Présidentielle : découvrez le programme agricole de Jean-Luc Mélenchon

Lise Monteillet

Présidentielle : découvrez le programme agricole de Jean-Luc Mélenchon
© Appel au peuple

Jean-Luc Mélenchon désapprouve le modèle d'agriculture productiviste. « Le capitalisme n'est pas compatible avec le temps long d'une agriculture paysanne et écologique », souligne-t-il.

Pas de dualité possible des modèles

L’agroécologie, telle que prônée par le gouvernement, ne satisfait pas La France insoumise. Celle-ci ne voit pas de coexistence possible entre une agriculture productiviste et une agriculture de niche, écologique et de qualité. « En réalité, ces deux agricultures sont bien en compétition pour l’accès au foncier, aux marchés et aux subventions publiques », expliquent les auteurs du programme. 

« Le premier effort sera demandé à la paysannerie à qui nous demanderons de changer de modèle de production », a indiqué Jean-Luc Mélenchon, en clôture de la Journée de l'Ecologie de La France insoumise, à Vincennes. Le programme de La France insoumise a été complété par un livret entier consacré à l’agriculture, coordonné par Laurent Levard, agro-économiste et Ève Saymard, agronome. Ces derniers partent d’un constat : « L'agro-business détruit tout : l'écosystème, la santé des consommateurs et celle des paysans. Les maux sont connus : pesticides chimiques, gigantisme agricole, ultra-spécialisation et soumission au libre marché ».

Les agriculteurs seraient lancés dans une folle « course à la compétitivité », dont la majorité sortirait perdante : « les plus grandes exploitations s’agrandissent encore davantage en acquérant les terres de ceux qui ont été exclus ».

Du bio et des circuits courts

L’objectif est de convertir progressivement « l’ensemble de l’agriculture aux principes de l’agriculture écologique et biologique », peut-on lire. Dans les structures publiques de restauration collective, un calendrier de transition au 100 % bio verra le jour, sur cinq ans.

La France insoumise prévoit l’arrêt des « projets de fermes-usines », ainsi que la fin de « l’actuelle sur-spécialisation des territoires » et de « la dépendance en protéines végétales importées ». Elle compte « réduire la part des protéines carnées dans l’alimentation au profit des protéines végétales », développer l’agroforesterie et les systèmes d’élevage herbagers. Les circuits courts seront vivement encouragés.

La France insoumise accuse les agrocarburants d’entrer en compétition avec les usages alimentaires et prévoit l’abandon des objectifs d'intégration. Elle va même jusqu’à évoquer à terme leur interdiction, sauf pour l'autonomie de la ferme elle-même.

Il est aussi réclamé l’interdiction des néonicotinoïdes et des herbicides à base de glyphosate. Les apports maximums autorisés d’engrais et de pesticides seront progressivement abaissés et taxés.

Quant aux normes d’élevage, elles seront redéfinies afin de « limiter au maximum la souffrance animale ».  Le livret mentionne de « rendre possible l'abattage à la ferme ». Par contre il veut interdire « la commercialisation de produits OGM, y compris des OGM cachés ».

Du « protectionnisme solidaire »

Les objectifs en termes d’emploi sont ambitieux : « création de 300 000 nouveaux emplois à l’horizon de 10 ans, grâce à l’installation de nouveaux paysans et salariés agricoles, issus de tous les milieux ».

Ces nouveaux actifs pourront bénéficier de « prix agricoles rémunérateurs, stables et protégés des aléas du marché mondial ». Par quels moyens ? En instaurant « le protectionnisme solidaire » et en mettant en échec les accords de libre-échange en cours de négociation à l’échelle internationale. Le programme précise qu’il faudra aussi « sortir des traités européens » et exiger « la refondation de la politique agricole commune ».

Pour certaines productions, il est jugé nécessaire de mettre en place des prix minimums aux producteurs et des taxes à l’importation. « Ces taxes seront appliquées, si besoin, afin de ne pas créer de distorsions de concurrence entre les produits français et les produits importés de pays où les niveaux de rémunération du travail seraient inférieurs », précise le livret thématique. Il est aussi évoqué, pour certains produits, « des dispositifs de protection et de régulation des marchés agricoles ».

Refondre le système d’aides

La France insoumise appelle à la « suppression du système actuel d’aides à l’hectare » et au « recentrage des transferts publics à l’agriculture, avec plafonnement global à l’actif, sous forme de subventions destinées à compenser les investissements et autres coûts générés par la transition écologique de l’agriculture ».

Un pan important du programme est consacré à la protection du foncier, « en diminuant par dix le rythme annuel d’artificialisation des terres (de 60.000 à 6.000 hectares par an) ». La Safer doit disparaître, aux yeux de La France insoumise, et être remplacée par des « établissements publics fonciers ruraux », qui seraient « au service d’une politique favorable au développement de l’agriculture écologique et paysanne et de la baisse du prix du foncier ». Les nouvelles autorisations d’exploiter seront « mises sous condition stricte d’une surface maximale par actif agricole ».

Les Chambres d’agriculture auront pour unique mission d’être « un service public au service de la transition écologique de l’agriculture ». La recherche agronomique sera libérée du poids des lobbys privés, au moyen d’un financement public à 100 %. Même évolution dans le secteur vétérinaire, avec la mise en place d’« un service public vétérinaire et phytosanitaire ».

Enfin, il est annoncé une « revalorisation des retraites agricoles au minimum au niveau du SMIC pour une carrière complète ». 

D'ici le premier tour de l'élection présidentielle, découvrez tous les programmes des candidats sur Pleinchamp.

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Commentaires 16

lulu

trés bien jean luc ! mais le premier effort que les électeurs commencent a demander a un candidat c'est d'etre un brin lucide et réaliste!

jmd

Le programme agricole de Mélenchon n'est certainement pas le moins intéressant.Car pour les autres ,rien de bien brillant.Et on ne peut pas nier que les dizaines années de politique agricole"libérale" de droite(l’extrême droite est pire),ou de centre gauche nous ont conduit dans un mur !
Il faudra bien finir par un peu + de respect pour le climat, l'environnement et le consommateur,
avec des paysans nombreux et fiers...et j'en suis un.

Agri creusois

Réponse à Duracuire : je suis prêt à tout lire, mais pas les fausses informations !
M. Mélanchon est contre le cumul des mandats et il le met en application pour lui-même : il n'est plus sénateur de l'Essonne depuis qu'il est élu député européen, c'est à dire depuis 2010.
Mais il est vrai que nombre de français acceptent de se faire représenter par des hommes politiques qui veulent réformer le système et qui PROFITENT de ce même système...

1584

les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent .

duracuire

ah ah ,il est bien ce Mélenchon a vouloir avec sa baguette magique et son boi en circuit court régler le probleme de la crise agricole , lui qui cumule plusieurs mandats : deputé européen du sud ouest en plus , senateur de l'essone voila quelques 36000 Euros par mois qui lui tombent"le pauvre" ,et il ça parle de créer un service public agricole ...en embauchant de multiples incapables que nous avons déja de trop dans nos services de conseilleurs ignares !

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