Présidentielle : découvrez le programme agricole de Philippe Poutou

Lise Monteillet

Présidentielle : découvrez le programme agricole de Philippe Poutou
© Pierre-Selim

Une agriculture 100 % bio dans 10 ans : tel est le projet du Nouveau parti anticapitaliste.

S’il est élu, Philippe Poutou promet de « s’en prendre aux capitalistes de l’agrochimie en interdisant les intrants chimiques », qu’il s’agisse d’engrais ou de produits phytosanitaires. Il entend favoriser les circuits courts, « avec des ateliers de fabrication et des marchés locaux ». Tout comme reconvertir l’ensemble de la production française en agriculture biologique, sur 10 ans.  

Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) souhaite bloquer les projets comme la ferme des mille vaches et favoriser un autre modèle agricole. « La vente directe, la transformation sur place permettent de récupérer de la valeur ajoutée, et maîtriser son travail est plus agréable que d’être tenu en laisse par les capitalistes », ajoute le NPA. Ce dernier identifie néanmoins plusieurs obstacles dans le développement de l’agriculture biologique et des circuits courts : pouvoir d’achat en berne des consommateurs ; disparition des moulins, abattoirs, laiteries, ateliers de transformation locaux ; manque de petits commerces et de marchés paysans dans les zones urbaines… « Il faut reconstituer ce maillage, pas sous les formes anciennes où des intermédiaires s’engraissaient, mais avec des coopératives à dimension humaine, appartenant réellement aux producteurs. L’expérience des collectivisations pendant la révolution espagnole vaut d’être étudiée », estime le NPA.

Autonomie de l’élevage

« Globalement nous souhaitons que les élevages soient autonomes au niveau alimentaire et sommes totalement opposés aux élevages hors-sol », précise le NPA. Pour les bovins viande, en particulier, le parti compte « privilégier les élevages qui mèneront les animaux de la naissance à l’abattoir avec des aliments produits sur la ferme, et particulièrement de l’herbe ». De même, le NPA est opposé au transport d’animaux vivants sur de longues distantes, « ce qui exclut de fait l’exportation des broutards pour qu’ils soient engraissés à l’étranger »

Un revenu garanti

« Nous comptons mettre au pas l’agro-industrie, l’agroalimentaire et la grande distribution », prévient le NPA. Ce dernier milite pour un « revenu garanti pour chaque actif agricole, indépendamment des aléas de la production et des marchés ». Le programme précise : « Il faut desserrer l’étau du capital. Nous n’y parviendrons vraiment qu’en socialisant les groupes de l’agroalimentaire et de la grande distribution ainsi que les banques, mais on peut résister en imposant des prix plancher à la production ».

Au niveau international, le parti insiste sur la nécessité de sortir de l’OMC, qui ne serait qu’ un « instrument des grands groupes capitalistes pour transformer en marchandises toujours plus de produits de l’activité humaine : agriculture mais aussi culture, services publics, médicaments, énergie... » Face au surendettement de bon nombre d’agriculteurs, le NPA propose « la réduction et même l’effacement des dettes quand les banquiers se sont bien gavés ».

Aides PAC plafonnées

Les aides PAC méritent d’être redéployées en faveur des zones difficiles « pour maintenir l’agriculture sur tout le territoire », souligne le NPA. Les aides publiques seront aussi plafonnées, en hectare ou en nombre de têtes de bétail.

Concernant les aides allouées à l’agriculture biologique, « à terme, quand toutes les exploitations seront converties, nous ne sommes pas favorables à des aides au maintien en bio. Mais en attendant, nous pensons que les exploitations en bio souffrent d’un désavantage par rapport aux autres exploitations dont la collectivité assume les coûts sanitaires et environnementaux », précise le programme. « Nous sommes opposés à ce que des productions qui dépendent de l’emploi de quasi-esclaves puissent être commercialisées comme bio », interpelle également le NPA, demandant de prendre en compte les conditions de travail des ouvriers agricoles.

« Les normes sanitaires et environnementales ne doivent plus être vécues comme des contraintes mais comme des nécessités générant certes du travail, mais du travail payé », poursuit le programme. Les aides viseraient ainsi à assurer « un salaire par actif agricole, rémunérant l’entretien des espaces naturels et les efforts d’adaptation aux normes environnementales ». À ce sujet, les agriculteurs pourront bénéficier d’une aide gratuite, assurée par le service public agricole, concernant leurs démarches administratives. 

Bien commun

La terre, selon le NPA, est considérée comme « un bien commun associant droit d’usage et devoir de prendre soin ». Les OGM doivent être interdits, tout comme la viande nourrie avec des plantes génétiquement modifiées. Les semences paysannes doivent, au contraire, être favorisées. « Il faut garantir l’indépendance de la recherche et des chercheurs par rapport aux intérêts privés, donc assurer un financement 100 % public car c’est le payeur qui décide », insiste le parti.

Enfin, concernant les retraites agricoles, une revalorisation s’impose : « il faut aussi poser la question de ce qui doit être pris en compte pour définir une carrière complète, actuellement c’est plus défavorable que pour les salariés ». 

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Commentaires 2

scarlus

bravo!!!! vive la décroissance... et la misère... on a les politiques que l'on mérite ...

lulu

chapeau! comme dans un reve! si seulement un jours ce monde pouvait exister...

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