Présidentielle : découvrez le programme agricole de François Fillon

Lise Monteillet

La vision de François Fillon en matière d’agriculture s’articule autour de quatre principes : rendre aux agriculteurs la liberté d’entreprendre et d’innover, mettre en place un commerce plus équitable pour les agriculteurs, miser sur la compétitivité, construire une politique agricole « simple, ambitieuse et réactive ».

Un sursis pour les JA

Vis-à-vis des jeunes agriculteurs, le parti LR souhaite faciliter la transmission des exploitations grâce à un « sursis au droit de succession tant que le bien reste dans le cadre familial dédié à la production agricole », comme l’explique Michel Dantin. 

« L’agriculture française est une puissance importante, (…) il faut qu’on lui redonne la faculté de réussir » insiste Michel Dantin, député européen et représentant de François Fillon. Celui-ci a détaillé le programme du parti Les Républicains (LR), le 16 mars, lors d’une conférence organisée par l’Association française des journalistes agricoles (Afja) et le Syndicat national de la presse agricole et rurale (SNPAR).

François Fillon entend d’abord relancer l’innovation. « Depuis 1992, la PAC, plus les rajouts de politique française, ont corseté le chef d’entreprise, le travailleur indépendant, qu’est l’exploitant agricole. Progressivement, on a fait perdre à certains le sens du métier », regrette Michel Dantin. Ce dernier promet de mettre un terme à la « surtransposition » des normes européennes dans le droit français.  « Nous avons déjà en préparation un certain nombre d’ordonnances qui pourraient être prises dès les premières semaines du mandat du nouveau président de la République, pour redonner un peu d’oxygène et appliquer les textes européens comme ils sont appliqués dans les autres pays », assure-t-il.

Le député européen précise, par ailleurs, que les charges sociales vont reculer et que le cadre juridique de l’exploitation agricole sera simplifié, pour tenir compte des nouvelles activités venant se greffer autour de la production. « Regardez la complexité juridique des structures aujourd’hui : cela fait le bonheur des notaires et des conseillers juridiques de certaines organisations… Mais ce n’est pas durable », commente-t-il.

Une économie libéralisée

« Le temps d’une agriculture encadrée sur le plan des marchés est révolue », estime-t-il ensuite. D’où la nécessité d’élargir la dotation pour aléas, pour aboutir sur « un compte d’épargne aléa climatique et économique, qui soit un pourcentage du chiffre d’affaires ».

De même, « François Fillon souhaite abroger de la Constitution le fameux principe de précaution qui avait été voulu par Jacques Chirac au début de son deuxième mandat et qui dans les interprétations juridiques s’est finalement transformé en frein au progrès », complète Michel Dantin.

Sur le volet des négociations commerciales, ce dernier convient d’un certain nombre de dysfonctionnements. « La LME*, que François Fillon a fait voter comme premier Ministre, a montré ses limites et s’est plutôt transformé comme un certain piège pour les transactions commerciales au détriment des agriculteurs », résume le député européen. Il appelle à « revoir les règles de négociation ». Tout comme il estime important de mieux informer le consommateur, « en révisant les règles d’étiquetage ». Cependant, il ne suffit pas de « coller le drapeau français, il faut informer sur l’origine, sur le prix de base payé à l’agriculteur », selon Michel Dantin.

Ce dernier se refuse à promouvoir un modèle agricole plutôt qu’un autre. Agriculture bio, circuits courts agriculture raisonnée... « Nous voulons laisser au chef d’entreprise la capacité de choisir son modèle et le circuit par lequel il souhaite se développer », rappelle-t-il.

Une nouvelle PAC à construire

Concernant l’évolution de la PAC, François Fillon souhaite que le débat soit posé dès cet automne au Conseil européen. Avec une question majeure : « l’Europe doit-elle rester la gardienne inflexible du temple OMC des accords de Marrakech ou peut-elle, comme d’autres l’ont fait, s’affranchir de cet accord ? », s’interroge Michel Dantin. Celui-ci tient d’ailleurs à relativiser le montant d’aides publiques dédiées à l’agriculture : « en 2015, les agriculteurs américains ont reçu 486 dollars par hectare, les agriculteurs européens ont reçu 198 dollars par hectare ».

« La PAC, nous voulons qu’elle assure une meilleure sécurité pour les agriculteurs et une meilleure compétitivité pour les exploitations », récapitule-t-il. S’il estime que des avancées puissent rapidement avoir lieu sur l’assurance climatique, son avis est plus réservé concernant les assurances sur le revenu, notamment pour une question de coût.

En outre, « il faut inverser le droit européen de la concurrence », mentionne-t-il. « Il n’est pas normal que seul celui qui est en bout de chaîne au contact du consommateur bénéficie de ces hausses », indique-t-il. Enfin, le député européen appelle à « reconstituer une véritable diplomatie agricole », afin que les différents organismes français parlent d'une seule voix à l’échelle européenne.

* loi de modernisation de l’économie 

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Commentaires 11

duracuire

et la retraite a 65 ans !et quoi plus ! ça vous motives ? et bien Fillon tu n'est pas trop fatigué en fin de journée !

@agrohorti

Qu appel tu plus libre ? Tu crois que tu pourra mettre plus de pesticide tranquille, que la pac va changer ? Que la directives nitrates aussi'? Tu rêves .... Quant à la sur administration c est le seul moyen qu à trouver la françe pour créer de l emploi créer des normes, je serai curieux de savoir combie coute l administration de l agriculture en Europe et en françe ca doit être faramineux

@duracuire

Des prix pas des primes , ca c est le slogan des beaucerons, du club des 100qx ils prient pour que ça arrivent évidemment quand tu produis autant à l hectare (pas par compétence par rente de situation ) , non le système de primes a permis aux zones intermédiaires de vivre jusqu a maintenant , c est un moye. Redistribution qui devrait encore etre accentué

agrohorti

F Fillon est le seul candidat qui propose de desserrer l'étau administratif Français qui bloque les entreprises agricoles. je veux être un agriculteur plus libre, pas un esclave qui remplit la gamelle des technocrates.

duracuire

en voila un autre marchand de vent , brasseur d'air ,et e***c notoire en prime et il faut aller voter pour ça ? c'est simple pourtant ! "des prix rémunérateurs ! pas des primes "

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