Près de 2 000 éleveurs à Roquefort : Tous unis pour défendre le rayon

Eva DZ

Près de 2 000 éleveurs à Roquefort : Tous unis pour défendre le rayon

Producteurs, partenaires techniques et économiques de la filière, salariés, ils étaient près de 2 000 à défiler dans les rues de Roquefort, mercredi 30 avril, pour montrer leur attachement au pilier de leur production : le Roquefort.

«Du Roquefort d'abord, des paysans encore», le message fut porté par près de 2 000 personnes dans les rues de Roquefort. C'est avec beaucoup de discipline et de sagesse que le cortège dans une grande unanimité, a clamé haut et fort ses revendications. Eleveurs, partenaires techniques et économiques de la filière, salariés de Société, tous étaient unis pour scander leur volonté de maintenir et de valoriser le pilier de leur production : le Roquefort.
Robert Glandières, président de la FRSEB, n'a pas caché sa joie de voir tant de personnes réunies pour défendre la cause du roi des fromages. «On ne se déplace jamais par plaisir, c'est bien la gravité de la situation qui nous a amenée à nous mobiliser», a-t-il clamé. Justement pour contrer les attaques qui pourraient «déstabiliser de l'intérieur», le Roquefort, Robert Glandières évoquant le Bleu de Brebis et le Bleu des Causses sous la marque Société.

Absence de réponse

Les manifestants ont dénoncé «l'absence de réponses» des industriels face aux difficultés de la filière : pas de coup de pouce dans les négociations du prix du lait 2007, pas de proposition face à l'augmentation des intrants, pas de réponse face à la désaffection pour la production, laissant un constat amer qu'a dressé Robert Glandières : «moins 15% de production, manque de trésorerie dans les exploitations, prix du lait insuffisant, ...»
Quand les industriels parlent de productivité, la délégation des producteurs à l'interprofession regrette que la stagnation du prix soit compensée par l'augmentation des volumes individuels : «Cette équation ne marche pas quand les coûts de production augmentent comme ces dernières années».

«Une provocation irresponsable»

De même sur le plan de la restructuration devenue trop importante pour la délégation de professionnels : «Près de 60 points de livraisons ont disparu pour cette campagne, la re-structuration, malheureusement, est déjà là». Alain Pouget de la Coordination Rurale évoque ainsi : «une provocation irresponsable». Laurent Reversat de la Confédération Paysanne enchaîne : «nous devons refuser cette petite mort programmée».
Pour les responsables professionnels, c'est toute l'économie du territoire qui est en péril. Comme en a témoigné Jean-Pierre Verlaguet, secrétaire général de la FDSEA : «Nous vivons sur des terres difficiles à très fort handicap naturel où la seule activité agricole possible reste l'élevage ovin. Nous avons résisté jusqu'à présent par notre engagement dans l'AOC Roquefort. C'est par un juste retour de la valeur ajoutée que nous maintiendrons la vie sur ces zones difficiles».

Volonté d'échanges

C'est avant tout le revenu mais aussi l'image du produit que la délégation a voulu mettre en avant : «Nous ne pouvons pas accepter la banalisation du produit par des confusions organisées et par des prix à la distribution sacrifiés», a prévenu Robert Glandières. Mettant en avant les efforts réalisés en qualité et en traçabilité, le président de la FRSEB veut «une filière dynamique qui reste ancrée dans son territoire et dans son histoire». C'est donc légitimement que les 2 000 manifestants ont exposé leurs attentes :
- Garder le Roquefort comme pilier de nos transformations,
- Avoir une diversification valorisant un lait de qualité à hauteur de son coût et de ses contraintes de production,
- Assurer un revenu décent aux éleveurs,
- Conserver l'attractivité de notre métier pour les jeunes qui s'installent,
- Faire vivre par notre activité, l'économie de notre monde rural en tous points du rayon.

Lisibilité en l'avenir

Pour Robert Glandières, il ne s'agit pas de «demander l'obole ni l'aumône mais juste le fruit de notre travail (...) C'est pourquoi, cette année, nous nous attacherons à obtenir des augmentations justes dans chacune des lignes». Il prévient déjà de la teneur des prochaines négociations de l'automne : «Il y aura obligation de résultat. Nous saurons à nouveau nous mobiliser si c'est nécessaire !»
De la lisibilité en l'avenir c'est ce qu'ont demandé éleveurs, partenaires et salariés : «Nous sommes là pour défendre nos emplois, nos entreprises», ont-ils commenté, comptant sur l'outil interprofessionnel pour discuter. «Nous sommes prêts à composer avec vous, les industriels, comme nous l'avons fait jusqu'à présent, mais vous devez entendre nos doléances», ont prévenu les Jeunes Agriculteurs par la voix de Cédric Bouloc en signe d'espoir.

Source La Volonté Paysanne

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