Présidentielle : découvrez le programme agricole de Nathalie Arthaud

Lise Monteillet

Présidentielle : découvrez le programme agricole de Nathalie Arthaud

En agriculture, comme dans les autres activités de la société, « tout est dicté par la loi du marché, un marché qui n’est plus national mais mondial », regrette Nathalie Arthaud.

Quel avenir pour le vin français ?

« Je ne mets pas un trait d'égalité entre les 100 000 exploitations viticoles. Il y a d'un côté de toutes petites propriétés familiales, hors des grands crus, qui permettent à leurs propriétaires d'en vivre chichement, et de l'autre, des grands domaines qui se revendent à prix d'or et qui ne fonctionnent que grâce au travail, mal rémunéré, d'ouvriers viticoles », distingue Nathalie Arthaud. Celle-ci critique la position ambigüe de certains propriétaires de grands crus sur la mise en avant de l’origine française. « Elle est mise en avant pour réclamer de nouvelles subventions d’Etat, mais elle est vite oubliée par les propriétaires de grands crus lorsqu’il s’agit de conquérir des marchés », souligne-t-elle. Et d’ajouter : « Ainsi, Pernod Ricard s’occupe peu de la couleur du drapeau lorsqu’il produit essentiellement en dehors de l’hexagone (Australie, Asie, Amériques, Espagne…) ».

Face aux mouvements de fusion-acquisition et à la multiplication des opérations financières, les petits viticulteurs seraient « voués à disparaître ». De même, le système engendrerait « la surexploitation des ouvriers agricoles, souvent saisonniers, à qui l’on impose de plus en plus de flexibilité dans les horaires et les contrats et qui sont mal rémunérés, mal logés et souvent exposés aux pesticides ».  « Ce qui me préoccupe c’est ce que vivent ces travailleurs de la vigne et non la côte financière atteinte par les grands crus », insiste-t-elle. 

Candidate à l’élection présidentielle, Nathalie Arthaud estime que ce sont « les grands groupes de l’industrie agro-alimentaire, les chaines de distribution et les banques » qui « imposent leur loi à la grande masse des producteurs ». Résultat : « une grande partie des agriculteurs sont ainsi devenus de simples façonniers qui, souvent par contrats avec de grands groupes, se voient attribuer des semences ou des engrais pour les uns, des antibiotiques ou des aliments préparés pour les autres, et qui, sous le contrôle direct de leurs acheteurs, ont pour seule mission de livrer leur production à la qualité requise par leur donneur d’ordres ». Dans ce système, les petits producteurs finissent, selon elle, « étranglés et acculés à la faillite ».

Nathalie Arthaud crie au scandale car « des milliers de paysans peuvent se retrouver brutalement ruinés » et en même temps « des populations entières sont condamnées à la sous-alimentation chronique, quand ce n’est pas à la famine ». La candidate milite pour « l’expropriation des grands groupes capitalistes et des banques par les travailleurs », ce qui constituera selon elle « un progrès pour la majorité de la population et pour la grande masse des petits paysans eux-mêmes ». Elle souhaite offrir à tous « la possibilité de vivre dignement dans une société débarrassée de l’exploitation en œuvrant par leur travail au bien-être de tous ses membres ».

Les néonicotinïdes : une « menace »

Sur la question de l’utilisation de produits phytosanitaires en agriculture, celle-ci a déclaré : « un consensus se dégage dans le monde scientifique pour mettre en garde contre les méfaits pour la santé humaine des pesticides et de leurs résidus ». Concernant les néonicotinoïdes : « pour les abeilles, les insecticides néonicotinoïdes constituent un des éléments supplémentaires qui participent à la fragilité de survie des colonies ». Les colonies d’abeilles seraient d’ailleurs devenues « des outils de l'agriculture capitaliste moderne », qui « font l'objet d'un marché international, et présentent peut-être déjà, en raison des sélections opérées, un appauvrissement génétique ». Les néonicotinoïdes seraient également « l'illustration d'une menace plus large » : celle de « puissants lobbys de l'agrobusiness », qualifiés d’« agents d'une économie à courte vue ».

La planète Terre : un « héritage » à entretenir

Sa position sur le progrès scientifique ? « Il ne s'agit pas de rejeter le progrès scientifique et la connaissance des lois de la nature, qui sont des acquis considérables. Le problème est que les rapports de l'homme à la nature aujourd'hui sont, comme les rapports entre êtres humains, d'abord gouvernés par la loi aveugle du marché capitaliste. La course au profit a bouleversé depuis longtemps l'agriculture, la vie des travailleurs des champs, ruiné bien des écosystèmes, détruit bien des biotopes et menacé la survie de bien des espèces, y compris celles que l'homme avait depuis l'Antiquité appris à côtoyer, dont les abeilles ».

Nathalie Arthaud rappelle qu’au sein de Lutte ouvrière, « nous considérons la planète Terre comme un héritage que nous partageons avec le reste du monde vivant ». Il appartient donc aux femmes et aux hommes de « contribuer à l'entretenir comme un jardin, y trouver les ressources pour notre nourriture et notre bien-être tout en en préservant le renouvellement, et donc la biodiversité ».

D'ici le premier tour de l'élection présidentielle, découvrez    tous les programmes des candidats sur Pleinchamp.

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