Présidentielle 2017 : faire campagne au « cul des vaches »

Anne Sophie LESAGE

Présidentielle 2017 : faire campagne au « cul des vaches »

Du 25 février au 5 mars, les candidats à la Présidence de la République fouleront les allées du Salon de l’Agriculture, pour exposer leurs programmes et convaincre le plus grand nombre. Retour sur les propositions des candidats.

Incontournable pour les candidats en campagne, le salon de l’Agriculture édition 2017 fera presque salle comble. A moins de trois mois du premier tour de l’élection Présidentielle, quasiment tous les candidats ont prévu le traditionnel bain de foule au SIA. 

Marine Le Pen, Présidente du Front National a ouvert le bal ce mardi matin. Parmi les mesures phares de la candidate, une nationalisation des aides de la politique agricole, la fin des accords de libre-échange mais aussi la préférence nationale pour l’achat de produits agricoles, que ce soit pour les collectivités comme pour les particuliers.

François Fillon, candidat Les Républicains, se rendra à la Porte de Versailles mercredi pour expliquer les éléments de son plan pour l’agriculture qui passera par la reconnaissance des agriculteurs comme entrepreneurs à part entière et l’abrogation par ordonnance des normes qui ont été ajoutées aux textes européens, sans oublier la création d’un compte épargne aléas climatiques et économiques, l’affichage du prix d’achat au producteur agricole et pour les produits transformés. Contrairement à Marine Le Pen, le candidat de la Droite et du Centre, souhaite la préférence communautaire. Enfin, François Fillon souhaite que la France demande la levée des sanctions à l’égard de la Russie, soit la fin de l’embargo qui empêche les relations commerciales et rendent le contexte économique difficile pour les agriculteurs.

Nicolas Dupont-Aignan foulera, lui aussi, les allées du Salon de l’Agriculture mercredi. Il présentera ses dix mesures pour sauver l’agriculture française. A savoir, le refus du traité transatlantique et l’instauration d’une exception agricole à l’OMC (sur le modèle de l’exception culturelle). Des mesures plus nationales, comme la restructuration de la dette des agriculteurs surendettés, la suppression des cotisations sociales agricoles, le rétablissement des prix garantis planchers, l’étiquetage obligatoire de l’origine des produits, mais aussi la mise en place d’incitation fiscale à l’installation des jeunes agriculteurs. Comme François Fillon, le candidat de Debout La France, veut instaurer la préférence communautaire. 

Emmanuel Macron, fera sa profession de foi mercredi aussi. Il développera son programme global le 2 mars. Cependant, ses premières propositions sont connues comme : organiser la montée en gamme du modèle agricole français, protéger les agriculteurs face à la volatilité́ des prix en augmentant les aides de la Pac les mauvaises années. Le candidat d’ « En Marche » veut également rémunérer les agriculteurs pour « services environnementaux » mais surtout, il souhaite moderniser les exploitations françaises grâce à un programme d’investissement d’avenir agricole de 5 milliards d’euros. A la veille de sa venue au Salon, il a indiqué être « prêt » à revenir sur la Loi de Modernisation économique de 2008 qui introduit une négociation annuelle des contrats, source de pression pour les agriculteurs.

Benoît Hamon, candidat de la gauche, soutenu par Yannick Jadot, ancien candidat écologiste, est vent debout contre les pesticides. Il veut tout simplement interdire les pesticides dangereux, et pour les autres, les labelliser et les aides Pac seront conditionnées en conséquences. De la même façon, les agriculteurs engagés dans une démarche agroécologique verront leurs aides européennes augmenter. Il est également contre les accords de libre échange. 

Jean-Luc Mélenchon, a indiqué dès le début de semaine ne pas souhaiter se rendre au Salon de l’Agriculture, en opposition au modèle « productiviste. » Son programme agricole est encore flou. Sur son site de campagne, il indique vouloir créer 300.000 emplois agricoles, stopper les projets de fermes utiles, généraliser les fermes pédagogiques et enfin, développer l’agriculture biologique. Jean-Luc Mélenchon est favorable à la suppression des pesticides ; pour lui c’est un enjeu de « santé publique. »

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