Présidentielle : découvrez le programme agricole de Benoît Hamon

Lise Monteillet (article) & Anne Sophie Lesage (vidéo)

Le candidat socialiste veut développer le bio et les circuits courts en agriculture. Un secteur économique qu’il considère comme différent des autres et qui doit, à ce titre, sortir de l’OMC.

Changer de modèle

Benoît Hamon appelle les agriculteurs à changer de modèle de développement agricole, afin de répondre aux défis environnementaux et climatiques. Il est ainsi favorable à la diversification, à la bioéconomie aux écomatériaux de la chimie verte, tout comme au stockage de l’eau « par des retenues collinaires et hydrauliques agricoles dans un souci de partage de la ressource ». Il appelle à développer la couverture permanente des sols ou encore l’agroforesterie. Le programme « 4 pour 1000 » constitue pour lui une priorité, ainsi que la promotion d’une agriculture respectueuse des sols. 

« Le secteur de l’agriculture n’est pas un secteur de l’économie comme les autres », indique Éric Andrieu, député européen, soutien de Benoît Hamon dans cette élection présidentielle. À ce propos, il insiste sur la nécessité de « revendiquer la sortie de l’organisation mondiale du commerce de l’agriculture », au titre de « l’exception agriculturelle ». Benoît Hamon propose de « créer une organisation mondiale de l’agriculture, pour traiter du fait spécifique économique de l’agriculture ». Éric Andrieu a présenté les grandes lignes du programme agricole du candidat du Parti socialiste, à l’occasion d’une conférence organisée par l’Association française des journalistes agricoles (Afja) et par le Syndicat national de la presse agricole et rurale (SNPAR), le 16 mars.

« Lier le fait agricole au fait alimentaire »

« L’agriculture ne parle plus qu’aux agriculteurs », regrette le député européen, qui appelle à « lier le fait agricole au fait alimentaire ». Benoît Hamon plaide en faveur d’un Grenelle de l’agriculture et de l’alimentation. Son projet agricole se structure autour de trois axes : la santé humaine, l’environnement et l’économie.

L’idée est d’assurer « l’accès de tous, y compris des plus défavorisés, à des produits diversifiés et de bonne qualité nutritionnelle ». Benoît Hamon souhaite par exemple 50 % de bio dans la restauration collective des organismes publics ou conventionnés, dans les cinq ans.

Plus de bio

Pour les agriculteurs, cela se concrétisera par un accompagnement « dans la transition vers le bio ». Parmi les mesures annoncées, figurent des « soutiens majorés à l’installation pour favoriser les projets d’agriculture biologique ou agro-écologique » ou encore la création d’un « fonds national de compensation pour dédommagement pour les producteurs victimes de contaminations basé sur le principe du pollueur-payeur ». La recherche sera accrue concernant le biocontrôle ou les cépages résistants. Par contre, pas question de revenir sur le principe de précaution qui sera « sanctuarisé ».

La prise en compte du bien-être animal figure aussi dans son programme : « assurer une meilleure application de la loi sur le transport et l’abattage des animaux » ou encore « mettre en place des abattoirs mobiles avec une première phase expérimentale ».

Protéger les agriculteurs contre la volatilité des prix

« Il est urgent de permettre à nos agriculteurs de vivre décemment de leur travail », insiste-t-il enfin. Il souhaite une PAC qui lutte « contre la volatilité des prix par l’introduction d’une combinaison d’outils » et la généralisation des « outils de maîtrise des volumes de production au niveau européen ».

La position des agriculteurs dans la chaine alimentaire doit par ailleurs être renforcée. Pour au final, développer une « agriculture familiale, créatrice d’emplois et solidaire ». Cela passera, par exemple, par le fait d’« exonérer les jeunes agriculteurs de l’impôt sur le revenu agricole  et de l’impôt sur le foncier non-bâti sur les cinq premières années » et de « dégréver les cotisations sociales durant les cinq premières années d’installation ».

Benoît Hamon veut aussi « plafonner les aides à 150 000 €/UTH » ainsi qu’ « assurer une dégressivité des aides de la PAC à partir de 50 000 €/UTH ». Il appelle à « développer les circuits courts et d’approvisionnement locaux avec au moins 30 % de produits locaux dans les marchés publics dans les cinq ans ». Tout comme l’agriculture péri-urbaine, qu’il entend promouvoir. Quant aux retraités, il leur garantit « une retraite complète à 1200 euros pour tous les nouveaux retraités à partir de 2020 ».

D'ici le premier tour de l'élection présidentielle, découvrez tous les programmes des candidats sur Pleinchamp.

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Commentaires 7

FT 76

Bla Bla Bla! Le bobo-guignol-frondeur qui baigne dans le système depuis 25 ans se permet de faire la leçon. Qu'a t'il prouvé pendant tout ce temps? Responsable d'un syndicat étudiant il est recruté par le PS et devient député. Je le compare aux cancres qui ont usé leur pantalon sur les bancs des écoles. Suffit-il d'être "grande gueule" et imbu de soi-même pour pouvoir prétendre diriger ce pays? D'autres y sont parvenus, dont le dernier en date, mais pour quel résultat! Il est grand temps de virer tous ces parvenus dont le seul objectif est de préserver leurs avantages! Je ne les supporte plus!

Doriann

L'Europe et la France doit nourrir son peuple mais ne doit pas détruire l'agriculture des pays émergeant en exportant des produits subventionnés. N'importe quel pays à le droit de subvenir à ses besoins sans subir le lait en poudre européen ou autre. Laisser la possibilité aux différents peuples de produire son alimentation leur permet de développer leur propre économie, donc de freiner la pauvreté et donc limiter les conflits.
Nous ne sommes pas condamné à subir l'injustice et la cupidité. Je suis donc pour un peu d'utopie car elle nourrie l'espoir d'un monde meilleur.

MOUTON

Bien être animal? Que veut-on dire ? Est-ce la façon dont ils sont abattus? Tous les journalistes devraient approfondir le sujet ainsi que les représentants de la profession et parler de la réalité de certains abattages, consacrés à une certaine catégorie de notre population .Je sais bien que cela représente un pourcentage non négligeable , mais lorsque l'on est éleveur, on devrait avoir l'amour de ses animaux et obliger qu'ils soient tués avec le moins de souffrance possible et de stress ,j'ai peur que la course aux aides et aux hectares fassent perdre, ce pourquoi nous avons choisi ce métier .

hetre humain

c est bien court comme programme aucun journaliste ne les interroge sur l agriculture a croire que l on est deja hors competition si cela donnais tout ou parti de leur salaire ils comprendraient apres avoir denigrer l agriculture comme ils l ont fait

praf

L'Egypte ancienne craignait les crues du Nil et Touthankhamon
La France 2017 craint les crues d'impots et rien tant qu'Hamon...

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