’autres alternatives. C’est aussi un atout pour négocier des affaires à reprendre. Il est plus facile de saisir l’opportunité en achat de matériel ou en reprise de terres quand tous les investissements antérieurs ont été financés par emprunt avec en parallèle un bon niveau de placements.

L’alternative du crédit-bail ou leasing

Le crédit-bail ou leasing est une location incluant une option d’achat du matériel à échéance du contrat. L’avantage est de disposer d’un matériel en bon état sans entamer la trésorerie, aucun apport initial n’étant nécessaire. Le plus souvent l’organisme donne une réponse rapide avec une prise de garantie allégée. L’agriculteur bénéficie des dernières innovations technologiques car il renouvelle régulièrement son matériel. Le principal inconvénient du leasing concerne son coût global élevé. La négociation du taux global du crédit-bail est donc déterminante dans la prise de décision.

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