Pour une réouverture des frontières Italiennes : JA et FDSEA montrent leur détermination

Alexandre Cayrac

Pour une réouverture des frontières Italiennes : JA et FDSEA montrent leur détermination

Plus de 300 agriculteurs ont manifesté lundi à Rodez, contre la position des autorités italiennes concernant la vaccination obligatoire des animaux exportés vers la péninsule contre la FCO.

Malgré la pluie et le froid, les agriculteurs de la FDSEA et des JA se sont massivement mobilisés pour crier leur mécontentement au sujet de la décision «aberrante» des autorités italiennes de fermer leurs frontières aux animaux français non vaccinés contre la Fièvre Catarrhale Ovine.
Les 300 agriculteurs se sont donc rendus à la préfecture du département pour faire part de leurs revendications au préfet. A pied ou en tracteur, le cortège de la FDSEA et des JA s'est rendu sans difficulté devant la porte de l'Hôtel du Département au centre ville de Rodez.

Conséquences économiques

«La décision prise par les autorités italiennes a et aura des conséquences économiques énormes» clame Dominique Fayel, secrétaire général de la FDSEA de l'Aveyron. Il explique en effet que cette fermeture des frontières touche à la fois les éleveurs, les transporteurs, les marchands de bestiaux et les centres d'allotement. Toute une filière, à la fois pour les ovins et les bovins, est donc touchée. «L'application de cette mesure va provoquer un arrêt des ventes pendant au moins 3 à 4 mois , et concernerait près de 50 000 bovins et 30 000 ovins» précise Dominique Fayel. Les éleveurs, dans l'obligation de garder leurs animaux, vont ainsi subir une nouvelle fois et de plein fouet l'augmentation du coût de l'aliment, qui s'ajoutera aux pertes engendrées par des ventes non effectuées.
L'incompréhension est totale pour les éleveurs, qui depuis l'assouplissement des règles à l'exportation du mois de novembre 2007, ont réalisé les efforts demandés par l'Italie, en désinsectisant et réalisant les prises de sang. Le respect de ces règles a d'ailleurs un coût non négligeable pour les éleveurs, estimé entre 15 et 20 euros par tête de bétail.

Un caprice

En dépit de l'accord trouvé en novembre après le rassemblement des éleveurs à Charolles, «l'Italie nous fait un caprice» estime Dominique Fayel.
Depuis lundi les exportations vers la péninsule sont en effet bloquées. Les vaccinations sont même demandées pour les animaux qui vont être abattus de suite. Dans le même temps, une réunion entre la France, l'Italie et la Commission Européenne se déroulait à Bruxelles. mais une solution semble d'emblée difficile à trouver dans la mesure où l'Italie est toujours dans l'attente de la formation de son gouvernement, après le départ de Romano Prodi. Les critiques contre le Ministre de l'Agriculture et le gouvernement fusent. «Le gouvernement a largements sous-estimé le problème, et ne s'est pas opposé à la décision des Italiens avec beaucoup d'énergie» constate Dominique Fayel.
Les revendications de la FDSEA sont claires. Elle demande aux décideurs de prendre les mesures pour que les animaux puissent circuler normalement. «Nous ne sommes pas contre la vaccination mais où sont les vaccins ?» s'interroge Dominique Fayel. Dominique Barrau, président de la FDSEA, demande lui à ce que «les laboratoires soient mis en concurrence et surtout au travail» pour diffuser un vaccin dans les meilleurs délais «et que toutes les zones touchées soient vaccinées au plus vite». Francis Grau, responsable de la section bovine de la FDSEA, a pour sa part demandé à ce que «les conséquences économiques soient remboursées aux éleveurs».

«Il ne faut pas baisser les bras»

Toutes ces revendications ont été transmises au préfet Georges Geoffret, qui a reçu une délégation de 12 personnes composée de responsables économiques et syndicaux des filières ovines et bovines. Dans un entretien d'environ une heure, le préfet a dit soutenir les éleveurs dans les revendications et s'est engagé à transmettre leurs demandes au niveau national. A la sortie de l'entretien, les responsables de la FDSEA et les JA ont manifesté leur détermination à continuer à mettre la pression sur le gouvernement. «Ce n'est peut être que le début» a ainsi déclaré Valérie Imbert des JA , «il ne faut pas baisser les bras».
FDSEA et JA n'excluent donc pas l'hypothèse de procéder à de nouvelles manifestations si la situation n'était pas débloquer dans les 15 jours. Dominique Fayel s'est donc montré ferme «en avril, les animaux doivent partir, un point c'est tout». Tous les regards sont aujourd'hui tournés vers Bruxelles où les négociations doivent se poursuivre.

Source La Volonté Paysanne 12

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